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SHAFAQNA – Le Muslim Post : Saïragoul Saouïtbaï, jugée l’été dernier au Kazakhstan pour être entrée illégalement dans ce pays d’Asie centrale, avait déclaré lors d’un procès retentissant avoir été forcée de travailler en Chine dans un « camp de rééducation », où étaient détenus près de 2.500 Kazakhs ethniques, une minorité musulmane du Xinjiang.

Le Kazakhstan a alors bravé la colère de Pékin en refusant d’expulser cette femme, qui a avoué avoir traversé la frontière illégalement pour rejoindre son mari et ses enfants.

Saïragoul Saouïtbaï et sa famille sont parties en Suède, qui lui a délivré un passeport, a déclaré à l’AFP son avocate, Aïman Oumarova.

Mme Saouïtbaï avait besoin de ce passeport car la Chine avait confisqué le sien avant qu’elle s’enfuie au Kazakhstan. Elle va désormais demander la nationalité suédoise, selon l’avocate.

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La justice kazakhe l’avait libérée après le procès mais les autorités du pays ont refusé de lui accorder l’asile.

Les autorités chinoises assurent que les camps où auraient été détenus jusqu’à un million de musulmans, issus des minorités ouïghours mais aussi kazakhs, kirghizes et hui, s’inscrivent dans leurs efforts pour lutter contre le terrorisme et le séparatisme dans cette région, théâtre de tensions inter-ethniques et d’attentats meurtriers.

L’incarcération de milliers de personnes d’origine kazakhe au Xinjiang est un sujet délicat entre les deux pays, alors que le Kazakhstan est un allié de la Chine et que son économie dépend fortement de Pékin.

Le départ de Mme Saouïtbaï pour la Suède pourrait aussi envenimer les tensions entre Stockholm et Pékin, provoquées par l’arrestation en Chine d’un éditeur suédois d’origine chinoise en janvier 2018, alors qu’il était avec des diplomates suédois dans un train en Chine.

Selon l’Agence d’immigration suédoise, 45 Chinois ont demandé l’asile en Suède en 2018, et 19 depuis le début de l’année.

Dans un communiqué publié en janvier, l’Agence a affirmé que « les Ouïgours et d’autres minorités musulmanes résidant dans la province de Xinjiang risquent des persécutions s’ils retournent dans leur pays d’origine » et que leur demande de statut de réfugié « doit être approuvée ».

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