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SHAFAQNA – Ahmad Khameh Yar * | traduit par SHAFAQNA ** : Le cimetière de Baqi’ est sans aucun doute le cimetière le plus sacré des musulmans depuis la formation de la société islamique après la migration du Prophète (p.s.l) vers Médine et jusqu’à nos jours. Pendant ce temps, la grande importance et l’origine du caractère sacré d’Al Baqi’ est dû à la présence de nombreux dômes et sanctuaires contenant les sépultures d’un certain nombre de gens  d’Ahl-ul-Bayt (as) et des proches parents du Prophète (p.s.l) ainsi que d’autres figures saintes. Parmi ces sanctuaires, le plus important d’entre eux était le dôme et le sanctuaire sacré des Imams d’Al Baqi’ (a), qui, selon de nombreuses preuves, il peut être dit que plus que d’autres sanctuaires il a toujours attiré l’attention de la majorité des musulmans.

Cependant, ce lieu sacré étant donné qu’il porte en son sein le tombeau de quatre des imams infaillibles des chiites (A.S), bénéficiait naturellement auprès des chiites d’une attention particulière et importante. L’intérêt que portent les chiites au sanctuaire des Imams d’Al Baqi’ (A.S) s’est manifestés principalement dans leur persistance et la persévérance de faire le pèlerinage de ce temple à diverses périodes. L’existence des invocations spécifiques aux pèlerinages des quatre Imams (AS) dans les anciens manuscrits de hadiths chiites et les mémoires écrites ultérieurs des voyageurs Qâdjâr représentent le meilleur témoignage de cet événement.

Cependant, l’intérêt et l’attention particulière chiite à ce cimetière ont aussi d’autres dimensions dont nous allons essayer brièvement de traiter les plus importants dans cet article, sous forme de trois axes :

  1. Le souci des chiites de construire le bâtiment et le dôme du sanctuaire des quatre Imams (AS) et installer le Dharih sur leur tombes bénis.
  2. L’enterrement des personnages chiites connus près des Imams d’Al Baqi’ (PBUH).
  3. Tenir des cérémonies de deuil le jour de l’Achoura et les autres jours de Muharram au côté de ce mausolée sacré.

 

Construction du dôme, sanctuaire et tombes

Les sources historiques jusqu’au 6ème siècle AH ne donne aucune information sur l’architecture du dôme et la construction du sanctuaire des Imams d’Al Baqi’ (PBUH). Et presque le seul rapport historique décrivant le statut de ces tombes est le rapport de Massoudi (décédé en 346 AH), un historien musulman bien connu, qui parle d’une pierre en marbre au-dessus des tombes des quatre Imams (AS) et cite l’inscription marqué dessus.

En fait, à partir des preuves et contextes historiques, Il s’avère que la sépulture des Imams d’Al Baqi’ (AS) n’avaient pas de constructions significatifs avant la fin du cinquième siècle. Apparemment l’apparition du premier dôme et de la première construction sur ces tombes, Tel que rapporté par Abdul Jalil Razi Qazwinî (encore vivant en 560 AH), remonte à la fin du cinquième siècle après J.-C, suite à l’intérêt porté par «Majd al-Mulk Ass’ad ben Mohammad Bravostami Qomi» (assassiné en 492 AH) ministre de «Barkyarq-e-Seljoukî» (gouverneur : 487-498).

Nous savons incontestablement que Majd Al-Molk Bravostami était de confession chiite et son appartenance à Qom en est la meilleure preuve. Comme l’a indiqué Abdul Jalil Razi Qazvini et a bien confirmé son chiisme lorsque Majd al-Molk c’était engagé dans la construction ou la reconstruction des dômes des Imams (AS) ainsi que de leurs enfants en Irak et en Iran, y compris le sanctuaire de l’Imam Moussa Kadhem et de l’Imam Mohammad Taqiy (AS) au cimetière de Qoraysh (aujourd’hui Kadhimayn) à Bagdad et le sanctuaire d’Abd-ul-‘adhim Hassanî à Rey.

Ibn Al Athîr (décédé en 630 AH), un autre historien musulman célèbre, a également noté que Majd Al-Molk de Brahwestani avait envoyé un architecte de Qom à Médine et l’a assigné pour construire un dôme sur la tombe d’Abbas (oncle du Prophète) et Imam Hassan Moujtaba (AS). Mais après l’assassinat de Majd al-Molk, l’émir de Médine “Mandhor Ben Amara Hosseini” (décédé en 495 AH), tua le dit architecte. Malheureusement, la raison du meurtre de l’architecte du sanctuaire des Imams d’Al Baqi’ (AS) provenant de Qom et la motivation de l’Amir de Médine pour cette action, n’ont été cité dans aucunes sources.

En outre, nous savons que l’employeur et le bâtisseur du premier dôme sur les tombes des Imams d’Al Baqi’ (AS), ainsi que son architecte, étaient à la fois chiites et de la ville de Qom. Dans les périodes suivantes, parfois des personnalités connues chiites ont pris à leur dépend la restauration du sanctuaire des Imams d’Al Baqi’ (AS). Comme le rapporte Seyed Mohsen Amin (décédé en 1371 AH) lors de l’un de ses voyages de pèlerinage cité dans Tadhkerat Nassrabâdî, ce sanctuaire sacré a été rénové par “Mirza ‘Ala-eddine Hussein Mar’ashi Isfahânî”, connu par le surnom de “Khalifa Sultan” ou “Sultan al-‘oulma” (décédé vers 1064 AH), grand ministre Shah Abbas Safawide (gouvernement : 996-1038 apr. J.-C).

À la fin de l’ère ottomane, dans les décennies précédant la destruction des sanctuaires d’Al Baqi’ par Al Sa’oud, les chiites iraniennes et les autorités Qâdjâr, remplacèrent la clôture en bois des tombes des Imams d’Al Baqi’ (as) par une autre en acier Damasquiné. Cette clôture a été faite par l’intermédiaire de “Haji Mohammad Ali Khan Amin al-Saltanah” et l’intendance de “Haji Hossein Ali” par les mains de “Hajji Mirza Ali Naqshineh” à Isphahan, puis après avoir passé de nombreuses années à Djeddah et obtenu la permission du roi ottoman, en 1321, elle a été mise en place sur les tombes des Imams (AS).

Le matériau utilisé pour la clôture de la sépulture est d’acier pur, et du point de vue artistique il est d’un haut degré d’élégance et de durabilité. Malheureusement, après avoir démoli Baqi’, les Wahhabites la divisèrent en sept morceaux, six morceaux ont été installées sur le mur à droite et à gauche de l’entrée du sanctuaire en ruines de Hazrat Hamza maitre des martyrs à Ohod, et une autre pièce a été placée à côté des tombes des martyrs d’Ohod. Les différents morceaux, qui ont été installées dans le cimetière de Hamza et des Martyrs d’Ohod pendant plusieurs décennies, ont été retirés au cours de ces dernières années et leur sort reste actuellement inconnu.

 

* Doctorant en culture et civilisation islamique, Université de Téhéran.

** Réédition du magazine “Bahariyeh” attaché à l’Institut du patrimoine islamique, n ° 3, numéro spécial printemps 1396.

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