Martyre de Fatima az-Zahrâ (SA)

by Pey Bahman Z
Martyre de Fatima az-Zahrâ (SA)

SHAFAQNA – Martyre de Fâtima az-Zahrâ (sa) est une croyance ancienne et dominante parmi les chiites. Selon cette croyance la Dame Fâtima, fille du Prophète n’est pas mort de manière naturelle mais, a décède suite aux blessures graves qu’elle a subi par certains compagnons du Prophètes.

Les sunnites considèrent que la mort de celle-ci est due à son chagrin lié à la mort de son père. Mais les chiites considèrent Umar b. Khattâb comme le principal responsable de la mort de Sayyida Fâtima az-Zahrâ qu’ils commémorent ardemment chaque année pendant toute une période appelée Fatimiyya.

Selon certaines sources la Dame Fâtima (sa) portait également un troisième fils, nommé Muhsin, lors de cet événement, mais qu’elle a avorté à cause de ses blessures.

Les chiites se réfèrent aussi à des sources anciennes au sujet du martyre deSiyyida Fâtima (sa). Par exemple selon un hadith de l’Imam Al-Kazim (as), le titre de “Siddiqa Shahîda” (la véridique martyre) est utilisé pour la Dame Fâtima (sa). Aussi, Muhammad b. Jarîr Tabarî, le théologien (mutikallim) imamite du troisième siècle de l’hégire, a rapporté un hadith de l’Imam Sâdiq (as) dans le livre Dalâ’il al-Imâma, selon lequel la raison du martyre de Fâtima et de l’avortement de son enfant, serait les coups qu’elle aurait pris.

Les sources chiites comme les sources sunnites ont mentionnées certains détails au sujet de la mort de la Dame Fâtima (sa).

Les événements mentionnés sont par exemples : l’attaque à la maison de Fâtima (sa) et Ali (as); l’avortement de l’enfant que portait Fâtima (sa), mais aussi la gifle et le coup de fouet qu’on a donné à la Dame Fâtima (sa). La source la plus ancienne des chiites à ce sujet et un livre remontant au premier siècle de l’hégire, de Sulaym b. Qays Hilâlî (Kitâb Sulaym b. Qays Al-Hilâlî). Mais les chiites se réfèrent aussi à des sources sunnites à ce propos. Le livre Al-Hujûm ‘alâ bayt Fâtima (L’attaque à la maison de Fâtima) mentionne des hadiths à ce sujet, rapportés part 84 rapporteurs sunnites de hadiths.

Le martyre de la Dame Fâtima (sa) a suscité certains doutes et questions auxquels des réponses ont été données : par exemple le fait qu’à l’époque les maisons de Médine n’avaient pas de porte. Or Sayyid Ja’far Murtada ‘Amilî (m. 1441 h.l.), un historien chiite, montrent, en s’appuyant sur ces sources historiques que cette idée est fausse, et que c’était courant que les maisons de Médine soient dotées de porte. Aussi par rapport à la question : ” Si Fâtima (sa) a été attaquée, pourquoi l’Imam Ali (as) et les autres ne l’ont pas défendue ? selon le propos de Sulaym b. Qays, l’Imam Ali aurait aurait attaqué Umar b. Khattâb et l’aurait mis à terre, mais celui-ci aurait demandé de l’aide à ses compagnons et ceux-ci aurait attaché l’Imam Ali (as). Aussi les sources sunnites avancent l’idée que Imam Ali (as) avait de bons rapports avec les califes, et qu’il aurait même donné sa fille Umm Kalthûm au mariage avec Umar b. Khattab, mais selon les sources chiites ce mariage aurait été un mariage par force et obligation imposé par les califes, et cela ne peut pas être une preuve pour le bons rapports entre l’Imam Ali et les califes.

L’importance du sujet

La mort de la fille du Prophète (p), Fâtima az-Zahrâ (sa) fait objet de discordes entre les chiites et les sunnites. Les chiites pensent majoritairement, et malgré leurs différends au sujet de détails des événements survenus après à la mort du Prophète (p), que Fâtima az-Zahrâ n’est pas mort naturellement, mais a été tuée (martyrisée) à cause des coups que certains hommes de main des compagnons du Prophète (p) ont donnée à sa côte. Selon les chiites non seulement elle, mais aussi l’enfant qu’elle portait a été tué suite à ces coups et blessures. Mais les sunnites pensent que la Dame Fâtima est morte naturellement, suite aux maladie et chagrins qu’elle subissait après la mort de son père.

Ainsi, les chiites célèbrent chaque année toute une période de deuil nommée Fatimiyya en compassion avec la Dame Fâtima et ses douleurs. Le jour de la mort de la Dame Fâtima n’étant pas précisément connu, le 3 Jumâdâ al-thanî est considéré comme le jour le plus probable et est un jour férié en Iran. On peut y assister également à certaines manifestations publiques de commémoration du martyre de Fâtima az-Zahrâ.

Comme l’agent et le responsable principal de la mort de Fâtima az-Zahra (sa) est Umar b. Khattâb selon les chiites, nous pouvons également assister à certaines expressions de reproches voir de formules de malédictions adressées à celui-ci. Ce fait en soi crée une tension entre les chiites et les sunnites. Le sujet du martyre de Fâtima az-Zahrâ (sa) et les compassions des chiites à son égard, a fait que nous pouvons même assister à des fêtes populaires à l’occasion du meurtre de Umar, le 9 Rabi’ al-awwal, appelé aussi la Aïd al-Zahrâ (sa).

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L’historique

Les différends au sujet de la mort naturelle ou du martyre de Fâtima az-Zahrâ (sa) sont très longs et nombreux. Selon certains chercheurs, dans le livre al-Tahrîsh écrit par Darâr b. ‘Amrû (9ème siècle) est écrit que les chiites croient que Fâtima (sa) est décédée suite à un coup que ‘Umar b. Khattâb lui donna. Il est rapporté également que ‘Abdallah b. Yazîd Fazârî, le théologien du 9ème siècle, a mentionné dans Kitâb al-Radûd que selon les chiites, Fâtima (sa) avait été blessé par les coups que certains compagnons du Prophète lui auraient donné; il mentionne aussi son avortement. Selon Muhammad-Husayn Kâshif al-Ghitâ’ (m. 20ème siècle), des poètes chiites des 9ème et 10ème siècles, comme Kumayt Asadî, Sayyid Himayrî et Di’bil Kuzâ’î ont écrits les souffrances de Fâtima et les oppressions qu’elle a subi sous forme de poésie.

Selon le savant sunnite Abdulkarim Sharisânî (m. 548 h.l./13ème siècle), Ibrâhim b. Sayyâr connu comme étant du courant Mu’tazilî (m. 221 h.l./9ème siècle) était d’avis que l’avortement de l’embryon de Fâtima (sa) était à cause du coup que ‘Umar lui aurait donné . Selon Sharistânî, cette idée ainsi que d’autres croyances du courant Mu’tazilî ont fait qu’il prenne distance avec eux. Aussi Qâdî Abduljabbâr Mu’tazilî (m. 415 h.l./12ème siècle) a mentionné dans son livre Tathbît al-Dalâ’il al-Nubuwa certains savants chiites de son époque, habitants du Caire, de Bagdad et du Levant (Shâm), qui pratiquaient des commémorations de deuil et pleuraient pour Fâtima et pour Muhsin, l’enfant qu’elle porté dans son ventre. Dans les livres des sunnites, on appelait Rafidî ceux qui croyaient au martyre de Fâtima Zahrâ (sa).

La racine des discordes

Les différends au sujet de la mort de Fâtima reviennent au fait qu’elle est décédée très jeune, peu après la mort de son père et en plein milieu des discordes et tensions au sujet de la succession du Prophète (p). Rappelons qu’après l’allégeance d’un groupe des Muhâjirûn (migrant) et Ansâr avec Abûbakr à Saqîfa Banî Sâ’ida, un autre groupe des compagnons du Prophète se sont rassemblés autour de Ali en reconnaissant les paroles du Prophète au sujet de Ali (voir Ghadîr Khumm). Ceux-ci n’ont pas fait d’allégeance avec Abûbakr. Ce fut pour cette raison que ‘Umar b. Khattâb accompagnés d’autres personnes, se sont rendu à la maison de Ali pour le forcer à faire allégeance avec Abûbakr, et ils l’ont même menacé que sinon , ils bruleraient sa maison avec ses habitants. Pendant les mêmes jours Fâtima protestait contre la confiscation de Fadak (son héritage) par les agents de Abubakr : elle avait rencontré Abubakr à ce sujet et avait aussi fait un discours contestataire (discours de Fadak) à la mosquée de la Médine.

Les sources chiites sont quasiment unanimes sur le fait que Muhsin, l’enfant que portait la Dame Fâtima (sa), ait été avorté lors de l’attaque à sa maison. Certaines sources sunnites rapportent que cet enfant est né, mais mort très jeune .

Cependant, Ibn Abî al-Hadîd, le savant Mu’tazilite (m. 656 h.l.; 13ème siècle), celui qui fut l’un des interprète de Nahj al-Balâgha, a mentionné l’événement de l’avortement de Muhsin lors de l’affaire de la demande forcée l’allégeance de Ali (as) à Abû Bakr, dans sa discussion avec son maître Abû Ja’far Naqîb. Cet avis a été également attribué à Ibrâhim b. Sayyâr, un autre savant Mu’tazilite du 10ème siècle (m. 221 h.l.).

Selon les divers rapports, la Dame Fâtima (sa) a été enterrée pendant la nuit. Selon Yûsifî Gharawî, l’historien contemporain, cette manière de l’enterrement a été due à la demande de la Dame Fâtima (sa) elle même, puisque selon les rapports historique, Fâtima (sa) ne souhaitait pas que ceux qui lui avaient causé du mal, soient présents lors de ses funérailles et de son enterrement.

Les sources et les arguments des chiites

Selon un hadith de l’Imam Al-Kazim (as), Fâtima (sa) est nommée Siddiqa Shahîda (La véridique martyre); les chiites se basant sur ce hadith pour appeler la Dame Fâtima (sa), martyre. L’historien Tabarî rapporte également un hadith de l’Imam Sâdiq (as) dans son livre Dalâ’il al-Imâma, dans lequel la raison de la mort de la Dame revient au fait l’avortement de son enfant suite aux coups qu’elle aurait pris. Selon ces rapports, celui qui a attaqué la Dame et lui a donné des coup, était un homme de main de ‘Umar, nommé Qunfuz. Selon un passage de Nahj al-Balâgha, l’Imam Ali (as) a parlé du fait que le peuple s’était rassemblé autour de Fâtima (sa) pour l’oppression qu’elle avait subie.

Mîrzâ Jawâd Tabrîzî, un des célèbres savants chiites contemporains prend le contenu des paroles de l’Imam Ali (as) lors de l’enterrement de Fâtima (sa), mais aussi les deux hadiths imamites mentionnés plus haut, ainsi que le fait que le lieu de la tombe de la Dâme est inconnu, et que celle-ci soit enterrée dans la nuit, comme des preuves du martyre de la Dame Fâtima (sa).

Les sources

Dans le livre appelé Hujûm (attaque), écrit par ‘Abd al-Zahrâ Mahdi, un auteur contemporain, 260 hadiths et rapports historiques, rapportés par 150 rapporteurs de hadiths chiites, sont rassemblés. Chacun de ces hadiths, mentionne une partie des événements, et font argument pour le martyre de la Dame Fâtima (sa). Ce sont comme : l’événement de l’attaque à sa maison; l’avortement de son enfant; le gifle et le fouet qu’on lui a donnés . La source la plus ancienne utilisée par les auteurs chiites à ce sujet, est le Kitâb Sulaym b. Qays (m. 90 h.l.; 7ème – 8ème siècle). Selon le Shaykh Tûsî (m.460 h.l.; 11ème-12ème siècle) dans le livre Talkhis al-Shâfî les chiites sont unanimes sur le fait que ‘Umar à frappé au ventre enceinte de Fâtima (sa) pour causer son avortement et nombreux sont les hadiths chiites à ce sujet.


Source: wikishia

www.shafaqna.com

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