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SHAFAQNA – via Raseef22 | par Ali Adïb | traduit de l’arabe au français par SHAFAQNA : Une Statue de Winston Churchill est érigée en face de la chambre des communes britannique pour immortaliser l’un des plus importants dirigeants britanniques à travers l’histoire.

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Ce héros britannique qui a fait face au nazisme avec toute sa férocité et sa monstruosité, et a réussi à revivifier l’esprit de détermination et de résistance dans son peuple jusqu’à vaincre Hitler et ses crimes, avait une autre facette que l’on ne pouvait savoir qu’en se donnant la peine de lire et de faire des recherches.

Ce côté-là, ne le connait que les habitants des anciennes colonies britannique, qui selon Churchill n’étaient que des peuplades primitives qu’il fallait qu’elles se réjouissent et devaient être redevable aux colonisateurs civilisés, et non être ingrat et se soulever contre eux comme les indous, les arabes et les africains et d’autres que la Grande-Bretagne a condescendu à les coloniser.

Probablement la remise de l’Oscar dernièrement à Gary Oldman, celui qui a interprété le rôle de Churchill dans le film « Les heures sombres », a fait ressortir au grand jour le regard nouveau et sélectif des producteurs de film à cette personne historique importante.

Churchill bénéficie toujours d’une certain complaisance de la part des historiens et de l’opinion public, malgré le fait qu’il ait commis ce qui peut l’incriminer lorsqu’il occupait le poste de ministre des colonies et de la guerre et même qu’en il fut premier ministre.

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Parmi les exemples les plus représentatives de la mentalité et de la façon dont Churchill se comporté avec la population locale des colonies britannique, les mesures qu’il a prises pour gérer les insurrections en Irak, qu’il nommait «Messpot», ce qui signifie le pot de désordres, au lieu de son ancienne appellation grec “la Mésopotamie” Terre des deux fleuves.

En 1920, des soulèvements en éclatés dans le centre et l’ouest irakien réunissant des tribus sunnites et chiites contre le colonisateur britannique.

Cette insurrection armée a causé une angoisse à Churchill, qui occupait alors le poste de ministre de la défense, car les frais de la colonisation coutés chers et le nombre des forces appelées, pour maitriser la situation, avait augmenté à cause des attaques armées des tribus.

C’est pourquoi, Churchill a fait un appel frénétique pour l’utilisation de l’armée de l’air de façon appuyée et sans pitié pour faire agenouiller les insurgés. Cette approche, qu’il appela «patrouilles aériennes», était moins coûteuse et plus rentable.

Dans notre lecture des documents historiques, On remarquera que Churchill ; discutant avec le chef des armées de l’air britannique lui disant : « Je crois que vous devez continuer vos travaux expérimentaux sur les bombes à gaz. Et surtout le Gaz moutarde avec lequel les autochtones qui se sont insurgé, seront punis sans causer de lourdes pertes» et il ajouta : « Je suis prêt à donner immédiatement l’ordre pour la production de ces bombes ».

Churchill a fait semblant d’ignorer les effets dangereux, quant à l’utilisation de ces gaz qui peut causer la mort d’enfants et de personnes âgées, car son but essentiel était de soumettre l’Irak dans les plus bref délais possibles et à moindre frais, au lieu de dépenser des millions de livres sterlings et l’envoie de milliers de soldats aux combats.

Il est vrais qu’il y a beaucoup de controverse entre les historiens sur la véracité de l’utilisation par les britanniques de gaz pour étouffer la « révolte des années 20 » en Irak. Mais le point essentiel, est que même si l’utilisation de gaz n’est pas avérée ; vu qu’après les bombardements massifs cela n’était pas nécessaire, l’attitude de Churchill, quant à la suggestion de les utiliser en cas de besoins, est suffisante a démontrer les intentions et la mentalité qui régissaient cette personnalité politique coloniale dans ces relations avec les « autochtones » des colonies britanniques.

Nous lisons, en revoyons les documents britanniques de cette époque, ce que l’un des commandants de la royale air force « Arthur Harris » qui avait mené la destruction des villes allemandes pendant la 2eme guerre mondiale après, et qui fut surnommé « le boucher » par ces camarades pour ce qu’il avait fait en Irak lorsqu’il avait dit : « Les arabes et les kurdes connaissent maintenant c’est quoi un vrai raid aérien vu les pertes humaines et matérielles. En 45 minutes, on peut effacer un village entier et abattre le tiers de ses habitants en utilisant 4 ou 5 mitrailleuses. Ainsi, les insurgés n’auront aucune cible sur laquelle riposter, ni l’occasion d’accéder à l’honneur de la chevalerie, ni une manière efficace de se sauver”.

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Et c’est aussi lui qui avait dit ; pendant le soulèvement arabe en Palestine à la fin des années 30, alors qu’il était Général des forces aériennes, “Que la seul chose que comprennent les arabes c’est la force, et on en usera tôt ou tard. »

Le plan de Churchill, pour étouffer le soulèvement en s’appuyant sur les forces aériennes, a fonctionné et dont le bombardement intense a causé la mort de milliers de membres de tribus et la destruction de leurs villages.

Le Dr Ali El Ouardi, cite dans son livre “Aperçus sociale de l’histoire de l’Irak   contemporain sur le soulèvement des années 20”, dans son exposé au sujet de l’attaque des anglais sur la ville “Tawirij” à l’Est de Karbala : “Les forces anglaises ont alors incendié les villages voisins et les ont pillées, et ont dirigé les feux des mitrailleuses vers les gens des villages. Beaucoup de villageois ont été forcés de fuir leurs villages, transportant tout ce qu’ils pouvaient porter, ils marchaient en hurlant et ne savaient pas où aller”.

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Le General Aylmer Haldane exposa dans ses mémoires sur l’anéantissement du soulèvement des années 20, comment il ordonna la punition de toute personne en sa possession une arme avec une extrême violence et la destruction de leur village. On exerça une pression sur les habitants en coupant l’eau et toute autre nécessité vitale. » Et, il ajouta : « Bruler un village entier ne demande qu’une heure ou un peu plus, selon son étendu. »

C’est ainsi que fut menée la politique de Churchill et de tous ceux qui ont été sous ses ordres en ce qui concerne « Les peuples primitifs » soumis à l’oppression coloniale britannique.

Churchill avait suivi la même politique de ” choc et terreur”, qu’a suivi les Etats Unis dans leurs invasions de l’Irak, et ni homme ni pierre ne fut épargnés dans les régions insurrectionnelles, ni sunnites, ni chiites et ni même les kurdes. Aux yeux du chef britannique, tous étaient des sauvages qui devaient être punis pour leur soulèvement contre la Grande Bretagne.

Dans une correspondance de Laurence d’Arabie en Août 1920, que le « Sunday Times » avait publié, il critique avec force la politique de répression britannique en Irak et le non respect de ses promesses et engagements.

Laurence conclu sa correspondance par une phrase : « On dit qu’on est sur les terres de la Mésopotamie pour son développement pour le profit du monde… Quelles seront les conséquences de la mort de milliers de villageois et de citadins sur la production de blé, de cotons et du pétrole ? Jusqu’à quand nous permettrons de sacrifier des millions de livres sterling et des milliers de soldats de l’empire et des dizaines de milliers d’arabes, En faveur d’un commandement coloniale qui ne profite qu’à ses dirigeants. »

Cette répression ne se résumait pas qu’à la période du soulèvement des années 20 en Irak, mais c’était une vision globale de la méthode d’assujettissement de tous les peuples colonisés. Churchill avait déclaré dans « mémoire interne » ; qu’il n’avait pas d’objection quant à l’utilisation de gaz toxiques à l’encontre de tribus qui se soulèvent dans le nord-ouest de l’Inde car « s’étaient de fouteurs de troubles », alors utilisant sur eux les gaz », puis il ajouta : « Je ne comprends pas cette extrême sensibilité à propos de l’utilisation de gaz toxiques »

L’histoire appartient au vainqueur, il la rapporte comme il le veut et dévie la vérité à sa guise. C’est probablement la principale vérité que nous ne devrons pas occulter lorsqu’on se bat au sujet de personnalités historiques sous forme de blanc et de noir.

Car ce Churchill que le monde occidental respecte et que Hollywood célèbre à nouveau, Il ressort de ces faits et paroles, que c’est un raciste et un criminel de guerre et qu’il n’attache de valeur à l’humanité que lorsque cela concerne quelqu’un de sa race ou de son pays.

C’est comme cela que nous devons apprendre l’art de la lecture de l’histoire et en faire sortir des vérités et des leçons, non à prendre les apparences et en faire une vérité absolue.

Les faits et les personnalités historiques ont des zones d’ombres, qui ont besoins d’être éclaircies par des recherches et des fouilles, et il se peut que ces zones d’ombres soient encore lourdes et plus noires que ce qu’on peut le penser parfois.

 

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