PARTAGER

SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre En attendant le Mahdi (‘aj) par Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

Le Premier devoir [ de croyants en attendant le Mahdi (‘aj) ]

L’un des plus importants devoir des croyants vis-à-vis de l’Imam al-Zamân (l’Imam du Temps) -qu’Allah hâte son Issue – c’est de rechercher à le connaître et le reconnaître à travers des preuves instrumentales et rationnelles. Il est évident en effet que nous devons tous connaître les traits caractéristiques et les particularités de l’Imam qui fait autorité (auquel nous avons l’obligation d’obéir) pour qu’il n’y ait pas méprise ou confusion et que l’on ne suive pas comme Imam quelqu’un qui ne l’est pas.

Il y a de nombreux hadiths qui mettent en avant l’obligation de connaître l’Imam. Le plus célèbre d’entre ces hadith est celui rapporté du Prophète (P): «Quiconque meurt sans avoir connu l’Imam de son époque, mourra en jâhilite (polythéiste obscurantiste)».(1)

L’Imam al-Hassan al-‘Askari (p), citant ses prédécesseurs, dit: «La terre ne sera jamais dépourvue d’une «Preuve» (Hujjah) d’Allah auprès de Sa créature et ce jusqu’au Jour de la Résurrection. Quiconque meurt donc sans connaître l’Imam de son époque mourra en jâhilite». Et l’Imam d’ajouter: «C’est une vérité évidente, tout comme le jour est évident». Lorsqu’on lui demanda: – Qui est l’Imam et la Preuve après toi? Il (p) répondit: – C’est mon fils Mohammad qui sera l’Imam et la Preuve après moi. Par conséquent quiconque mourra sans l’avoir connu, mourra en jâhilite».(2)

Il est clair que ce qu’entendent les Imams (p) par «la connaissance obligatoire de l’Imam de l’époque», c’est en avoir une connaissance suffisante pour les guider vers leur félicité dans le monde ici-bas et dans l’au-delà, et pour les éloigner de la voie de l’égarement et des doutes. Cette connaissance est de deux sortes:

1- La connaissance de la personnalité de l’Imam (p).

2- La Connaissance de la personne de l’Imam (p).

Pour accéder à cette connaissance il est nécessaire évidemment de consulter les uléma et leurs écrits sur ce sujet (3).

Mais schématiquement parlant, on peut accéder à la connaissance de la personnalité de l’Imam al-Mahdî par la connaissance des qualificatifs et des traits caractéristiques de l’Imamah et de tout Imam en général. Et lorsqu’on aura connu ainsi ces nobles traits propres à l’Imamah et à tous les Imams, on connaîtra par là-même la personnalité de l’Imam de l’Époque, car les 14 Infaillibles (4), dont le premier, celui du milieu et le dernier s’appellent tous les trois Mohammad, sont issus d’une même et seule lumière.

À lire aussi: L’Imam al-Mahdi (a.s.): Lorsque mes chiites ont besoin de moi, qu’ils m’appellent!

Il faut donc connaître d’une part, les mérites et les vertus communs à tous les Imams, et d’autre part les mérites et les vertus propres à l’Imam al-Mahdî (‘aj), afin de pouvoir connaître et cerner la personnalité de ce dernier.

Quant à la connaissance de la personne de l’Imam al-Mahdî (‘aj), elle s’acquiert par la connaissance précise de son prénom, de son nom, de ses surnoms et de sa généalogie, ainsi que de ses qualificatifs, ses traits caractéristiques, ses mérites et ses vertus, sans oublier surtout tous les traits circonstanciels de temps et de lieu qui lui sont liés et dont nous mentionnerons parfois un maximum et parfois un minimum de détails, selon les exigences de notre exposé.

Ainsi, ci-après on peut connaître le minimum requis des détails relatifs à l’Imamah et à l’Imam en général à travers le hadith suivant de l’Imam al-Sâdiq (p): «La moindre chose que l’on doit connaître de l’Imam, est qu’il est pareil au Prophète, sauf qu’il n’est pas prophète, qu’il est son héritier, que lui obéir équivaut à l’obéissance à Allah et à Son Prophète, qu’il faut se remettre et se référer à lui dans toute affaire, et s’en tenir toujours à ce qu’il dit. On doit savoir également que l’Imam après le Messager d’Allah, c’est ‘Ali ibn Abî Tâlib, et après lui al-Hassan, puis al-Hussain, puis ‘Ali ibn (fils de) al-Hussain, puis Mohammad ibn ‘Ali, puis moi, et après moi, mon fils Mûssâ (Mûssâ ibn Ja’far, dit al-Kâdhim), et après lui, son fils ‘Ali (‘Ali ibn Mûssâ, dit al-Redhâ), suivi de son fils Mohammad (Mohammad ibn ‘Ali, dit al-Taqî), suivi de son fils ‘Ali (‘Ali ibn Mohammad, dit al-Naqî), suivi de son fils al-Hassan (al-Hassan ibn ‘Ali, dit al-‘Askarî), suivi d’al-Hujjah, un fils d’al-Hassan (Mohammad ibn al-Hassan, al-Hujjah)».(5)

Concernant la connaissance des détails de la personne de l’Imam al-Mahdî, on doit savoir ceci:

Son prénom est celui du Messager d’Allah (P), son nom également. Son surnom est al-Mahdî. Il y a sur sa joue droite un beau grain de beauté noir. Il est jeune, de taille moyenne, le nez aquilin.(voir note en bas pour plus de détails sur la description physionomique et physique de l’Imam al-Mahdi-aj) (6)

Quant à la connaissance de ses particularités circonstancielles de temps et de lieu, ainsi que la connaissance de ses actes et paroles, on peut se référer aux hadiths qui indiquent que l’Imam Résurrecteur (Qâ’im) aura cinq signes obligatoires dont : sa réapparition aura lieu après que la terre aura été remplie d’injustice et d’oppression; lorsqu’on aura entendu les deux Appels; après l’apparition d’une main sur la lune; l’apparition du rocher et du bâton de Moise sur sa main, etc. comme nous allons le voir en détails plus loin.

Il y a bien d’autres signes que l’on peut connaître en consultant les ouvrages spécialisés (7).

Le Deuxième devoir (annexe du 1e devoir)

Cette obligation consiste à demander à Allah, par le du’â’ de nous faire connaître l’Imam al-Mahdî (‘aj), car l’acquisition de cette connaissance dépend uniquement d’Allah et n’est pas de la compétence de l’homme. Celui-ci ne saurait l’obtenir uniquement par ses propres efforts et sa volonté, mais c’est une lumière qu’Allah projette dans le coeur de qui Il veut.

En effet, Mohammad ibn Hakîm rapporte: «J’ai demandé à Abî Abdullah (l’Imam al-Sâdiq): – De qui vient la connaissance? – Elle vient d’Allah. Les serviteurs n’y sont pour rien, m’a-t-il répondu».

À lire aussi: Les convictions d’Ibn Arabî sur l’Imam du Temps, Imam Mahdi (aj)

Donc pour parvenir à la connaissance de l’Imam al-Mahdî, il est nécessaire de pratiquer continuellement le du’â’, et notamment le du’â’ mentionné dans le troisième devoir :

Allâhumma ‘arrifnî nafsaka fa-innaka in lam tu’arrifnî nafsaka lam a’rif rasûlak-a

Allâhumma ‘arrifnî rasûlaka fa-innaka in lam tu’arrifnî rasûlaka lam a’rif hujjatak-a

Allâhumma ‘arrifnî hujjataka fa-innaka in lam tu’arrifnî hujjataka dhalaltu ‘an dînî 

Le Troisième devoir (annexe 2 du 1e devoir)

Il est du devoir des croyants de réciter les du’â’ prescrits par les Imams d’Ahl-ul-Bayt (p), pour qu’Allah leur inspire la connaissance de l’Imam al-Mahdî (p).

Le plus important de ces du’â’ nous semble celui recommandé par l’Imam al-Sâdiq (p), selon son compagnon Zurârah qui rapporte: «Lorsque j’ai entendu Abi Abdullah (al-Sâdiq) dire un jour: – “Al-Qâ’im (le Résurrecteur) fera une occultation avant sa résurrection”, je lui ai demandé, – Et pourquoi (cette Occultation)? Il dit «il a peur», en pointant sa main vers son ventre avant d’ajouter. – Ô Zurârah! C’est lui l’Attendu et c’est lui dont on doutera de la naissance: les uns diront que son père est mort sans laisser de successeur, d’autres diront que sa mère était enceinte, d’autres encore affirmeront qu’il s’est occulté, d’autres diront qu’il était né des années avant le décès de son père, et c’est lui l’Attendu. En fait Allah veut éprouver les coeurs des Chiites. Et c’est là que les faux croyants seront sceptiques, ô Zurârah!» Zurârah ajoute: J’ai demandé alors: – Que je sois sacrifié pour toi! Si je vivais jusqu’à cette époque, que devrais-je faire? L’Imam a répondu: – Quand tu attraperais cette époque-là, accomplis le du’â’ suivant:

Allâhumma ‘arrifnî nafsaka fa-innaka in lam tu’arrifnî nafsaka lam a’rif rasûlak-a

Allâhumma ‘arrifnî rasûlaka fa-innaka in lam tu’arrifnî rasûlaka lam a’rif hujjatak-a

Allâhumma ‘arrifnî hujjataka fa-innaka in lam tu’arrifnî hujjataka dhalaltu ‘an dînî

(O mon Dieu! Fais-moi Te connaître, car si Tu ne me fais pas Te connaître, je ne connaîtrais pas Ton Prophète!

(O mon Dieu! Fais-moi connaître Ton Messager, car si Tu ne me fais pas connaître Ton Messager, je ne connaîtrais pas Ta Preuve!

(O mon Dieu! Fais-moi connaître Ta Preuve, car si Tu ne me fais pas connaître Ta Preuve, je dévierai de ma Religion!)».(8)

Notes :

(1) Mu’jam Rijâl al-Hadîth, hadith 14, p. 206; Mustadrak Safînat al-Bihâr, tome 2, p. 147

(2) Kamal al-Dîn wa Tamâm al-Ni’mah, p. 409, hadith 9; Kifâyat al-Athar, p. 296

(3) Voir notamment: Al-Ghaybah d’al-No’mânî; Al-Ghaybah d’al-Tûcî; Al-Najm al-Thâqib d’al-Tabarsî al-Nûrî; Kamâl al-Dîn d’al-Sadûq; Bihhâr al-Anwâr (Kitâb al-Imâmah et Kitâb al-Mahdî al-Maw’ûd); Al-Kâfî, tomes 1 et 2.

(4) Les 14 Infaillibles sont le Messager d’Allah (P), Mohammad ibn ‘Abdullah, sa fille Fâtimah (p), son époux l’Imam Ali ibn Abi Tâlib (p) et leurs 11 descendants qui forment avec l’Imam Ali les 12 Imams d’Ahl-ul-Bayt (p). La liste des 14 Infaillible s’établit ainsi 1-Le Prophète Mohammad ibn Abdullah, 2- Fatimah al-Zahrâ’, 3-L’Imam ‘Ali Ibn Abi Tâlib, 4-L’Imam al-Hassan ibn ‘Ali, 5-L’Imam Hussain ibn ‘Ali, 6-L’Imam Ali ibn al-Hussain, 7-L’Imam Mohammad ibn Ali, 8-L’Imam Ja’far ibn Mohammad, 9-L’Imam Mûssâ ibn Ja’far, 10-L’Imam ‘Ali ibn Mûssâ, 11-L’Imam Mohammad ibn ‘Ali, 12- L’Imam Ali ibn Mohammad, 13- L’Imam al-Hassan ibn ‘Ali, 14-L’Imam Mohammad ibn al-Hassan, al-Hujjah al-Mahdî)

(5) Al-Bihâr, tome 2, p. 54, hadith 34, et tome 36, p. 406, hadith 16

(6) “Un autre témoignage présente un intérêt particulier puisqu’on y trouve un description physique assez détaillée du douzième imâm-enfant; on le doit à Ya’qûb ibn Manqûsh (disciple des 10e et 11e imâms; cf al-Tûsî, Risjâl, p. 49, no 5 et p. 437, no 5; al-Ardabîlî, Jâmû’ al-ruwât, II/ 349). Se trouvant une fois chez al-Hasan al-‘Askarî, Yâqûb le questionne au sujet de l’identité du Mahdî. Sort alors d’une chambre dont l’entrée était cachée par un voile, «un petit garçon mesurant cinq empans (ghulâmun khamâsiyy), paraissant avoir huit ou dix ans, au front large (dih al-jabîr), au teint clair (abyad al-wajh), au blanc des yeux éclatant (darriy al-muqlatayn), portant un grain de beauté sur la joue droite (fî khaddihi al-ayman khâl) et une touffe de cheveux au sommet de la tête (fî ra’sihi dhu’âba)». Il vient s’asseoir sur les genoux de son père qui le présente comme étant le Mahdî. Le père s’adresse ensuite au fils: «Rentre mon enfant jusqu’au Moment Déterminé (al-waqt al-ma’lûm)». L’enfant rentre dans la chambre. Ya’qûb, à la demande de son maître, y rentre également mais n’y trouve personne; cf. Kamâl al-dîn, II/ 407.

Au sujet de la physionomie du jeune Mahdî, il est dit qu’il ressemble à tout point de vue, à Jésus (cf. Par exemple al-Nu’mânî, Kitab al-ghayba, bâb 10, no, p. 211 qui rapporte d’autre tradition, moins détaillées, sur la description du Mahdî, bâb 13, pp 310ss); selon certaines traditions (wâqifites?) (L’imâm) Ja’far en aurait dit autant de Mûsâ, cf. Shahrastâni, op., cit., p. 494)(Voir “Le Guide divin dans le Shi’isme originel” de M. A.A MOEZZI, éd. Verdier, pp. 270-271.)

(7) Voir: Al-Ghaybah d’al-No’mânî; Al-Ghaybah d’al-Tûcî; Al-Najm al-Thâqib d’al-Tabarsî al-Nûrî; Kamâl al-Dîn d’al-Sadûq; Bihhâr al-Anwâr (Kitâb al-Imâmah et Kitâb al-Mahdî al-Maw’ûd); Al-Kâfî, tomes 1 et 2.

(8) Al-Ghaybah d’al-No’mânî, p. 166, hadith 6

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here