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SHAFAQNA – Le Muslim Post : C’est un départ qui tombe pile au moment où les préfets faisaient remonter leurs remarques sur le culte musulman au ministère de l’Intérieur. En pleine conclusion des Assises territoriales de l’Islam de France qu’il avait lui-même lancées, Gérard Collomb a quitté son poste, à nouveau attiré par la mairie de Lyon. Que pourrait changer son départ en vue de la réforme annoncée du culte musulman ?

A première vue, pas grand-chose tant la réforme promise par Emmanuel Macron patine. Annoncés pour le premier semestre 2018, les contours de la réforme devaient être dessinés à la rentrée. Un rapport de l’institut Montaigne plus tard, rien n’a encore été décidé par l’Elysée ni par le ministère de l’Intérieur. Mais ce changement place Beauvau pourrait bien encore retarder l’échéance.

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Même si, de toute façon, sur l’« Islam de France », Emmanuel Macron et Gérard Collomb étaient en désaccord. Le ministre de l’Intérieur avait noué des relations étroites avec les conseils régionaux du culte musulman (CRCM). « L’État souhaite que dans chaque département puisse se tenir une grande concertation avec tous ceux qui sont, dans leur ville, dans leur quartier, les visages de l’Islam en France », annonçait-il pendant le ramadan lors de l’iftar du CFCM. Il avait, alors, déploré le manque d’initiative du Conseil français du culte musulman.

Le plus gros désaccord entre Emmanuel Macron et Gérard Collomb concernait l’Islam consulaire. Le ministre de l’Intérieur voulait continuer à traiter avec les pays d’origine des musulmans là où le président voulait s’en éloigner et « réduire l’influence des pays arabes, qui empêche l’Islam français d’entrer dans la modernité. »

Aujourd’hui, la transition qui s’annonce au ministère de l’Intérieur est un délai supplémentaire offert au CFCM, qui pourra prendre les trois prochains mois le temps pour se réformer. Reste à savoir ce que fera le nouveau ministre de l’Intérieur des conclusions des Assises territoriales. Et si Emmanuel Macron, dont Hakim El Karoui est proche, décidera de reprendre les rênes de la réforme du culte musulman français.

 

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