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SHAFAQNA – Ce qui suit est une partie du livre “La femme en Islam” de feu Ayatullah Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah.

 

LES QUESTIONS PERSONNELLES DE LA VIE CONJUGALE

Il est nécessaire, tout d’abord, d’évoquer un point présent au niveau de tous le rapports humains. A savoir que chacune des parties de la relation humaine doit comprendre que l’autre possède, comme nous, une sphère personnelle qu’il ne faut pas envahir ou violer.

Il est donc nécessaire pour chacun de ne pas chercher à supprimer la sphère personnelle de l’autre, dans le but de s’approprier sa liberté de bien s’installer dans sa propre sphère personnelle.

Il est naturel qu’en dehors de la vie conjugale, le mari continue à entretenir des relations avec ses parents et ses amis anciens et nouveaux. Il est naturel aussi que la femme continue à entretenir ce même genre de relations. C’est que la personnalité de chacun d’eux et les différences de leurs statuts sociaux et de leurs relations peuvent être à l’origine d’une particularité différente pour chacun d’eux. Les différences peuvent aussi être présentes au niveau de la culture. L’un peut avoir une culture scientifique et l’autre littéraire. Il n’est pas possible, dans ce cas, que l’un d’eux impose sa culture à l’autre en lui supprimant sa propre culture. Sur cette base, il est naturel que, dans certaines phases de sa vie conjugale, le mari se voit prisonnier de ses propres particularités au point que cela donne naissance à une attitude négative vis-à-vis de sa femme, et ce en raison de certaines failles dans les relations de ses parents avec sa femme, ou en raison de certaines failles dans les relations de sa femme avec ses amis… Et il en est de même pour ce qui est de la femme.

 

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Les deux parties doivent donc tracer des limites et des frontières fixes entre les sphères personnelles de chacune d’elles, et ce dans le but d’éviter que l’une ne pèse sur l’autre dans ce domaine. Ils doivent, dans le cas où la vie conjugale l’exige, sacrifier certaines de leurs sphères personnelles qu’il est possible de sacrifier si un tel sacrifice ne conduit pas à une situation plus difficile à supporter, comme lorsque la nécessité s’impose de renoncer à certaines amitiés ou à certaines relations occasionnelles sans importance capitale pour la vie conjugale.

Quant aux sphères personnelles qui revêtent une importance fondamentale, comme dans la relation du mari, ou de la femme, avec leurs parents, ou entre eux-mêmes, il est indispensable d’étudier toutes les situations afin de s’accorder sur les règles qui empêchent les questions personnelles de l’un de se transformer en un état d’agression sur celles de l’autre. Une telle étude ne peut se faire sans beaucoup de rigueur et de sagesse en raison des sensibilités particulières de certaines relations qui peuvent causer de l’embarras pour le mari ou pour la femme, comme c’est le cas de l’intervention des parents dans les affaires conjugales de leurs enfants. Une telle situation ne peut pas être étudiée dans ses détails et tout ce qui peut se faire est de fixer une ligne générale en vertu de laquelle le mari doit considérer que sa femme n’est pas la femme de tous ses proches parents. De son côté, la femme doit considérer que son mari est son mari à elle seule et, de ce fait, elle ne doit pas permettre à ses proches parents d’intervenir dans la vie de son mari, comme s’ils avaient un plein pouvoir sur lui. Et il en est de même pour le mari.

Le père peut avoir de l’autorité sur son fils. Mais cela ne lui donne pas le droit d’avoir de l’autorité sur la femme de son fils. Il peut avoir de l’autorité sur sa fille, mais cela ne veut pas dire que son autorité s’étend au mari de sa fille. Le mari et la femme sont deux personnes indépendantes de leurs parents respectifs et, de ce fait, il ne faut pas mélanger les choses.

Mais un peu de courtoisie, de la part du mari ou de la femme, peut parfois être nécessaire pour la protection de la sphère personnelle indispensable, à son tour, pour sauvegarder la sphère commune. Les deux époux doivent donc s’accorder et se comprendre mutuellement sur ces questions pour éviter l’intervention des éléments extérieurs qui pourraient saper, de l’intérieur, les fondements de la vie conjugale.

 

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