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SHAFAQNA – Le Muslim Post : Selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, 450 civils sont morts au Yémen lors de neuf premiers jours d’août. Ce qui en fait, selon le HCR, l’une des périodes les plus meurtrières depuis le début de la guerre. Si la situation au Yémen ne s’arrange pas, des experts du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) pointent les responsables des meurtres de civils : selon eux, les gouvernements du Yémen, des Emirats arabes unis et de l’Arabie saoudite sont responsables de « crimes de guerre », notamment de viols et d’actes de tortures. Dans leur rapport, les experts signalent également des crimes présumés commis par des rebelles Houthis. Selon le document, de mars 2015 à juin dernier, on comptabilise près de 6 500 décès, mais « le chiffre réel pourrait être sensiblement plus élevé » écrivent les experts.

Des experts qui évoquent un épisode récent : une attaque de la coalition qui a frappé un bus dans le nord du Yémen au début du mois d’août, qui avait fait plus de 50 morts, dont une quarantaine d’enfants. Ils demandent à la communauté internationale de prendre conscience des atrocités commises au Yémen et donc de « s’abstenir de fournir des armes qui pourraient être utilisées dans le conflit. » Une critique à peine voilée aux Etats-Unis, à la Grande-Bretagne ou encore à la France qui participent indirectement aux actions de la coalition en vendant des armes au royaume saoudien. Le rapport indique que les expert ont « des motifs raisonnables de croire que les gouvernements du Yémen, des Émirats arabes unis et de l’Arabie saoudite sont responsables de violations des droits de l’homme », accusant entre autres ces derniers de recrutement d’enfants.

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Le ministre des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, Anwar Gargash, a répliqué sur les réseaux sociaux et indiqué que les experts devaient se concentrer sur les « horreurs perpétrées par les Houthis. » L’Arabie saoudite, elle, veut prendre le temps d’étudier le rapport avant de se prononcer. « Malgré la gravité de la situation, nous notons toujours un dédain total pour les souffrances du peuple yéménite », déplore le responsable de la mission d’experte, le Tunisien Kamel Jendoubi, qui estime que « ce conflit est en fait tombé dans l’oubli. » L’ancien ministre affirme cependant avoir listé des personnes qui pourraient être impliquée dans les crimes commis au Yémen. Mais le HCDH veut, pour le moment, garder cette liste confidentielle, avant de préciser les responsabilités des uns et des autres dans cet interminable conflit.

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