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SHAFAQNA – Le Parisien : Leur premier coup de force a eu lieu trois jours après la mort tragique de Karim, abattu le 7 mars dernier sur le plateau Rouher de Creil. Le dimanche suivant, plus de 1 000 personnes défilaient dans le calme, du centre-ville jusqu’au lieu du meurtre. Un hommage émouvant, sans débordement, à l’initiative d’une association qui n’était officiellement créée que depuis quelques jours : l’Union des mosquées creilloises (UMC).

Si des liens existaient déjà entre les différents lieux de culte de la ville, ce n’était en rien comparable. « Ce n’est pas un problème de religion mais de génération. Certains ont des fidèles plus jeunes, d’autres plus âgés. Chez nous, ce sont des jeunes-vieux », s’amuse Ahmed Mokhtari, président de l’UMC mais aussi de l’association qui gère la mosquée de la place Guynemer.
La spiritualité contre la délinquance
Quatre mosquées et salles de prières ont rejoint l’association. L’enjeu serait de taille. « Les Hauts-de-Creil ont connu une baisse de la délinquance dans les années 1990 grâce à un retour de la spiritualité », martèle Ahmed Mokhtari. L’idée serait que l’histoire se répète, alors que le quartier est confronté à un regain de violences ces dernières semaines.
D’ailleurs, la création de cette association était aussi une réponse à la préfecture de l’Oise. Cette dernière, à la demande du ministère de l’Intérieur, devait faire remonter « la voix de la grande majorité des musulmans », face aux « mouvements islamistes radicaux » minoritaires.
Pour y parvenir, l’UMC veut œuvrer pour le dialogue interreligieux ou encore retisser du lien avec les jeunes. « Nous avons l’avantage du terrain, certains nous font plus confiance que la mairie ou le système éducatif. » Sans pour autant croire aux miracles. « Nous n’avons pas de baguette magique. Notre approche est structurelle, nous travaillons pour les générations futures. »
«On aurait gagné du temps et de l’argent à se rassembler»
Mais l’objectif de l’UMC, c’est aussi d’enfin tendre vers une unité plus terre à terre. Car Creil compte pas moins de huit mosquées ou salles de prière. Pourquoi autant ? « Simplement car il y a une demande », précise Karim Tafkaoui, secrétaire de l’UMC et président de l’association de la mosquée Omar ibn al-Khattab, située au Plateau Rouher.
Toutefois, en 2003, la construction de la mosquée Essalam – « de la paix » en arabe – devait permettre de rassembler les milliers de fidèles des communautés locales en un seul lieu. Ce fut un échec. « Elle n’est pas assez grande, avance Ahmed Mokhtari, qui regrette le manque de concertation. Si on prend chaque terrain, chaque euro dépensé depuis des années, on aurait gagné du temps et de l’argent à se rassembler. »

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