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SHAFAQNA – Le Devoir : Plusieurs manifestants ne portaient d’ailleurs aucun signe religieux distinctif. De 5000 à 6000 personnes s’étaient déplacées pour participer à cette manifestation organisée par le Collectif canadien anti-islamophobie, dirigé par l’imam montréalais Adil Charkaoui.
Les représentants du groupe Solidarité sans frontières avançaient d’ailleurs que le projet de loi du gouvernement Legault sur le port de symboles religieux visait spécifiquement les femmes musulmanes.
L’imam Charkaoui avait fait venir deux survivants de l’attentat à la mosquée de Québec pour parler à la foule. L’un d’eux, Aymen Derbali, est resté tétraplégique après cet attentat.
« Au lieu de se pencher sur ces problèmes-là [qui ont mené à l’attentat de la mosquée] », qui deviennent des problèmes de société et qui risquent de devenir un fléau, ils décident de faire une loi qui opprime les droits des femmes de porter leur voile et de travailler avec leur voile en ayant ces convictions religieuses. Peu importe quel signe religieux, mais on s’entend que cela cible principalement les femmes musulmanes », a-t-il dit. Un autre survivant de la tuerie, Saïd El-Amari, a raconté que sa petite fille avait été exclue de l’école pour une journée parce qu’elle portait le voile.
Pour Aicha Battai, qui travaille comme infirmière auxiliaire dans un CHSLD à Repentigny et qui participait à la manifestation, il ne serait pas question d’aller travailler sans son voile. Elle bénéficierait cependant de la clause de droits acquis, qui permettrait aux personnes qui portent déjà des signes religieux de continuer à les porter.

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Priorités
Shauna Fine, enseignante en maternelle dans une école publique, a recommencé à porter son étoile de David, qui l’identifie à la communauté juive, depuis qu’a repris le débat sur la laïcité. « Dans ma classe, il y a des enfants de différentes communautés, dit-elle. Il faut que les enseignants soient représentatifs des enfants qui sont dans leur classe. » Elle précise que plusieurs femmes voilées qui s’exprimaient durant la manifestation sont très éduquées et parlent un excellent français. « Et nous vivons une pénurie d’enseignants », dit-elle.
Pour Taran Singh, membre de la communauté sikhe qui vit au Québec depuis 32 ans, les dossiers plus urgents ne manquent pourtant pas pour le gouvernement québécois, alors que les garçons québécois peinent à finir leur secondaire et que les files d’attente s’allongent dans les urgences des hôpitaux.
Mais c’est sur le thème de la liberté que la manifestation s’est essentiellement déroulée. Certains slogans avaient des échos résolument féministes : « Bikini, leggings, voile ou burqa, c’est mon choix », disait une pancarte. « Empowered women empower girls », disait une autre. « Jugez mes compétences, pas mon apparence », par exemple, ou « peu importe ce qu’il y a sur votre tête, l’important, c’est ce qu’il y a dedans ».
Plusieurs ont souligné que le gouvernement Legault sait très bien que sa loi 21 contrevient aux Chartes des droits et libertés québécoise et canadienne, puisqu’il évoque déjà la disposition de dérogation pour pouvoir l’appliquer.

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