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Abbas

SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre Recueil de poèmes, Compilé par Mourtaza Radjahoussen, un recueil de compositions poétiques rédigées par des plumes inspirées de l’inépuisable source que représente l’Imam Hussein (as), petit-fils du saint Prophète Muhammad (p), sélectionné par SHAFAQNA.

Lorsque Hussein est parvenu
Près de son frère mourant,
Son porte-étendard lui confia ses derniers regrets.
Ô Maître ! Ô Maître !
Ô Maître, Ô Maître ! Ne dites rien à ma tendre mère !
Je ne pourrais assumer une honte si lourde
De savoir Sakina sans sa gourde.
Ô Maître ! Ô Maître ! Ne dites rien à ma tendre mère !
(1) J’ai appris de Mère l’amour pour toi
Et le respect que je te dois Ô Maître.
Quelque soit le lieu où tu dois être
Je devais être ton ombre mon Roi.
Mais aujourd’hui ton esclave n’a même plus de bras
Pour t’accueillir dignement Ô Mawla !
Ô Maître ! Ô Maître ! Ne dites rien à ma tendre mère !
(2) Depuis ce matin tu as tant de fois
Accouru à l’appel de tes serviteurs.
Malgré l’épuisement et la douleur
Tu as pris la peine de venir à moi
Pour qu’avant de mourir, je puisse te revoir,
Une dernière fois te dire au revoir.
Ô Maître ! Ô Maître ! Ne dites rien à ma tendre mère !

(3) Ne racontez surtout pas à ma mère
Comment furent arrachés mes deux bras
Sans rien pour atténuer, vraiment pas,
Ma chute quand je suis tombé à terre.
Comment vais-je sauver de cette fureur
Les voiles de Zaynab et de mes sœurs ?
Ô Maître ! Ô Maître ! Ne dites rien à ma tendre mère !
(4) Quand j’ai vu ‘Ali Akbar dans tes bras,
Tu le serrais si fort tout contre toi.
Avec lui le monde s’est écroulé
Et une part de ton âme s’en est allé.
J’aurais aimé t’éviter cet immense chagrin :
C’est là une souffrance qui m’étreint.
Ô Maître ! Ô Maître ! Ne dites rien à ma tendre mère !
(5) En voyant le corps dévasté
De Qassim mon petit neveu,
Comment pourrais-je me présenter
Devant Hassan et lui faire l’aveu :
Je n’ai pas pu protéger ton fils, grand-frère,
La vie de la chair de ta chair.
Ô Maître ! Ô Maître ! Ne dites rien à ma tendre mère !

(6) Tu as souhaité une dernière fois
Que je t’appelle frère Ô mon Mawla.
Mais comment pourrais-je te dire ces mots là
Alors que tu souffres à cause de moi
En n’ayant pas rapporté à nos enfants
Cette eau dont Sakina rêvait tant.
Ô Maître ! Ô Maître ! Ne dites rien à ma tendre mère !
(7) Ô mon frère tu es si éreinté
Alors ne me ramène pas au camp.
Tu sais, je ne peux pas affronter
Le regard de Sakina me pleurant :
Elle espérait tellement me voir enfin
Apaiser sa soif et son chagrin.
Ô Maître ! Ô Maître ! Ne dites rien à ma tendre mère !
(8) Mon cœur pleure toutes ces femmes
Qui ont vu mourir tous ces êtres chers :
Des enfants, des maris et des pères
Tués par des hommes sans état d’âme.
Avant même mes adieux à ma femme
Donne mes condoléances à ces dames.
Ô Maître, Ô Maître ! Ne dites rien à ma tendre mère !


Poète : Alain Mohamad Asgar

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