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Algérie, Abdelkader Bensalah ,Gaïd Salah
Des centaines de manifestants participent à la marche pour «la démocratie et le respect des droits humains en Algérie».

SHAFAQNA – RT: A l’appel de plusieurs collectifs et mouvements associatifs, des centaines d’Algériens et de Français d’origine algérienne ont participé ce 6 octobre à «une marche citoyenne pour la démocratie et le respect des droits humains en Algérie». Le cortège s’est élancé vers 15h au niveau place de la République pour rejoindre la place de la bataille de Stalingrad.  

Au-delà de leur refus de participer à un scrutin présidentiel avant le départ des représentants du «système» qu’incarnent entre autres, selon eux, Abdelkader Bensalah et Gaïd Salah – respectivement président par intérim et chef de l’armée – les manifestants ont également exigé «la libération immédiate et sans conditions des détenus d’opinion» ainsi que «le respect des libertés et des droits humains». 

Dans le même temps, cinq militants de l’association Rassemblement action jeunesse (RAJ) ont été placés en détention provisoire à la prison d’El Harrach, selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Ces derniers avaient été interpellés à Alger lors de la dernière manifestation hebdomadaire du vendredi. 

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Ces derniers mois, plusieurs manifestants – dont des représentants politiques issus de l’opposition – ont été arrêtés et incarcérés au motif qu’ils porteraient «atteinte à l’intégrité du territoire». Ces interpellations ont immédiatement suscité l’indignation de nombreux Algériens qui fustigent ce qu’ils estiment être une répression.

Ce 33e dimanche de contestation était par ailleurs placé sous le souvenir des événements du 5 octobre 1988. Au cours de cette journée, plusieurs milliers de jeunes Algériens avaient battu le pavé à Alger et dans d’autres villes du pays pour exiger l’ouverture du pays au multipartisme et la libéralisation de la société civile. Marqué par de violentes émeutes, cet épisode de contestation avait été sévèrement réprimé par l’armée algérienne. Entre le 4 et 10 octobre 1988, période pendant laquelle se sont déroulées les manifestations, plus de 500 Algériens ont perdu la vie. 

Pour Redouane Cherki, membre du collectif Action citoyenne pour l’Algérie (ACA), les revendications exprimées par les manifestants depuis le début de la mobilisation sont les mêmes que celles portées lors des événements d’octobre 1988.

Malgré la poursuite de la contestation, les autorités algériennes assurent que le scrutin présidentiel constitue l’unique solution pour sortir de la crise actuelle. De son côté, la rue entend ne pas lâcher prise en poursuivant un bras de fer qui dure désormais depuis sept mois. 

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