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SHAFAQNA – Oumma : L’Unité d’Enquêtes d’Al Jazeera dévoile l’extrême-droite française et révèle des liens secrets entre des extrémistes violents et le parti de Marine Le Pen. Marine Le Pen a récemment décidé de changer le nom de son parti, devenu le Rassemblement National, afin de poursuivre la politique d’adoucissement d’image du parti, ainsi que pour tenter d’améliorer ses résultats électoraux.

Pourtant, au cours d’une investigation d’une année, Al Jazeera a révélé des connections proches entre des élus du parti de Marine Le Pen, notamment des eurodéputés, et Génération Identitaire [GI], un mouvement de jeunesse d’extrême droite dont une des mesures phares est l’expulsion des musulmans hors d’Europe.

Un journaliste de l’Unité d’Enquêtes d’Al Jazeera a infiltré la branche flamande de GIpendant six mois. Dans la première des deux émissions explosives intitulées « Generation Hate »(«Génération Haine»), qui sera diffusée le 9 décembre, des images filmées en caméra cachée montrent les membres du mouvement identitaire :

● se livrant à des agressions racistes, violentes, physiques et verbales sur
des jeunes d’origines maghrébines, y compris des adolescentes ;
● glorifiant l’Allemagne de Hitler, en criant « Sieg Heil » ;
● parlant de « faire un carnage » en utilisant une voiture bélier  contre une
mosquée ou un marché fréquenté par des musulmans
● expliquant comment ils infiltrent le parti de Marine Le Pen pour pousser
leurs idées – dont la « remigration », ou le renvoi des immigrants vers leur
pays d’origine prétendu – au sein du parti.

La branche flamande de GI a son QG dans un bar lillois appelé « La Citadelle », où les membres se rencontrent pour boire et discuter de leur stratégie. Le groupe prône la défense de l’identité et de la culture européenne face à ce qu’ils voient comme les menaces de l’immigration massive et de l’islam.Les milliers de militants de GI estiment que l’identité européenne est seulement blanche et chrétienne.

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Le mouvement se présente comme patriote, non-violent et non-raciste. Il compte des soutiens partout en Europe : en Italie, en Autriche, en Allemagne et au Royaume Uni, mais ses origines sont en France. Dans le documentaire, un cadre important de GI, qui appelle à des attaques meurtrières sur des islamistes, raconte comment il a perdu son emploi après que ses liens avec le groupe aient été divulgués.

Le dirigeant lillois de GI, Aurélien Verhassel, prétend qu’il écrit des discours pour le Front National. Des militants disent que Aurélien Verhassel aide les militants de GI d’obtenir des postes au Front National (devenu Rassemblement National). Des membres du Front National sont les bienvenus au bar de GI, La Citadelle, où ils parlent de se préparer à une guerre civile si le parti arrive au pouvoir.

Sylvie Guillaume, eurodéputée socialiste et vice-présidente du Parlement Européen, témoigne dans l’émission que les identitaires sont :« dangereux. Le gouvernement actuel… [doit] d’abord prendre connaissance que ce phénomène existe, et avoir la volonté politique de le combattre. »

Dans une réponse envoyée par Marine Le Pen à Al Jazeera, elle explique qu’elle a écarté tous ceux qui étaient violents, racistes ou antisémites. Marine Le Pen affirme également que Aurélien Verhassel n’a jamais travaillé ou écrit de discours pour le Front National.

L’avocat de Aurélien Verhassel a répondu que la Citadelle ne représente pas Génération Identitaire et peut à ce titre accueillir des personnes « de diverses sensibilités aux parcours variés ».

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