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Sauvetage de migrants, par l’ O.N.G. SOS Méditerranée, aux large des côtes libyennes, le 19 avril 2018. / Christophe Petit Tesson/EPA/Maxppp

SHAFAQNA – La Croix | par Claire Lesegretain : Les 25 000 fidèles – selon la gendarmerie vaticane – réunis dimanche 22 juillet à midi sur la place Saint-Pierre pour la prière de l’Angélus, s’attendaient à ce que le pape argentin évoque la situation au Nicaragua, où le dialogue entre le gouvernement et l’opposition ne tient plus qu’à un fil après la charge du président Daniel Ortega contre les évêques médiateurs. Mais il n’en a pas dit un mot.

« Nous avons reçu ces dernières semaines les informations dramatiques sur les naufrages d’embarcations chargées de migrants dans les eaux méditerranéennes », a déclaré le pape François. « J’exprime ma douleur face à de telles tragédies et j’assure les disparus et leurs proches de mes pensées et de ma prière », a-t-il ajouté.

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Les départs sont en chute libre

Alors que Tripoli a pris la responsabilité des secours au large de la Libye et que les autorités italiennes et maltaises ont fortement limité les possibilités d’action des ONG, le mois de juin a été le plus meurtrier de ces dernières années dans cette zone : 564 victimes recensées par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), même si les départs sont en chute libre.

« J’adresse un appel pressant à la communauté internationale pour qu’elle agisse avec décision et rapidité pour éviter que de telles tragédies ne se répètent, et pour garantir la sécurité, le respect des droits et la dignité de tous », a insisté François.

Depuis son élection en le pape argentin a maintes fois parlé des migrants, selon ses critères « accueillir, accompagner, promouvoir, intégrer ». Le 21 juin dernier, au cours de la conférence de presse, dans l’avion qui le ramenait de Genève, il avait rappelé le devoir d’accueil des pays, tout en soulignant la nécessité du développement en Afrique et tout en soulignant aussi la vertu de « prudence » propre aux gouvernements. « Un pays doit accueillir autant de réfugiés qu’il le peut, et qu’il peut intégrer, c’est-à-dire éduquer et donner du travail », avait-il expliqué.

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Une rescapée et deux cadavres

Cette semaine, la conférence des évêques d’Italie avait diffusé un communiqué au ton sévère après qu’une ONG espagnole a retrouvé, sur les restes d’un canot, une rescapée et deux cadavres apparemment oubliés par les garde-côtes libyens.

« Nous n’avons pas la prétention d’offrir des solutions bon marché. Mais (…) nous prévenons sans équivoque que pour sauver notre humanité de la vulgarité et de la barbarie, nous devons protéger la vie. Chaque vie. À partir des plus exposées, humiliées et piétinées », peut-on lire dans ce communique des évêques.

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