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Maroc , Mosquée de la Kasbah

SHAFAQNA – Mapexpress: La ville de Tétouan est connue, depuis des siècles, pour abriter un grand nombre de mosquées, qui constituent des monuments historiques, ayant joué un rôle fondamental dans l’enseignement de la religion et de la charia et dans la mobilisation pour la lutte contre les colonisateurs et les convoitises étrangères à différentes époques. La mosquée de la Kasbah est incontestablement l’un de ces joyaux historiques et spirituels.

Selon les historiens, le nombre de mosquées dans l’ancienne médina de Tétouan s’élevait à 22, y compris les mosquées Lalla Frija (mosquée de Souika), Al Basha, Lukach, la Grande mosquée, Souk El Fouki, Rabtah et Laayoune, mais la mosquée de la Kasbah reste la plus ancienne, vu que toutes les mosquées construites avant elle ont été démolies par les envahisseurs.

Les historiens de Tétouan ont indiqué que les mosquées de la ville ont connu un revers majeur après l’occupation espagnole de Tétouan pendant la guerre de 1860, qui a démoli plusieurs mosquées et en a modifié d’autres. En témoigne, la conversion des mosquées Souk El Fouki en hôpital, et de la Kasbah en entrepôt de stockage de céréales, tandis que la mosquée Al Basha a été convertie à la fois en imprimerie (la moitié de devant) et en magasin de céréales (l’autre moitié).

Dans ce cadre, le directeur du Centre du patrimoine de Tétouan, Othman El Absi, a affirmé que la mosquée de la Kasbah est une icône patrimoniale avec des critères particuliers, et constitue, aux côtés d’autres bâtiments et installations, le premier noyau de la ville de Tétouan. Même si elle peut paraître petite selon les normes actuelles, elle était considérée comme une grande mosquée selon les normes de construction qui prévalaient à cette époque, il y a 521 ans, a-t-il relevé.

Il a souligné que cette mosquée, marquée par des arcs “barrières” qui se terminent sur un mihrab (une niche qui indique la Qibla), dispose de trois portes, dont la plus importante est celle d”Al Hofat”, ainsi qu’une autre porte sur laquelle a été construit un minaret de longueur moyenne (selon les normes d’aujourd’hui), notant que le minaret de la mosquée la Kasbah, qui a fait l’objet d’une réhabilitation globale en 2002, se distingue par le fait qu’il ne comporte pas d’ornements spéciaux à l’exception d’une frise en zellige vert tétouanais.

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La mosquée de la Kasbah, qui fut bâtie à la fin du 15ème siècle, se trouvait à l’intérieur de la tour de garde construite par Abou Al Hassan Ali Al Mandri pour contrôler toutes les artères et les ruelles commerciales au cœur de la médina, et est considérée comme un joyau architectural et spirituel de la ville de la Colombe blanche.

La mosquée était connue, aux côtés des autres mosquées de Tétouan, comme un centre d’enseignement de la religion et de la charia.

Selon les historiens de la ville, Abdesslam Ben Ahmed Skiredj, Mohamed Daoud et Ahmed Ben Mohamed Rhouni, celui qui étudie l’histoire des mosquées de Tétouan se rend compte que l’attention accordée par les rois de l’Etat alaouite ne se limitait pas à leur construction, mais portait également sur d’autres aspects, notamment celui lié à l’enseignement des sciences, qui a connu un développement considérable à partir du XIe siècle de l’Hégire.

Comme mentionné dans des livres sur l’histoire de la ville de Tétouan, la mosquée de la Kasbah a été conçue sous une forme carrée, dont les côtés mesurent 20 mètres de long.

La mosquée est soutenue par des colonnes surmontées d’arcs brisés et couverte de plafonds en bois inclinés et recouverts de briques vertes.

Si le mode de construction est le principal élément qui différencie les mosquées authentiques de Tétouan, ce qui les unit, c’est qu’elles étaient des plateformes de diffusion du savoir, un lieu de culte où se rassemblent les érudits, et un centre d’hébergement pour les étudiants en sciences religieuses issus des différents villages et villes du nord du Royaume.

La mosquée la Kasbah, doyenne des mosquées de Tétouan, reflète l’histoire de la civilisation marocaine et le rôle de ces lieux de culte dans la transmission du savoir et la préservation du style et de la beauté de l’architecture ancienne.

 

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