PARTAGER

SHAFAQNA –  Ce qui suit fait partie du livre La Question De L’Imamat, par Sayyed Mujtaba Musavi-Lari , sélectionné par SHAFAQNA.

À lire aussi : Une autre histoire du l’avènement du califat (1)

Pour nous, il n’y a personne -après les premiers Muhâdjirs (1) (les émigrés)- qui soit de votre rang. Nous sommes les chefs et vous êtes les ministres! On ne cessera jamais de vous consulter, et nous ne dirigerons pas sans vous!”

Puis al-Hubâb ibn al-Mundhir ibn al-Janrouch se leva et dit: ” Ö Ansârs (1) ! Ne comptez que sur vous-mêmes! Car vos opposants sont (comme) vos prisonniers vivant à votre ombre!

Personne -fut-ce le plus audacieux- n’osera s’opposer à vous. Les gens ne pourront que prendre votre parti. Vous avez la puissance et la richesse; vous avez le nombre et l’expérience; la rigueur et le salut Tout le monde attend de voir ce que vous allez faire. Ne divergez pas sinon votre position se distordra, et l’affaire prendra un cours qui vous sera contraire. Et si ces hommes refusent mes propos, qu’ils prennent un chef et que nous en prenions un autre! ”

À lire aussi : Saqîfa Banî Sâ’ida ; L’événement qui a changé le cours de l’histoire de l’Islam

Omar dit: ” A Dieu ne plaise! Deux rois ne peuvent occuper un seul trône! Par Dieu, Les Arabes n’accepteront pas de vous agréer comme chef, alors que leur Prophète n’est pas de vous. Mais les Arabes ne s’interdiront pas de confier leurs affaires à des hommes chez qui est apparue la Prophétie, et auxquels appartient leur dirigeant. Nous avons à ce sujet, et à l’encontre de tout opposant parmi les Arabes, la preuve manifeste et la persuasion claire.

Qui nous disputera l’autorité de Muhammd et le domaine où s’exerçait cette autorité, à nous qui sommes ses proches et sa famille, sinon un faux contestataire, un malveillant ou un criminel!” al-Hubâb ibn al-Mundhir se leva et dit: ” Ô Ansârs! Défendez-vous, et n’écoutez-pas ce que dit cet homme, ni ses amis, sinon ils vous dépouilleront de tout ce qui vous revient dans cette affaire. S’ils refusent d’acquiescer à votre demande, alors exilez-les, et emparez-vous du pouvoir! Car, par Dieu, vous avez plus de droit qu’eux! C’est par vos épées que ceux qui n’avaient pas de religion en ont aujourd’hui une. ”

Omar dit: ” Alors, que Dieu te tue! ”

Et ils se bagarrèrent…

À lire aussi : Qui a empêché le Prophète (s.a.w.a.) de faire une volonté décisive dans les derniers moments de sa vie?

Abu ‘Obeyda dit alors: ” Ô Ansârs! vous fûtes les premiers à défendre et à aider le Prophète; ne soyez pas les premiers à changer et à bouleverser les choses. ” (2)

Puis Bachir ibn Sa’d (un cousin de Sa’d ibn Ubâda qui était contre lui) se leva pour approuver les paroles de Omar: ” Ô Ansârs! Par Dieu, bien que nous ayons eu quelque vertu à combattre les polythéistes, et quelque antériorité dans cette religion, nous n’eûmes d’autre intention en cela que la satisfaction de notre Seigneur, l’obéissance à notre Prophète, et l’acquisition de bonnes oeuvres pour nous-mêmes. Il n’est pas convenable d’en tirer de l’orgueil devant les gens. Muhammd-que les salutations divines soient sur lui et sur ses descendants-est de (la tribu de) Qoreïch, et sa tribu a plus de droit sur lui que nous. Je souhaite que Dieu ne me verra jamais en train de contester ce droit. Craignez Dieu, et ne vous opposez pas à eux et ne leur disputez pas ce droit! ”

Abu Bakr dit alors: ” Voici Omar et Abu Obeyda! Prêtez serment d’allégeance à celui d’entre eux que vous voulez! ”

Ces deux derniers dirent: ” Non, par Dieu, nous ne prendrons jamais cette charge alors que tu es parmi nous. Tu es le meilleur des Mudâjirouns, le “deuxième des deux, quand ils se trouvaient dans la grotte” (Coran), et celui que le Prophète a désigné pour diriger la prière en son absence. Or, la prière est ce qu’il y a de mieux dans la religion des musulmans. Qui donc devrait avoir la précellence sur toi, et prendre cette charge contre toi! Tends la main afin que nous te prêtions allégeance! ”

À lire aussi : La position du chiisme au sujet du califat et la succession après le Noble Prophète (ç)

Comme ils allaient lui prêter serment, Bachir ibn Sa’d se hâta et les précéda. Il fut le premier à prêter serment à Abu Bakr.

Al-Hubâb ibn al-Mundhir l’interpella alors en ces termes: ” Ô Bachir, que tu sois abandonné des tiens! Quel besoin avais-tu de faire ce que tu as fait? Voulais-tu par jalousie empêcher ton cousin d’accéder à la charge de chef? ”

Il répondit: ” Non, par Dieu! Non, par Dieu! mais je détestais de contester aux gens un droit que Dieu leur a reconnu. ”

Quand les gens de (la tribu de) Aws virent l’acte de Bachir ibn Sa’d, ils se demandèrent s’ils ne valait pas mieux suivre son exemple, et abandonner Sa’d ibn Ubâda, candidat du clan des Khazradji.

À lire aussi : L’Imamat et le Califat; Différence, Consequence et les Racines

” Les Khazradji, dirent-ils, ne nous laisseront jamais une part de ce pouvoir; levons-nous et prêtons serment à Abu Bakr! ”

Le projet des Khazradji fut rompu. Il y eut mêlée pour saluer Abu Bakr, et l’on faillit écraser Sa’d ibn Ubâda, gisant sur sa civière. Ses compagnons intervinrent pour le protéger des coups.

À suivre…

  1. Muhadjir ou muhâjir (arabe : مهاجر, émigrants, exilés, réfugiés) au pluriel muhâjirûn (مهاجرون). Les muhâjirûn désigne les premiers convertis à l’islam, les conseillers et les parents du Prophète Mahomet, qui ont émigré avec lui de La Mecque à Yathrib (Médine), événement connu sous le nom de l’Hégire. Les premiers musulmans de Médine s’appellent les Ansar (« aideurs »). Muhâjirûn est un mot arabe communément utilisé dans le monde musulman pour désigner quelqu’un qui a émigré d’un endroit à un autre.
  2. Ibn al-Hadîd: Charh Nadjial-Balâgha, tome 6, p.391.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here