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SHAFAQNA – Le Muslim Post : La situation des Ouïghours est de plus en plus critique. Mercredi dernier, Renee Xia, de l’ONG China Human Rights Defenders, a indiqué que, entre 2016 et 2017, « les arrestations ont grimpé de 731 % dans le Xinjiang. Cela représente 21 % de toutes les arrestations en Chine ! » Contrôles quotidiens, fichage, interdictions en tous genres, déportations dans des camps de « rééducation »… Les autorités chinoises sont sans pitié. Parmi les prisonniers actuels, on trouve notamment le professeur et poète ouïghour Abdulqadir Jalaleddin, depuis janvier dernier. Le savant islamique Muhammad Salih Hajim, qui a traduit le Coran de l’arabe à l’ouïghour, serait, lui, mort dans un camp. Dans une tribune, Foreign Policy dénonce le silence des dirigeants musulmans alors que « l’avenir de plus de 10 millions d’Ouïghours, membres de la minorité musulmane de langue turcophone, s’assombrit. » Les responsables musulmans du monde entier n’hésitent pourtant pas à s’élever contre le sort réservé aux Palestiniens et, plus récemment, contre les exactions commises contre les Rohingyas. Mais « aucun chef d’Etat d’un pays musulman n’a fait de déclaration publique en faveur des Ouïghours ces dix dernières années », déplore le journal. A l’exception d’Erdogan, en 2009.

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Des pays musulmans de plus en plus dépendants de la Chine

Et ce silence est pesant, explique-t-on du côté des ONG. « L’un de nos principaux obstacles a été le manque d’attention manifeste des Etats à majorité musulmane », assure Peter Irwin, chef de projet au World Uyghur Congress. Pourquoi un tel silence ? Ce n’est pas le manque d’informations qui en est à l’origine, assurent les défenseurs des droits humains. « Ce qui se passe ici est très bien documenté, indique ainsi Omer Kanat, activiste dans la région. Les gouvernements des pays à majorité musulmane savent ce qui se passe au Turkestan oriental. » Les ONG déplorent en réalité les relations entre les pays musulmans et la Chine : l’été dernier, l’Egypte a expulsé plusieurs Ouïghours vers la Chine. « De nombreux Etats du Moyen-Orient deviennent de plus en plus économiquement dépendants de la Chine », poursuit Simone van Nieuwenhuizen, une de l’Université de technologie de Sydney. Suffisant pour acheter le silence de pays musulmans. Pour Ahmad Farouk Musa, directeur de l’ONG malaisienne Islamic Renaissance Front, il y a une autre raison à ce désintérêt de la part de pays musulmans : selon lui, les chefs d’Etat gagnent en popularité en montrant qu’ils se battent pour la cause palestinienne, là où le sort des Rohingyas ou des Ouïghours importe peu. Seuls les Turcs semblent aujourd’hui se soucier du sort des Ouïghours.

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