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SHAFAQNA – Le Muslim Post : « Trop, c’est trop ! » L’agent de Mohamed Salah ne décolère pas. Voilà plusieurs mois qu’il attend de la fédération égyptienne de football qu’elle arrête de violer constamment son image à des fins aussi bien commerciales que politiques. Utilisé comme symbole politique lors de la Coupe du monde — Salah avait posé avec le président tchétchène —, le joueur de Liverpool n’en peut plus.

Le succès du footballeur en Angleterre en a fait une star dans son pays natal, l’Egypte. A coup de communiqués patriotiques, de campagnes sanitaires et de publicités pour WE, le service de téléphonie mobile de Telecom Egypt, alors que Salah a un contrat de sponsoring avec Vodafone, l’Egypte tente de faire main-basse sur le joueur. Les autorités ne le cachent même pas, puisque le footballeur est aujourd’hui « un symbole du ‘soft power’ de l’Egypte », résumait il y a plusieurs mois le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ahmed Abou Zeid. De quoi attiser la convoitise du dictateur égyptien Sissi, qui s’est dit « fier » de Salah sans laisser au footballeur le choix de ses idées politiques. Pour éviter de perdre le bénéfice de l’image de Mo Salah, le maréchal est personnellement intervenu pour demander que soit réglé le conflit qui oppose le joueur à l’opérateur de télécommunications égyptien. Le ministre des Sports a assuré que son cas serait discuté cette semaine à la fédération.

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Sissi le surnomme « l’enfant béni de l’Egypte »

Le leader égyptien espère ainsi apaiser les relations, faire revenir Salah pour le prochain match de qualification de l’Egypte en vue de la prochaine Coupe d’Afrique des Nations mais surtout profiter encore un peu plus de son aura. Comme il l’avait déjà fait lorsque l’Egypte s’était qualifiée pour la Coupe du monde. Il avait alors posé avec les Pharaons et déclaré : « En une heure, vous avez réussi à plaire aux cœurs de 100 millions d’Egyptiens. » Sissi marque Salah à la culotte : en janvier 2017, il l’appelait pour le féliciter ; quelques mois plus tard, il parlait de fierté ; lors de sa blessure d’avant-Mondial, il l’avait également appelé pour lui souhaiter un bon rétablissement. Une façon pour le dictateur de montrer à Mo Salah qu’il compte sur lui pour assoir sa popularité. Mais « l’enfant béni de l’Egypte », comme l’a surnommé Sissi, semble de plus en plus réticent à l’idée d’être utilisé par le pouvoir égyptien.

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