L’urgence de la justice et de la fin de l’occupation de Jénine à Jérusalem

by Pey Bahman Z
Jénine , Jérusalem, Israël, Palestine

SHAFAQNA – C’est donc contre des Israéliens, ce vendredi 27 janvier, que la violence s’est abattue, contre des colons de la colonie Neve Yakov dans Jérusalem-Est illégalement annexée et colonisée, causant 7 morts, 7 morts de trop. Le jeune Palestinien de Jérusalem-Est qui avait tiré contre les habitants a lui-même été tué par les forces israéliennes. Selon des sources locales, il portait le nom de son grand-père, assassiné en 1998 à l’arme blanche par un colon juif qui n’a jamais été arrêté.

Comme toute actualité, cet événement doit être replacé dans son contexte

Ce contexte, c’est d’abord celui de Jérusalem.

Depuis des mois les quartiers palestiniens y subissent un harcèlement systématique : bouclages, intrusions extrêmement violentes, arrestations arbitraires de jeunes et d’enfants, démolition de maisons, assassinats, attaques de colons, destruction de cimetières, tel est le quotidien des Palestiniens à Jérusalem.

Ce sont des provocations incessantes, que ce soit sur l’Esplanade des Mosquées par le ministre Ben-Gvir, des délégations de policiers, ou par des groupes fanatisés de colons qui paradent dans la vieille ville de Jérusalem, colons souvent d’ailleurs originaires de la colonie de Neve Yakov.

Et ce vendredi, c’est un jeune de 16 ans originaire du quartier de Silwan qui a succombé aux blessures infligées deux jours auparavant par l’armée d’occupation.

Ce contexte, c’est aussi celui d’une guerre généralisée menée depuis le début de l’année par l’armée israélienne et par les colons contre la population palestinienne.

Ce qui s’est passé à Jénine, le jeudi 26 janvier, est d’une exceptionnelle gravité. Au petit matin, l’armée d’occupation a pénétré dans le camp de réfugiés avec blindés, tireurs d’élite, bulldozers. Des scènes de guerre, des voitures renversées, et la mort distribuée au hasard, une femme de 61 ans a reçu une balle alors qu’elle était chez elle et deux enfants sont morts.

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Une maison de résistants a été bombardée alors qu’ils étaient à l’intérieur : ils ont péri brûlés vifs. Un club social et sportif a été détruit par un bulldozer. Des générateurs d’électricité ont été détruits privant la population d’électricité et d’Internet. L’hôpital lui-même n’a pas été épargné, et l’armée israélienne a empêché de venir au secours des blessés, laissant se vider de son sang l’enfant Abdullah Marwan Juma’s Musa, atteint en pleine poitrine.

Au bout du compte, au moins 9 morts, 29 blessés, des quartiers du camp dévastés : toute une population soumise à la terreur et à des punitions collectives à répétition. Le nombre des victimes, le plus important en une journée depuis 20 ans, a cette fois attiré l’attention de la communauté internationale.

L’année 2022 a été l’une des plus meurtrières depuis 2005, avec le meurtre de 192 Palestiniens dont 44 enfants et 7 femmes par les forces d’occupation israéliennes et les colons. L’année 2023 s’annonce bien pire avec, au soir du 27 janvier, 34 Palestiniens assassinés par l’armée d’occupation dont des enfants.

Partout, en Palestine occupée, la population palestinienne a été – et est en ce moment-même, victime des exactions de l’armée d’occupation et des colons israéliens.

Après l’attaque subie par les colons israéliens de la colonie de Neve Yakov, il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que la diplomatie française « condamne avec la plus grande fermeté l’effroyable attaque terroriste ». Le massacre de Jénine n’avait suscité qu’une « vive préoccupation face au risque d’escalade » et un appel à « la retenue des deux parties ». Un deux poids deux mesures incompréhensible. Le terrorisme d’État ne serait donc ni effroyable ni condamnable ?

Israël annonce des « mesures très fermes » dont on connait déjà la nature. Elles viendront s’ajouter à l’installation de nouvelles colonies, au bouclage de la population, à la poursuite du nettoyage ethnique dans les collines du sud d’Hébron, des destructions de maisons et l’assassinats de Palestiniens toujours plus nombreux, entrainant toujours plus de frustration et de malheur. L’urgence est aujourd’hui à la protection du peuple palestinien, et nous demandons à la France de s’y engager résolument et activement.

L’AFPS n’a de cesse de le dire et de le répéter, il ne peut y avoir de paix sans justice. La justice passe par la fin de l’occupation et du régime d’apartheid israélien. C’est ce à quoi la communauté internationale doit œuvrer dans l’intérêt d’Israël comme du peuple palestinien.

 

Source: Oumma

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