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SHAFAQNA – Le Parisien | par Romain Baheux : C’est le mois sacré des musulmans. Le ramadan, qui débute ce jeudi en France, est une période de jeûne et méditation pour les pratiquants de la deuxième religion du pays. Quatrième pilier de l’islam, « c’est un moment où le fidèle se prive pour se mettre dans la situation de l’être humain qui souffre de la faim et ressentir de la compassion. C’est une action physique et spirituelle », souligne Djelloul Seddiki, directeur de l’institut de théologie de la Mosquée de Paris.

Mais que doivent respecter ceux qui suivent le ramadan ? A quel moment doivent-ils jeûner ? Y a-t-il des exceptions ? Nous avons soumis à Djelloul Seddiki les questions souvent posées aux musulmans pendant ce mois.

« Vous devez commencer au lever du soleil ? »

Non. « Il débute à l’aube, c’est ce que les fidèles doivent suivre », souligne Djelloul Seddiki. Ce jeudi, les musulmans sont sommés de ne plus rien boire ou manger à partir de 4h10 en Ile-de-France, soit près de deux heures avant le lever du soleil. Pour aider les croyants, des calendriers sont disponibles sur Internet.

Ce principe s’adapte à la réalité des musulmans. Le problème s’est posé avec des croyants qui vivent en Suède, en Norvège ou en Islande, où la durée des journées en cette période rendrait le ramadan presque impossible à respecter s’il était suivi à la lettre. « Les croyants peuvent s’aligner sur l’Allemagne par exemple », glisse le directeur de l’institut de théologie de la Mosquée de Paris. Pour s’éviter un jeûne de 21 heures, d’autres suivent le rythme du pays musulman le plus proche, soit la Bosnie-Herzégovine ou la Turquie.

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« Vous pouvez avaler votre salive ? »

Oui, oui, et encore oui. Penser que les musulmans ne doivent pas avaler leur salive, et donc cracher au maximum, pour respecter pleinement le ramadan relève au mieux de la légende urbaine. « Il n’y a aucun problème avec le fait d’avaler sa salive, tranche le théologien. Quand on parle de jeûne, on n’inclut évidemment pas ce que produit le corps. De manière globale, c’est l’intention que l’on met derrière l’action qui compte. Même si vous buvez par inadvertance, ça n’est pas grave. »

« Et vous avez le droit de vous brosser les dents ? »

Oui. Soit de manière classique avant le début et après la fin du jeûne, soit en prenant ses précautions pendant. « Il suffit de faire attention à ne pas avaler de dentifrice quand vous vous brossez les dents, décrit Djelloul Seddiki. Puis, il faut bien se rincer la bouche et ensuite avaler sa salive. »

« Et c’est possible de mettre du parfum ou du déodorant ? »

Oui. Les parfums légers sont tolérés, tout comme les déodorants. « Si on est dans le cadre de l’hygiène corporelle, le fidèle a parfaitement le droit de mettre du déodorant », soutient Djelloul Seddiki.

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« Vous avez le droit de le reporter ? »

Oui. L’islam n’impose pas à ses fidèles de respecter les dates s’ils ont une raison valable. « Si vous êtes malade, si votre travail est particulièrement prenant, ou si vous vous trouvez dans des conditions extrêmes de chaleur vous n’êtes pas obligé de le suivre. Il n’y a pas de contrainte », martèle Djelloul Seddiki.

Libre ensuite au musulman de reporter les jours où il n’a pas suivi le jeûne à un moment plus favorable à n’importe quel mois de l’année. Attention : ce report doit se faire avant le ramadan suivant. Sinon, le croyant doit payer un repas aux pauvres. « On estime ce prix à cinq euros, poursuit le théologien. Le fidèle qui a manqué cinq jours l’année dernière devra donc verser 25 euros destinés à nourrir les pauvres. »

« Et vous n’avez droit à aucune relation sexuelle ? »

Si. Le sexe est proscrit pendant le jeûne, mais pas une fois qu’il est rompu. « C’est le moment où vous pouvez reprendre un mode de vie normal, explique le théologien. Ça inclut la nourriture, la boisson et les relations sexuelles. »

« Même les enfants doivent jeûner ? »

Non. Le ramadan ne concerne que les personnes pubères. Si la notion est un peu floue, le directeur de l’institut de théologie de la Mosquée de Paris recommande de ne pas faire jeûner les ados « en dessous de 15 ans. Même s’ils ont envie d’y participer, ça peut provoquer un drame. J’invite les fidèles à ne pas imposer cela à leurs enfants ».

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