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Ce conflit provoque "la pire crise humanitaire du monde", selon l'ONU. AFP MOHAMMED HUWAIS

SHAFAQNA – Sudouest : Les rebelles houthis ont attribué ces raids à la coalition sous commandement saoudien qui intervient depuis 2015 pour soutenir les forces progouvernementales. Des bilans variant de 23 à 33 morts, et de 40 à 55 blessés, ont été fournis par différentes sources médicales et de l’administration locale, alors que les circonstances exactes de ces raids survenus dimanche soir dans la province de Hajja, au nord-ouest de la capitale Sanaa, n’ont pas été établies.

L’organisation Médecins sans frontières (MSF) a indiqué sur Twitter que l’hôpital qu’elle soutenait à Hajja avait admis 45 blessés, dont 13 enfants.
D’après des secouristes et les médias des Houthis, les raids se sont produits de nuit dans une zone sous contrôle rebelle. Deux tentes ont été touchées et une trentaine d’enfants figurent parmi les blessés, dont trois ont été amputés, ont affirmé les mêmes sources.

Accusé d’aider militairement les Houthis, l’Iran, le grand rival chiite de l’Arabie saoudite sunnite, a rapidement condamné les frappes.  “Les attaques contre les quartiers résidentiels et les objectifs civils, en plus de l’interdiction de l’accès du peuple yéménite aux agences et institutions d’aide, sont des violations des principes humanitaires”, a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qassemi. Les raids ont touché la localité de Bani Qais, proche de la ligne de front, d’après un responsable local.

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L’agence Saba, contrôlée par les Houthis, les a qualifiés de “nouveau crime génocidaire des Saoudiens”.  Ce n’est pas la première fois que des fêtes de mariage au Yémen sont touchées par des bombardements imputés à la coalition: 131 personnes avaient été tuées dans la région de Mokha (sud-ouest) en septembre 2015 et 28 dans la province de Dhamar (centre) le mois suivant.  En octobre 2016, un raid aérien avait fait 140 morts lors d’une cérémonie funéraire dans la capitale Sanaa.

Mauvaises informations ? 

La fréquence des attaques contre ce genre de cérémonie soulève des questions. Dans certains cas, les mariages donnent lieu à des rassemblements d’hommes en armes qui les célèbrent en tirant en l’air. Dans d’autres, les mariés reçoivent la visite de rebelles venant les féliciter dans des cortèges de véhicules militaires. Quoi qu’il en soit, les bavures sont souvent le résultat de mauvaises informations, soulignent des experts. Par le passé, la coalition a reconnu, après enquête, certaines “erreurs” et promis d’affiner ses règles d’engagement militaires.

Le Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, est entré dans la quatrième année d’une guerre meurtrière entre rebelles Houthis et forces progouvernementales, soutenues par la coalition menée par Ryad. Le conflit a fait près de 10.000 morts, plus de 54.000 blessés et provoqué “la pire crise humanitaire du monde”, selon l’ONU, qui peine à relancer un processus de paix.

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