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SHAFAQNA – Europe 1 : Le Conseil français du culte musulman (CFCM) s’est dit “prêt à travailler” avec le gouvernement sur l’organisation du culte musulman, à condition que l’islam ne soit pas “stigmatisé”, a affirmé son président Ahmet Ogras à l’issue d’une rencontre avec Christophe Castaner.

“Construire un islam délié des ingérences étrangères”. Le nouveau ministre de l’Intérieur recevait en début de soirée les instances dirigeantes du culte musulman, dans le cadre d’une consultation plus large, dans les semaines à venir, avec l’ensemble des représentants des cultes ainsi qu’avec les sensibilités laïques.

L’objectif est de “construire un islam qui ait toute sa place en France, un islam qui soit délié des ingérences étrangères et qui soit moteur pour faire reculer les idées radicales”, a récemment déclaré Christophe Castaner, dans une interview au Point, en envisageant une modification de certains points de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État.

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Plus de transparence sur les financements. “Nous sommes prêts à travailler ensemble”, a déclaré Ahmet Ogras, mais “à condition qu’il n’y ait pas d’ingérence sur le contenu du culte”, et qu'”on ne stigmatise pas l’islam”. Parmi les “pistes de travail évoquées” lors de la rencontre, le ministre “nous a dit le souhait du gouvernement de faire en sorte que les associations gestionnaires du culte musulman”, en majorité constituées en associations loi 1901, “aillent vers le statut d’association loi 1905, comme les autres cultes”, a précisé Anouar Kbibech, vice-président. Cela permettrait de “bénéficier d’avantages”, fiscaux notamment, et de “garantir la transparence” attendue sur les financements, selon lui.

Un label de qualité cultuelle et une déclaration de dons importants. Christophe Castaner a également parlé de l’idée d’instaurer un “label” délivré pour cinq ans reconnaissant la qualité cultuelle d’une association. Il ne serait pas renouvelé, “seulement si le lieu de culte recevait des financements en lien avec le terrorisme ou en cas de menace à l’ordre public”, a expliqué Anouar Kbibech. Autre proposition, celle de déclarer des dons supérieurs à 10.000 euros “au nom de la transparence”.

“Pas lieu de jeter l’opprobre sur les gestionnaires de culte”, assure le président du CFCM. “Le ministre nous a dit qu’à l’issue des concertations, il ferait des propositions précises et concrètes. Est-ce que ce serait avant ou après un discours du président de la République ? On ne sait pas”, a-t-il ajouté. “Nous lui avons dit que nous étions conscients de la forte attente sur la transparence mais qu’il n’y avait pas lieu de jeter l’opprobre sur les gestionnaires de culte” musulman, a-t-il affirmé. Le ministre leur par ailleurs confirmé sa venue au congrès des musulmans qu’organise le CFCM le 8 décembre à Paris.

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