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SHAFAQNA – via Raseef 22 | par Mohamed Yousry | traduit de l’arabe au français par SHAFAQNA : Il est dit anciennement que porter un jugement sur quelque chose dérive de sa conception. Il est dit aussi que l’homme est l’ennemi de ce qu’il ignore. Il suffit d’un regard sur la réalité du Moyen-Orient contemporain pour confirmer la véracité de ces deux règles. Entre les guerres sectaires et les conflits doctrinaires, les sociétés arabes ont été menacées de division, de polarisation et de malentendus.

De hauts murs ont été établis pour séparer les Chiites et les Sunnites, principalement à cause d’une incompréhension d’un certain nombre de termes et de pratiques chiites que les sunnites ne comprennent pas. Et la compréhension répandu et incorrecte de ces termes auprès des gens a contribué à l’intensification des conflits sectaires dans différents pays.

 

1) Mushaf Fatima (a.s)

Dans de nombreux cas, lorsque le terme «Mushaf Fatima» vient aux oreilles des Sunnites, la première des choses qui leur vient à l’esprit c’est que ce Mushaf est un autre Coran auquel les chiites croient et qui est différent du Saint Coran.

En réalité, il y a une grande différence entre Mushaf Fatima et le Coran, et la source de tumulte et de confusion est la mauvaise compréhension du terme Mushaf.

Selon le dictionnaire arabe “Lissâne al ‘Arabe” de son auteur Ibn Mandhour, le mot Mushaf en langue arabe signifie “un recueil où des écrits sont réunis entre deux couvertures”.

Et, par conséquent, de part cette définition, tout livre dans lequel sont réunis et compilés ses écrits les uns aux autres, est appelé Mushaf, ce qui ne se limite pas uniquement à la description du Coran.

Alors qu’est-ce que le Mushaf de Fatima ?

Kamâl al-Haydarï clarifie ce terme en expliquant ; qu’après la mort du Prophète, l’ange Gabriel est descendu à Fatima al-Zahra (a.s) pour la réconforter et lui présenter ses condoléances à l’occasion du décès de son père.

Il continua à descendre auprès d’elle pendant plusieurs nuits et chaque nuit il l’informa sur ses enfants et sur sa progéniture et de ce qui leur arrivera dans l’avenir. Ali ben Abi Tâlib (a.s) entendit ces conversations et les écrivit sur des feuilles, puis les rassembla, ce qui devint à la fin ce qu’on appelle Mushaf Fatima.

Les Imams chiites ont hérité de ce Mushaf jusqu’au 12ème Imam, qui selon les chiites sortira de son occultation à la fin des temps et avec lui ce Mushaf.

 

 

2) Les Husseiniats

Beaucoup de sunnites croient que les Husseiniats sont des mosquées réservées aux chiites, et que les chiites imamites y font leur prière.

En fait, ce n’est pas du tout cela : les Husseiniats ne sont que des endroits et des lieux de rencontres chiites, différents de leurs mosquées, plus proches des clubs sociaux et culturels.

“Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les chiites d’Irak ont commencé à construire les Husseiniats en tant qu’institutions culturelles religieuses pour l’établissement des rites et des rituels religieux, en particulier la commémoration du martyre de l’Imam Hussein (a.s) “Razâe Husseinï”, a déclaré le sociologue chiite Ibrahim al-Haidari dans son livre “La tragédie de Karbala”.

Ces clubs, qui peuvent recevoir des séminaires culturels ou rassembler des gens pour discuter des affaires publiques ou peuvent être utilisés pour consoler des personnes frappées par un deuil. Elles sont souvent construites près des mosquées, d’où la confusion parmi les non-chiites.

 

3) La terre Husseinite (Torbat Husseiniya)

Beaucoup de sunnites sont surpris par la manière de faire la prière des chiites imamites, en particulier sur la question de la prosternation sur un petit morceau de pierre. Les sunnites ne comprennent généralement pas cet acte, et le considèrent comme une sorte de manifestation de l’ancien paganisme.

Mais pourquoi les chiites se prosternent-ils sur cette pierre qu’ils appellent terre Husseinite ?

Les chiites croient que les musulmans à l’époque du Prophète (p.s.l), se prosternaient pendant leurs prières au sol même, et n’avaient pas le droit de mettre entre leurs fronts et le sol un obstacle.

Après l’assassinat de l’Imam Hussein à Karbala en 61, les chiites ont commencé à transformer une partie de la terre de Karbala en boue séchée par le soleil et à s’y prosterner, comme l’explique le cheikh Ahmed al-Wâïli : « C’est une terre pure qui a une grande valeur. Et, où a était représenté le plus merveilleux exemple de sacrifice et de rédemption.”

Malgré la valeur qu’a la terre Husseinite auprès des Chiites Imamites, se prosterner sur cette terre uniquement n’est pas ni une obligation dans la charia ni une imposition du courant chiite imamite, et il n’y a aucune différence entre elle et une autre terre dans l’admissibilité de se prosterner dessus lors des prières. Et ceci Selon ce qu’a écrit d’Abd al-Hussein al-Aminï dans son livre intitulé “Prosternation sur la terre Husseinite”.

 

4) Le troisième témoignage

Beaucoup de sunnites sont étonnés quand ils entendent l’adhân chiite, qui dit “Je témoigne qu’Ali est “Wali Allah”. Bien que cette phrase apparaisse dans de nombreuses sources chiites, les chiites ne la considèrent pas comme une exigence d’adhân ou d’al Iqama.

L’autorité de référence suprême, l’ayatollah Sistani, dit dans son traité de jurisprudence “Minhaj es-Salihine” : “Le témoignage à l’Imam Emir des croyants de son tutorat “wilaya”, dans l’adhân, est chez la plupart de nos érudits, complémentaire au deuxième témoignage du message “Rissalat” et surérogatoire en soi, même s’il ne fait pas partie intégrante de l’adhân.

 

5) Les sanctuaires chiites

Lors du précédent pèlerinage, certains médias ont rapporté que l’Iran avait décidé de rediriger ses pèlerins vers l’Irak pour faire le pèlerinage des sanctuaires, au lieu des deux saintes mosquées du Hedjaz, ce qui a provoqué une grande condamnation dans les cercles sunnites, malgré les dénégations des autorités iraniennes.

Ce ressentiment sunnite est dû à deux points, le premier est le manque de clarté de la signification du sanctuaire, et le second est de ne pas concevoir puis d’accepter la description de la sainteté de ces sanctuaires.

Quant au premier point, le religieux chiite Mohammad Sadeq al-Karbasï explique la signification étymologique du mot “Marqad” – qui signifie sanctuaire – dans son livre histoire des sanctuaires comme “le nom du lieu de celui qui dort, parce que le défunt est placé sur le côté dans sa tombe à la manière de celui qui dort”.

Et selon cette définition, l’utilisation du terme « sanctuaire » peut être utilisée pour désigner n’importe quelle tombe, qu’elle soit d’un chiite ou d’un sunnite.

Quant au second point qui concerne la sainteté, la raison est que ces sanctuaires contiennent les tombeaux des Imams, que les chiites Imamites croient qui sont immaculés et qui sont les intermédiaires entre Dieu et les hommes, en ce sens qu’ils ont une intercession auprès de Dieu, tout comme beaucoup de Sunnites croient que certains grands maîtres spirituels vertueux intercèdent auprès de Dieu.

 

6) Le mariage de jouissance ou temporel

L’une des différences jurisprudentielles les plus importantes entre les différents courants sunnites et le chiisme ja’farite est que les sunnites rejettent l’admissibilité du mariage temporel “mut’ah”, alors que les chiites le permettent et le considèrent comme un mariage conforme aux normes établies par la charia.

Les Sunnites avaient l’habitude de décrire les Chiites comme des enfants de jouissance engendrés du mariage de plaisir, pour rabaisser ce type de mariage, et faisant la similitude avec l’adultère et les relations sexuelles interdites.

La plupart des sunnites ne savent pas que les sources islamiques sunnites et chiites s’accordent à dire que le mariage “mut’ah” était autorisé au début de l’Islam et que beaucoup des compagnons du Prophète (p.s.l) le pratiquaient.

Quelle est la différence alors ?

Le défunt cheikh Ahmad al-Wâilï répond à cette question : « Alors que les sunnites prétendent que le précepte du mariage temporel a été abrogé et qu’il a été interdit après la bataille de Khaybar, les chiites n’approuvent pas l’abrogation de ce dernier, et donc il reste pour eux toujours valable. «

Ce qui signifie que le différend entre les deux parties, n’est seulement qu’un désaccord jurisprudentiel sur la question de l’abrogation du précepte sans plus, et ne nécessite pas autant d’hostilités et de querelles soulevées sur cette question.

 

7) Hawza Ilmiya : Les écoles religieuses

Les sunnites ont appris que les lieux d’étude des sciences religieuses sont situés à La Mecque, à Al-Azhar, à Kairouan, à Zaytouna et dans de nombreuses écoles scientifiques du monde islamique. On ne savait pas que ces lieux pourraient être connus comme les Hawzas.

Hawza Ilmiya est un terme chiite qui signifie l’école de la jurisprudence scientifique dans laquelle les sciences religieuses chiites sont enseignées.

Dans le temps actuel, il existe un certain nombre de Hawzas ‘ilmiyas dans les pays arabes et islamiques où résident les Chiites, et celles qui peuvent être considérées comme les plus importants c’est la Hawza de Qom et celle de Nadjaf.

Malgré la distance géographique qui sépare les deux écoles et bien qu’elles ne soient pas soumises à la gestion ou à la supervision d’une même autorité, leur système d’enseignement est très proche, l’enseignement passant par plusieurs étapes successives, Chacune d’entre elle qualifie pour les étapes suivantes, qui est très similaire à la méthode d’éducation dans les instituts et collèges traditionnels.

 

8) L’Aïd Al-Ghadir

Les sunnites célèbrent deux fêtes religieuses, l’Aïd al-Fitr et l’Aïd al-Adha, et ils n’en connaissent pas de troisième, c’est pourquoi le nom de l’Aïd al-Ghadir provoque chez les sunnites une surprise et un certain étonnement.

Qu’est-ce que Aïd al-Ghadir ?

C’est la fête célébrée par les chiites le 18 Dhu al-Hidjah chaque année, car ils considèrent que pendant le retour du pèlerinage d’adieu lors de la dixième année après sa migration à Médine, le Prophète (p.s.l) a ordonné aux Musulmans de s’arrêter dans un endroit connu sous le nom de Ghadir Khom. Il a donné certains des commandements aux musulmans, parmi elles : “Celui parmi vous dont je suis le maître, Ali est aussi son maitre”.

Les chiites voient dans ce commandement une déclaration au tutorat et à la succession de l’Imam Ali bin Abi Talib sur tous les musulmans après le Prophète, qui exige, selon eux que ce jour soit une fête célébrée par les chiites chaque année.

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