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SHAFAQNA – AFP : « L’une des réponses à la crise que nous vivons – “l’Europe n’est pas exempte de cette grande crise morale” – trouvera sa solution pour partie dans le dialogue entre les religions », a notamment estimé Emmanuel Macron lors d’une rencontre avec le pape orthodoxe copte Tawadros II au Caire.

Par ailleurs, le chef de l’État français a assuré que le rôle de la France dans la région était d’agir « encore davantage pour accompagner l’ensemble des chrétiens d’Orient ». « Sur ce point, j’ai décidé qu’une nouvelle conférence se tiendrait à Paris pour voir comment agir plus efficacement », a-t-il déclaré sans autre précision. Selon une source diplomatique, il s’agira d’une conférence sur les minorités religieuses d’Orient.

Coptes et musulmans

Emmanuel Macron s’est ensuite rendu à l’église Saint-Pierre et Saint-Paul, cible d’un attentat anti-copte en décembre 2016 qui avait fait 29 morts. Cet attentat-suicide avait été revendiqué par le groupe État islamique (EI). Depuis fin 2016, les attentats anti-coptes se sont multipliés, tuant plus d’une centaine de personnes.
Les Coptes représentent la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, avec environ 10 % des quelque 100 millions d’habitants en Égypte.
Peu après, le président français a rendu visite à Ahmed al-Tayeb, le grand imam de l’institution sunnite d’Al-Azhar. Les deux hommes n’ont fait aucune déclaration publique. Mais, selon la présidence française, ils ont échangé sur « la place de l’islam dans le monde et plus particulièrement en France ».

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« Ils ont particulièrement insisté sur la formation des imams en France et le combat contre une vision dévoyée de la religion », selon la même source. Ces discussions interviennent au moment où, en France, le président, qui a reçu début janvier la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), souhaite une modification de la loi de 1905 de séparation des Églises et de l’État, notamment pour mieux encadrer l’islam en France. Emmanuel Macron a ensuite déjeuné avec des membres de la société civile égyptienne « actifs dans les domaines de la protection judiciaire des détenus, la liberté de la presse, l’égalité femmes-hommes et la défense des enfants », a indiqué à la presse la présidence française. « Ils lui ont fait part de leurs inquiétudes sur l’évolution de la situation en Égypte et l’ont remercié pour les messages passés dans le cadre de sa visite », selon la même source.
Duel Macron-al-Sissi
Lors d’une conférence de presse au Caire, Emmanuel Macron et son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi ont exprimé leurs désaccords sur la question particulièrement sensible des droits humains. « La stabilité et la paix durable vont de pair avec le respect des libertés de chacun », a notamment estimé le chef de l’État français au cours de la conférence de presse. Le président Sissi a alors rétorqué : « Nous ne sommes pas comme l’Europe ou comme l’Amérique […], on ne peut pas imposer à toutes les sociétés un seul chemin ».
Selon l’Élysée, les personnalités de la société civile rencontrées mardi 29 , dont les noms n’ont pas été publiés, ont demandé au président Macron de « poursuivre une pression continue après la visite ». 

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