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liberté, Allah

SHAFAQNA- Ce qui suit fait partie du livre  Les Croyances du Chiisme, Édité et traduit en français par Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

La Voie Intermédiaire (Amrun Bayn-al-Amrayn)

En réalité, la signification sous-jacente de cette expression est riche en splendeur. Elle peut être résumée ainsi: “D’une part, nos actes sont effectivement nos propres actes, nous en sommes la cause réelle, ils sont sous notre contrôle et ils découlent de notre choix, et d’autre part ils sont accomplis sous les auspices de la Souveraineté d’Allah, car Allah est le Créateur et l’Octroyeur”. En d’autre terme, Allah ne nous oblige pas à faire ce que nous faisons, pour que nous ne puissions pas dire qu’IL est injuste en nous punissant pour nos mauvaises actions, car nous avons toute liberté et tout pouvoir de ne pas les accomplir. Mais, d’un autre côté, IL ne nous abandonne pas totalement dans l’accomplissement de ces actes, pour que nous ne puissions pas dire que ceux-ci sont en dehors de Son Pouvoir, car c’est à Lui qu’appartiennent la Création et la Souveraineté, et par conséquent, c’est Lui qui possède la Domination et l’Autorité sur toute chose, et c’est Lui Qui entoure toute les actions de Ses serviteurs.(49)

À lire aussi : Quelle est vraie : la vie fatale ou la vie arbitraire?

Toutefois, selon notre croyance, la prédestination (Qadhâ’) et le Décret Divin (Qadar) sont parmi les Secrets d’Allah. Quiconque se sent capable de les comprendre sans les altérer dans leur signification réelle peut découvrir la vérité, mais si une personne n’arrive pas à les comprendre de cette façon, elle n’a pas à chercher à y parvenir, de crainte que par manque de lucidité elle ne s’égare et ne détruise sa croyance. La question de “Amrun bayn-al-Amrayn” est un sujet philosophique extrêmement délicat et ne peut être comprise que par peu de gens bénis et doués de Sagesse. C’est pour cette raison que de nombreux théologiens se sont égarés.(50)

Vouloir forcer le commun des mortels à comprendre cette question (Amrun bayn-al-Amrayn) et à agir en conséquence, c’est aller au-delà de leur capacité. C’est pourquoi, il suffit pour chacun de suivre les paroles des Saints Imams et de croire qu’il n’y a ni contrainte (Jabr) ni libre arbitre absolu (Tafwîdh), et que la réalité est entre deux. Toutefois cette question n’est pas l’un des principes de la Religion et il n’est pas nécessaire de l’approfondir ni de la comprendre pleinement.

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Notes:

1. Lorsque, Abou Hanîfah demanda à l’Imam Mousâ al-Kâdhem qui est responsable des actes des serviteurs, il répondit: “On peut suggérer trois hypothèses de la responsabilité des actes des serviteurs: soit qu’ils soient propres à Allah, soit qu’Allah et le serviteur y aient une responsabilité conjointe, soit qu’ils soient propres au serviteur. S’ils étaient le fait d’Allah, à Lui en reviendrait le compliment – s’ils sont de bons actes – ou le blâme – s’ils sont de mauvais actes, et à personne d’autre. S’ils étaient de la responsabilité conjointe d’Allah et des serviteurs, les compliments ou les blâmes reviendraient conjointement à toutes les deux parties. Et étant donné que ces deux hypothèses sont insoutenables, il ne restera que la troisième hypothèse, à savoir que les serviteurs sont responsables de leurs actes. Si Allah les punit pour avoir commis ces actes, IL fait ce qu’IL veut. Et s’IL les leur pardonne, «IL est Celui Qui est le plus digne d’être craint et c’est Lui Qui détient le Pardon!» (Sourate al-Qiyâmah, 74:56).

Voir: “Al-I’tiqâd min Muçannafât al-Cheikh al-Mofîd”, 5/44.

2. Pour plus de détails et de développements concernant l’erreur des scolastiques ou théologiens (Motakallemîn) concernant la question de la Contrainte et de la Délégation, Voir l’ouvrage de l’auteur “Al-Falsafah al-Islâmiyyah”, p. 84

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