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SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie d’un sermon du vendredi par feu l’ayatollah Fadlallah de la mosquée de al-Imamayn al-Hassanayn à Haret Hreik, 26 shawwâl 1427 / 17 novembre 2006:

Une école islamique scientifique universelle 

Dieu, le Très Haut a dit dans son Noble Livre : ((Dieu ne veut qu’écarter de vous la souillure, ô Gens de la Famille et vous purifier totalement)) (Coran XXXIII, 33). Parmi les Gens de la Famille (p) et leurs Imâms, on compte l’Imâm Ja’far Ibn Muhammad as-Sâdiq (p) dont nous avons célébré l’anniversaire de sa mort le 25 shawwâl. Parler de cet Imâm (p), c’est parler de l’école islamique scientifique rationnelle et objective dans le sens le plus large, école qui a englobé tous les savants de la Nation de cette époque où l’Imâm (p) s’activait dans l’appel à l’Islam, dans l’éducation des gens par la vraie culture islamique, dans l’assainissement des concepts qui ont subie des déformations par ci par là et dans direction de la société musulmane vers la voie morale dont tous les points aient été explorés par l’Imâm (p) et expliqués aux gens.

Il y a eu, à ce propos, les profondes paroles de l’Imâm as-Sâdiq (p) sur les aspects philosophiques de l’Islam centrés sur les assises culturelles et doctrinales de cette philosophie musulmane. L’Imâm (p) enseignait aux gens la manière d’adopter la logique de la raison et de ne pas reculer devant l’impact de l’affectivité, car celle-ci ne suit pas des règles précises, dans la mesure où elle peut suivre la passion et les désirs ainsi que les alias des événements qui surgissent ici et là. Quant à la raison, elle possède des règles, des équations et des profondeurs. Dieu, le Très-Haut, a fait de la raison une preuve entre Lui et Ses créatures. Il a appelé les gens à la prendre comme guide car elle représente une énergie sainte dans la constitution de l’homme. Les Traditions nous enseignent que c’est la raison qui reçoit les directives de Dieu pour leur demander de les respecter. C’est elle qui reçoit les ordres de Dieu demandant aux hommes d’éviter les interdits. Le but étant de permettre à l’homme qui utilise la faculté de la raison de s’élever et d’obtenir la rétribution pour ses actions.

L’Imâm du dialogue

L’Imâm as-Sâdiq (p) a centré son effort sur le dialogue. Il a considéré qu’aucune chose sacrée n’est hors de la portée du dialogue. Il ne dialoguait, que sur la base des arguments et des démonstrations, avec ceux qui ne s’accordaient pas avec ses vues dans le domaine doctrinal et jurisprudentiel. Il dialoguait avec ceux qui, comme les hérétiques et les athées, ne s’accordaient pas avec ses vues dans le domaine de la religion. Sa raison était assez large pour écouter leurs arguments spécieux et pour parer à leur doute. Son cœur s’ouvrait à tous les moyens leur permettant d’user de la liberté de dire, sans réserve, tout ce qu’ils pensaient, même en utilisant des mots qui pouvaient paraître préjudiciaux. Il voulait que ses interlocuteurs disent tout ce dont ils pensaient, pour discuter avec eux et les convaincre par la force de la preuve et de la démonstration.

En nous penchant sur l’histoire de l’Imâm as-Sâdiq (p), nous trouvons qu’il s’installait à la Mosquée Sacrée pour recevoir ses disciples alors que les gens priaient et faisaient leurs tours autour de la Ka’ba. Il recevait également les hérétiques et les athées qui se moquaient des Musulmans qui se donnaient à leurs rites. L’un d’eux lui disait en se moquant : « Jusqu’à quand vous allez continuer à tourner [comme des bœufs qui écrasent une aire de battage ?]. L’Imâm (p) leur répondait avec rationalité, humainement et calmement, à la manière de son grand père, le Messager de Dieu (P), en usant de la bonne parole et de la manière la plus courtoise.

L’Imâm as-Sâdiq (p) dialoguait avec tous ceux qui ne s’accordaient pas avec ses idées et ses opinions. Il était le précurseur du dialogue. Tous ceux qui appellent à Dieu doivent suivre son exemple dans ce domaine, car ceux-là, surtout s’ils sont des Imâms, ne doivent pas être complexés vis-à-vis de l’autre opinion. Ils doivent chercher à attirer l’autre par la sagesse, la belle exhortation et la discussion de la manière la plus courtoise. A ce propos, l’un de ceux qui se rassemblaient autour de l’Imâm (p) a dit : « Je n’ai jamais vu quelqu’un qui mériterait la nomenclature d’homme autre que Ja’far Ibn Muhammad », car son humanité était celle de la raison et du cœur ouvert à tous les hommes. Son humanité était celle de la pensée et de la vie.

L’Imâm de la science et des savants

L’Imâm as-Sâdiq (p) était l’enseignant de cette époque. Les savants de toutes les écoles jurisprudentielles se référaient à lui pour apprendre. On compte, parmi ses disciples, Abû Hanîfa, l’Imâm de l’école hanafite qui a suivi ses cours pendant deux années entières. Il disait, parlant de lui-même : « S’il n’y avait pas les deux années, an-Nu’mân aurait péri », c’est-à-dire aurait été égaré. Car il a appris de l’Imâm as-Sâdiq (p) les différentes sciences durant ces deux années, même s’il ne suivait pas la voie jurisprudentielle de l’Imâm (p). A ce sujet, Abû Hanîfa donne le témoignage suivant : « Le calife Abû Ja’far al-Mansûr m’a convoqué et m‘a dit : ‘Les gens sont fascinés par Ja’far Ibn Muhammad. Prépare-lui donc quelques-unes parmi les questions les plus sophistiquées pour prouver son incompétence. Je me suis donc rendu au palais où m’attendait une assemblée de savants dont l’Imâm Ja’far, et al-Mansûr m’a dit : ‘Pose tes questions à Abû ‘Abdullâh’. J’ai commencé à les poser et chaque fois, il me répondait : ‘Vous dites telle chose, nous disons telle chose et les jurisconsultes de Médine disent telle chose’. Il a ainsi répondu à toutes les questions montrant qu’il connaissait les vues de tous les jurisconsultes musulmans. Et Abû Hanîfa de conclure : « Ne disons-nous pas que le plus savant parmi les gens est celui qui connaît, le plus, leurs points de divergences ? ».

Un témoignage semblable est donné par un transmetteur qui a dit :

« Je suis entrée dans la mosquée de Kûfa et j’y ai trouvé neuf cent Cheikh (le mot cheikh signifie le professeur qui donne des cours à ses élèves) qui, tous, disaient : ‘ Je tiens de Ja’far Ibn Muhammad as-Sâdiq…’ ». C’est qu’il était l’enseignant de cette époque. Il était l’enseignant de ceux qui s’accordaient avec lui aussi bien que de ceux qui ne s’accordaient pas avec lui. Il représentait l’unité islamique sur le plan scientifique, au point qu’il accueillait les chefs de fil de toutes les écoles jurisprudentielles qui, confiants en lui, ils se référaient à lui dans toutes les questions. Les savants ont compté quatre mille transmetteurs qui ont transmettaient ses paroles.

Le summum de la dévotion et de la fidélité à Dieu

L’Imâm as-Sâdiq (p) occupait aussi le haut degré dans le domaine de la spiritualité dans sa dévotion et ses implorations qu’il adressait à Dieu. En lisant ses invocations et ses implorations, nous constatons qu’il était l’homme qui a aimé Dieu et que Dieu l’a aimé en échange. Qu’il était l’homme qui a été fidèle à Dieu  de tout son esprit, de toute sa raison et de toute sa vie. Il était ouvert aux autres avec lesquels il parlait, il conseillait et prêchait. Il demandait aux Chiites de connaître la religion pour ne pas être des ignorants qui ne connaissent rien de la religion. Il disait à ce propos : « J’aurai aimé que mes partisans soient fouettés sur leurs têtes jusqu’à ce qu’ils se mettent à apprendre la religion ». Il leur demandait de ne pas faire du tort aux autres, et surtout à ceux dont les opinions ne s’accordent pas avec les leurs. Il leur disait : « Il est très facile de porter les autres à être satisfaits de vous en ne les offensant pas par vos parole ». Ne maudissez ni n’insultez ceux dont la doctrine et l’opinion ne s’accordent pas avec les vôtres, car des tels désaccords exigent le dialogue et la discussion de la façon la plus courtoise. Dieu, le Très-Haut, nous a demandé de ne pas maudire et de ne pas insulter, car de tels agissements invoquent des ripostes du même genre : ((N’insultez pas ce qu’ils invoquent en place de Dieu, car ils insulteraient Dieu par représailles, sans en avoir connaissance. Ainsi, parons-nous à toute communauté ses actions)) (Coran VI, 108). 

Les Imâms (p) suivainnt la même voie qu’avait suivie ‘Alî (p) qui ne se souciait que de défendre les Musulmans. C’est lui qui a dit : « Je me soumettrai tant que les affaires des Musulmans seront respectées et tant que je serai le seul à être traité injustement ». Il disait à ses partisans : « Je déteste que vous les insultiez. Il vaut mieux et il est plus convaincant de parler de leurs mauvaises actions ou de dire : ‘Seigneur ! Epargne notre sang et le leur, fais que nous nous réconcilions et dirige-les pour les faire sortir de leur égarement… Cela est d’autant plus utile qu’il permet de faire connaître la vérité à ceux qui ne la connaissent pas, et d’inciter ceux qui optent pour l’injustice et l’agression à réviser leurs attitudes ».

Voilà ce qu’étaient les actes des Gens de la Famille (p), et leur voie morale. Ils voulaient attirer vers eux les gens pour leur proposer la sagesse et la belle exhortation. L’un des Imâms de la Famille Prophétique (p) a dit : « Faites vivre notre cause ; que Dieu englobe dans Sa miséricorde celui qui fait vivre notre cause ». En lui demandant si le fait de faire vivre leur cause consistait à se frapper les têtes avec des épées et les dos avec des chaînes, comme c’est le cas dans certaines commémorations, il a répondu : « Dites aux gens ce que nous disons, alors ils nous aimeront en ayant connaissance de nos bons caractères ». Et c’est justement ce que nous demandons à tous les prêcheurs et lecteurs du récit de Karbalâ’. Ils doivent proposer aux gens la vérité et non pas la légende.

Ce que l’Imâm as-Sâdiq (p) nous demande est d’insister sur l’unité islamique. En lui demandant au sujet de la manière avec laquelle ils doivent agir, en tant que Chiites, envers leurs tribus et les gens qu’ils fréquentent, il a répondu : « Assistez à leurs obsèques et visitez leurs malades. Ainsi les gens diront : ‘Que Dieu englobe dans Sa Miséricorde Ja’far Ibn Muhammad, car il a bien éduqué ses partisans’ ». L’Imâm (p) demandait aux Musulmans chiites de s’ouvrir vis-à-vis des Musulmans sunnites sans pour autant faire des concessions au détriment de leur doctrine et de leur voie jurisprudentielle. Il disait : « Abû Bakr est mon ancêtre par deux voies », puisqu’il était son arrière grand père maternel, mais cela ne signifie pas qu’il reconnaissait son califat qui était du droit de ‘Alî (p). Il voulait ainsi inciter les gens à s’attacher à l’aspect humain et moral de la question.

La reconnaissance de l’Autorité des Gens de la Famille (p) fait partie de notre message et de notre ligne islamique. Ce sont eux qui ont été purifiés par Dieu. Ce sont eux qui incarnent le Message et le protègent du fait qu’ils sont les mandataires du Messager de Dieu (P). Que les bénédictions de Dieu et Son salut soient sur l’Imâms as-Sâdiq (p), sur ses pères et ses descendants, le jour où il est né, le jour où il est mort et le Jour où, vivant, il sera ressuscité.

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