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Karbala

SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre Recueil de poèmes, Compilé par Mourtaza Radjahoussen, un recueil de compositions poétiques rédigées par des plumes inspirées de l’inépuisable source que représente l’Imam Hussein (as), petit-fils du saint Prophète Muhammad (p), sélectionné par SHAFAQNA.

Les vices étaient à leur comble et les vertus enchaînées ;
Les lois justes furent lésées et les dires du Prophète oubliés ;
Les tyrans corrompaient par convoitise, la masse bien confuse,
Qui ne tarda à céder au Diable et à sa ruse.
Le legs du Prophète était vivement menacé ;
De par la Oummah, la perdition s’installait ;
Ils vinrent alors vers l’Imam pour un serment d’allégeance ;
Mais fidèle à son Dieu, Hussein, n’en prit connaissance.
Pour le salut de l’être et celui de l’islam,
Pour la liberté de la vie et le souffle de l’islam,
Responsable et sincère, l’Imam décida de se soulever,
Telle une arche qui s’érigeait, au milieu du déluge qui s’annonçait.
Le voyage fut entrepris et l’épopée commença.
Ils quittèrent le berceau de leur enfance, pour la sainte Kaaba.

C’est alors que l’Imam, sa famille, et ses fidèles amis,
S’apprêtèrent pour un ultime sacrifice : le don de la vie.
La Oumra accomplie, le voyage reprit ;
Et ils avancèrent vers Koufa, ville de l’Émir ‘Ali ;
Mais au gré du destin, leur itinéraire changea,
Quand Hour et sa cavalerie, les interpella.
Ils continuèrent leur route, avançant à petits pas
Vers cette terre de malheur qu’on nommait Karbala.
Quelques jours de voyage, et ils y arrivèrent.
Un lopin de terre fut acheté, et ils s’y installèrent…
L’accès à l’eau fut interdit à l’Imam et aux siens,
Grotesque sauvagerie de ces tyrans inhumains,
Qui laissèrent la soif et l’altération s’installer
Dans le camp de Hussein, et de ses bien-aimés.
Les délais furent déposés et la guerre déclarée ;
Hussein s’entoura alors des siens pour une dernière assemblée ;
Et demanda de partir libre, à celui qui le voulait;
Mais malgré la lumière que l’Imam éteignit,

Au serment de fidélité, nul d’entre eux ne faillit.
Quand l’heure de la bataille sonna.
Symbole du Pardon, Hour s’élança
Face aux assaillants, fermement il lutta,
Mais las et fatigué, il tomba en martyre,
Et se dirigea vers l’au-delà quand Fatima vint l’accueillir.
Venu prêter main forte à son ami et Imam,
Habib offrit sa vie comme cure à l’islam.
Certes il mourut, mais appris à l’Humanité
Les valeurs essentielles d’une noble Amitié.
Fermes et convaincus, étaient ces deux jeunes frères,
Fierté d’un père et richesse d’une mère.
‘Awn et Mohammad firent acte de bravoure et preuve de courage,
Et rejoignirent ainsi, quand la bataille fit rage,
Le Seigneur des cieux, malgré leur très jeune âge.
Vivant au rythme du mot de son père,
Qassim, jeune orphelin, et seul espoir de sa mère ;
Un joyau brillant et éblouissant,
Qui, massacré et émietté, mourut si cruellement.

La fierté des Hashim, ‘Abbass s’élança ;
Se dirigeant vers la rivière, avec fougue il galopa.
Voulant ramener un tout petit peu d’eau,
Pour assouvir ses enfants, dont la soif était le lot.
Les Tyrans n’ayant supporté de voir cela,
S’élancèrent à leur tour et lui tranchèrent les bras.
Mais il ne lâcha la gourde, vigilant et déterminé,
Jusqu’à ce qu’une flèche, ne vint la perforer.
Les yeux transpercés et le corps meurtri, à terre il tomba.
N’ayant plus ses bras pour s’appuyer, ‘Abbass s’écroula.
Puisant dans ses dernières forces, il cria : « Ya Mawla »
Et Hussein accourut au secours d’un frère que
la guerre n’épargna.
‘Ali Akbar, sosie du Prophète et vie de Layla,
Splendeur du camp des Justes, qu’une lance transperça.
L’enlever fut la pire des épreuves et le summum des langueurs,
Qu’un père n’eut à endurer, par-delà son malheur.

Tous étaient tombés en martyrs, et Hussein se retrouva esseulé.
« Y a-t-il quelqu’un pour m’aider ? » lança-t-il assoiffé.
C’est alors, que de son berceau, un bébé se rua,
Pour secourir un père que la tristesse accabla.
C’était un nourrisson aux lèvres taries,
Un petit ange assoiffé et alangui,
Un nouveau-né, bébé de quelques mois,
Dont les gémissements laissèrent l’histoire sans voix.
Hussein amena alors, son enfant sur le champ,
Suppliant pour ce dernier de l’eau, en guise de compassion.
Mais c’est une flèche qui lui vint en retour,
Lui arrachant brusquement Asghar pour toujours.
Gisant et mourant, le cou déchiré
Laissant vides les mains d’une mère ruinée,
Le sourire aux lèvres et le devoir accompli,
Dans les bras de son père le bébé s’endormit.
Arriva ensuite le paroxysme du malheur,
Quand une jeune fille, au milieu des pleurs,
Vit se faire trancher, sans indulgence ni pitié
Cette nuque, que jadis le Prophète avait embrassée.

Hussein fut tué, et le ciel gronda ;
Hussein fut tué, et la terre trembla ;
Son corps gisait sur le sol brûlant,
Criblé de flèches et maculé de sang.
Quand Shimr le Maudit vint la frapper,
Quand ses oreilles furent ensanglantées
L’orpheline chercha son père et pleura,
Alors que la nuit des Pauvres enveloppait Karbala.
Les tyrans mirent feu au campement ;
Alors que les flammes s’élevaient dans un vacarme incessant,
Les proches de Hussein se firent capturer,
Le visage découvert et les mains enchaînées.
Ils furent conduits de Karbala à Shaam,
Avec comme seul garant, notre quatrième Imam,
Dont le plus grand malheur fut celui de voir défiler,
Au milieu des regards haineux, sa tante dont le voile fut arraché.
C’est dans une prison qu’elle passa le restant de sa vie,
Accablée par la souffrance, elle s’y éteignit ;
Sakina rejoignit ainsi dans l’au-delà,
Le père que Shimr lui eut enlevé à Karbala.

Zaynab quant à elle, lutta ardemment
Elle fit preuve de Courage en bien des moments
En donnant des sermons, digne de son père ‘Ali.
Elle mit au défi Yazid et sa tyrannie.
À ceux qui lisent ses vers, quelques phrases pour terminer :
Hussein et les siens ont donné tout ce qu’ils avaient,
Pour que soient sauvés l’islam et son message.
Ils ont dû supporter les traitements des plus sauvages,
Pour délivrer l’Homme du pire des esclavages.
Devoir est nôtre, de préserver cet héritage,
Pour qu’il se perpétue à travers les âges.

Poète : Arbam Maalik Houssen

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