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SHAFAQNA – Ce qui suit est une partie du livre “L’ECOLE D’AHL-UL-BAYT: PREMIERE DES CINQ ECOLES JURIDIQUES MUSULMANES” de Mo’assasat al-Balâgh, traduit de l’arabe et édité par Abbas AHMAD al-Bostani.

Après avoir cité les témoignages de quelques uléma et rapporteurs de hadith, attestant de la solidité et du crédit moral intouchable des trois Imams précités, continuons à présenter les autres maillons de la chaîne bénie des Saints Imams d’Ahl-ul-Bayt.

7- L’Imam Mûsâ ibn Ja’far al-Kâdhim. Il est né en 128 H. et est mort en Martyr en 183 H.

8- L’Imam ‘Alî ibn Mûsâ al-Redhâ. Né en 148 H. et mort en Martyr en 203 H.

9- L’Imam Muhammad ibn ‘Alî al-Jawâd. Né en 195 H. et mort en Martyr en 220 H.

Le premier de cette série de trois Imams, Mûsâ ibn Ja’far, est le fils de l’Imam Ja’far al-Çâdiq. Il a grandi dans le giron de son père, dont il a acquis le Savoir, la Piété et le noble caractère. Son père lui-même a attesté, de son vivant, de sa Grandeur, de sa position sublime et de son Savoir digne de constituer une source inépuisable pour les uléma. En effet, l’Imam Ja’far al-Çâdiq a dit à l’un de ses compagnons, à propos de son fils :

«Si tu demandais à mon fils que voici ce qu’il y a entre les deux couvertures du Livre, il te répondrait exactement.»(201)

Les biographes musulmans l’ont décrit comme étant le véridique, l’adorateur appliqué, célèbre pour sa dévotion et sa piété, pour sa grandeur et son caractère sublime.

Le mémorisateur al-Râzî nous le présente dans son “Encyclopédie des Hommes”, de la façon suivante :

«Mûsâ(202) fils de Ja’far fils de Muhammad fils de ‘Alî fils d’al-Hussayn fils de ‘Alî fils d’Abî Tâlib a relaté des hadith qu’il tenait de son père ; et d’autre part son fils, ‘Alî(203)fils de Mûsâ, ainsi que son frère ‘Alî(204) fils de Ja’far ont relaté des hadith qu’ils tenaient de lui. ‘Abdur-Rahmân a dit à son propos : “Lorsqu’on a interrogé mon père à son sujet [de cet Imam], je l’ai entendu répondre : “C’est un homme digne de confiance et véridique. Il est l’un des Imams des Musulmans.”»(205)

Muhammad ibn Ahmad al-Dhahabî a dit de lui :

«Mûsâ était le plus généreux des Sages, et l’un des serviteurs pieux d’Allah.»(206)

Kamâl al-Dîn Muhammad ibn Talhah al-Châfi’î a écrit à propos de cet Imam :

«C’est un Imam de grande compétence et de grande importance. C’est un grand mujtahid versé sérieusement dans l’Ijtihâd, célèbre pour sa Piété, assidu dans l’Obéissance [à Allah], connu pour sa Générosité. Il passe la nuit en se prosternant et en se levant, et la journée en jeûnant et en offrant l’aumône. Et c’est en raison de l’excès de son indulgence et de l’absence de réaction contre ceux qui l’agressaient qu’on l’a surnommé “al-Kâdhim” [celui qui contient ses sentiments].»(207)

Selon Mu’min al-Chablanjî :

«Mûsâ al-Kâdhim, le meilleur adorateur et le plus Savant de son temps.»(208)

Quant au fils de l’Imam Mûsâ, l’Imam ‘Alî ibn Mûsâ al-Redhâ, il était l’égal de ses prédécesseurs et ascendants, dans la Science, la Piété et la Perfection de caractère. Il a succédé à son père à la Direction religieuse et à la charge de l’Imamat. Il avait atteint un tel degré de gloire et une telle position auprès des Musulmans que le calife abbasside, al-Ma’mûn, l’a nommé héritier présomptif, en dépit de l’hostilité et du conflit qui prévalaient entre les ‘Alawites et les Abbassides.

Comme ses prédécesseurs, l’Imam ‘Alî al-Redhâ a fait l’objet des éloges des uléma, des faqîh et des philosophes dans leurs ouvrages.

Selon al-Wâqidî :

«Il était digne de confiance. Il promulguait des “Fatwâ” [décrets juridico-religieux] dans la Mosquée du Messager d’Allah alors qu’il avait à peine un peu plus de vingt ans. Il faisait partie de la huitième génération de Suivants(209) médinois.»(210)

Al-Hâfidh al-Râzî a évoqué, dans son livre “Al-Jorh wal-Ta’dîl”, l’Imam ‘Alî al-Redhâ lorsqu’il parlait de son père l’Imam Mûsâ ibn Ja’far :

«Son fils ‘Alî ibn Mûsâ se référait à lui lorsqu’il rapportait des hadith…»

Mais le meilleur témoignage à son égard -et il est de loin le plus digne de foi, puisque venant d’une source des plus crédibles- émane de son père Mûsâ ibn Ja’far dont nous venons de découvrir les mérites scientifiques, la Piété et la Dévotion, et qui rappelait à ses autres fils les compétences de leur frère et les incitait à se référer à lui :

«Votre frère ‘Alî ibn Mûsâ est un Savant des Ahl Muhammad. Questionnez-le donc sur votre Religion, et apprenez par coeur ce qu’il vous dit.»(211)

Le troisième Imam de ce groupe des Ahl-ul-Bayt, l’Imam al-Jawâd, ne diffère pas de ses prédécesseurs bénis et purifiés quant à son Savoir, sa Piété et sa Crainte révérencielle.

Ecoutons à ce propos le témoignage de Sibt ibn al-Jawzî :

«Muhammad al-Jawâd, c’est Muhammad ibn ‘Alî ibn Mûsâ ibn Ja’far ibn Muhammad ibn ‘Alî ibn al-Hussayn ibn ‘Alî ibn Abî Tâlib. Son surnom est Abû ‘Abdullâh, et il en a un autre, Abû Ja’far. Il est né en l’an 195 H. et décédé en 220. Il était sur la même Voie que son père en ce qui concerne la Crainte révérencielle, la Piété et la Générosité.»

Muhammad ibn ‘Ammar rapporte le témoignage suivant sur l’Imam al-Jawâd :

«J’étais assis chez ‘Alî ibn Ja’far ibn Muhammad(212) à Médine, où j’habitais depuis deux ans, pour enregistrer ce qu’il avait entendu de son frère -c’est-à-dire Mûsâ ibn Ja’far al-Kâdhim-, lorsqu’Abû Ja’far Muhammad ibn ‘Alî al-Redhâ est entré dans la Mosquée du Messager d’Allah et que ‘Alî ibn Ja’far s’est levé précipitamment et sans chaussures pour baiser sa main et le glorifier. Abû Ja’far lui a dit alors :

“O oncle ! Assieds-toi ! Qu’Allah t’entoure de Sa Miséricorde. – O mon Maître ! Comment pourrais-je me permettre de m’asseoir alors que tu es debout ?” répondit ‘Alî ibn Ja’far. Lorsque ‘Alî ibn Ja’far eut regagné sa place, ses amis le blâmèrent et lui dirent : “Comment ! Tu es l’oncle de son père, et tu te conduis ainsi avec lui !” ‘Alî ibn Ja’far leur dit : “Taisez-vous ! Si Allah n’a pas voulu qualifier ce vieillard que je suis [à la dignité de l’Imamat] et qu’Il a choisi ce jeune homme et l’a désigné là où il se trouve, comment voulez-vous que je renie sa supériorité ? Je me protège auprès d’Allah contre ce que vous dites… Je suis son serviteur.”»(213)

Mahmûd ibn Wâheb al-Baghdâdî al-Hanafî a écrit, le décrivant :

«Muhammad al-Jawâd ibn ‘Alî al-Redhâ, surnommé Abû Ja’far (…) Il était l’héritier de son père par son Savoir et sa Vertu, et il était le meilleur de ses frères en compétence et en perfection…»(214)

Les trois derniers membres de la chaîne de transmission d’Ahl-ul-Bayt sont :

10- L’Imam ‘Alî ibn Muhammad al-Hâdî. Il est né en 212 H. et est mort en Martyr en 254 H.

11- L’Imam al-Hassan ibn ‘Alî al-‘Askarî. Né en 232 H. et mort en Martyr en 260 H.

12- L’Imam Muhammad ibn al-Hassan al-Mahdî. Né en 255 H., et il est occulté selon les récits.

Le premier de ces trois Imams, l’Imam ‘Alî al-Hâdî, fils de l’Imam Muhammad al-Jawâd, fait lui aussi, comme ses grands-pères, l’unanimité quant à ses grandes Vertus, son Savoir et sa Piété. Il avait pour surnom Abû-l-Hassan al-‘Askarî.

Selon Mu’min al-Chablanjî :

«Abû-l-Hassan al-‘Askarî était l’héritier de son père en Science et en Générosité.»(215)

Selon ‘Abdul-Hayy ibn al-‘Imâd al-Hanbalî :

«Abû-l-Hassan ‘Alî fils de Muhammad fils de ‘Alî al-Redhâ fils d’al-Kâdhim [Mûsâ], fils de Ja’far al-Çâdiq était un ‘Alawite(216), Hussaynite(217), connu sous le surnom d’al-Hâdî (…) C’était un faqîh, un Imam et un Adorateur appliqué.»(218)

Selon al-Hâfidh ‘Imâd al-Dîn Abû-l-Fidâ’ Ismâ’îl ibn ‘Umar ibn Kathîr :

«Quant à Abû-l-Hassan ‘Alî al-Hâdî, il est le fils de Muhammad al-Jawâd, fils de ‘Alî al-Redhâ, fils de Mûsâ al-Kâdhim, fils de Ja’far al-Çâdiq, fils de Muhammad al-Bâqir, fils de ‘Alî Zayn al-‘Abidîn, fils du Martyr al-Hussayn, fils de ‘Alî ibn Abî Tâlib. Il est l’un des douze Imams, et le père d’al-Hassan ibn ‘Alî al-‘Askarî. C’était un adorateur ascète.

Al-Mutawakkil(219) l’avait transféré à Samarrâ’ où il a résidé pendant vingt ans et quelques mois et où il est mort cette année-là [254 H.].»(220)

Yahyâ ibn Harthamah, que le calife abbasside, al-Mutawakkil, avait envoyé à Médine pour amener l’Imam à la ville de Samarrâ’, témoigne :

«Je suis allé à Médine. Lorsque je suis entré, les gens de cette ville se sont agités d’une façon sans précédent et ont provoqué un grand remue-ménage car ils craignaient pour la vie de ‘Alî [al-Hâdî], qui était leur bienfaiteur et qui ne quittait pas la Mosquée et n’avait pas de penchant pour ce bas-monde. Je me suis mis à les calmer en leur jurant que je n’avais pas pour mission de lui faire du mal et qu’il n’y avait rien à craindre pour lui. Lorsque j’ai perquisitionné dans sa maison, je n’y ai trouvé que des copies du Coran, des livres de Supplications et des livres de Sciences. Ma considération pour lui n’a pu donc que grandir.»(221)

Le deuxième de ce groupe, le onzième Imam d’Ahl-ul-Bayt, l’Imam al-Hassan al-‘Askarî, fils de l’Imam ‘Alî al-Hâdî, ne fait pas exception à la règle et jouit d’un crédit et d’une crédibilité aussi solides que ses prédécesseurs – en ce qui concerne son Savoir, sa Connaissance, sa Piété et son Combat sur le Chemin d’Allah- auprès des Savants et des hagiographes.

Selon Chams al-Dîn Abû-l- Mudhaffar Yûsif ibn Farâghly -petit-fils d’Ibn al-Jawziyyah :

«C’était un Savant digne de confiance, et il rapportait des hadith en citant son père qui citait son grand-père.»(222)

‘Alî ibn al-Çabbâgh al-Mâlikî a dit de lui :

«Les Vertus léguées par notre Maître Abî Muhammad al-‘Askarî montrent qu’il est le Noble généreux et le fils du Noble généreux. Personne ne doute de son Imamat, et personne ne le conteste. Sachez que s’il y a un acte généreux à vendre, c’est toujours quelqu’un d’autre qui le vend, et c’est lui qui l’achète. Il était incontestablement sans pareil en son temps, et avait des mérites qu’aucun autre ne pouvait lui disputer. Il était le Maître de son époque, et l’Imam de ses contemporains. Ses paroles sont judicieuses et ses actions louables…»(223)

L’Imam al-Mahdî est le dernier des Imams d’Ahl-ul-Bayt. Aussi le Prophète a-t-il mis un soin particulier à l’annoncer, de son vivant, à le mettre en évidence, à souligner ses qualités et le rôle de première importance qu’il devra jouer dans la vie de l’humanité. En effet, le Messager d’Allah a dit :

«Les jours et les nuits ne prendront pas fin avant qu’Allah n’envoie un homme de ma Famille, dont le nom correspond au mien. Il remplira la terre de Justice et d’Equité autant qu’elle aura été remplie d’injustice et d’iniquité.»(224)

Le Prophète a dit également, d’après l’Imam ‘Alî ibn Abî Tâlib :

«Même s’il ne reste du Temps qu’un seul jour, Allah enverra un homme de ma Famille qui la [la terre] remplira de Justice autant qu’elle aura été remplie d’iniquité.»

Ce dernier hadith est rapporté par Abû Dâwûd dans son “Musnad”. Le même Abû Dâwûd, ainsi qu’al-Tirmithî, l’ont relaté selon la version suivante, qu’ils ont attribuée à Abî Sa’îd al-Khidrî, lequel a témoigné :

«J’ai entendu le Messager d’Allah dire :”Al-Mahdî est de moi. Il aura le front dégagé, le nez aquilin. Il plira la terre d’Equité et de Justice, comme elle aura été remplie d’iniquité et d’injustice.”»

Et Abû Dâwûd d’ajouter :

«Il régnera pendant sept ans.»

Et, commentant ce témoignage, il en a dit : «C’est un hadith établi et sain.»(225)

Les hadith rapportés par les traditionnistes des différentes Ecoles juridiques musulmanes sont très nombreux. Ils affirment tous que le nom d’al-Mahdî est”Muhammad”, et qu’il est de la Famille du Prophète.

Ils ont divergé seulement sur la détermination de son identité. En tout état de cause, pour une partie des Musulmans, il est établi qu’il s’agit bien de l’Imam Muhammad fils d’al-Hassan al-‘Askarî, fils de ‘Alî al-Hâdî, fils de Muhammad al-Jawâd, fils de ‘Alî al-Redhâ, fils de Mûsâ al-Kâdhim, fils de Ja’far al-Çâdiq, fils de Muhammad al-Bâqir, fils de ‘Alî Zayn al-‘Abidîn, fils du Martyr al-Hussayn, fils de ‘Alî ibn Abî Tâlib, et qu’il est né à la mi-Cha’bân de l’an 255 H. à Sarra Man Ra’â, qu’il est encore vivant par la Décision d’Allah, mais occulté, qu’il réapparaîtra -conformément au hadith précité- à un moment où la terre aura été remplie d’injustice et d’iniquité, afin d’y instaurer la Justice et l’Equité, et que, enfin, ‘Isâ (Jésus fils de Marie) priera derrière lui.

Comme on a pu le remarquer à travers ce bref exposé sur la position élevée des Imams d’Ahl-ul-Bayt, ceux-ci sont à l’origine du Fiqh, du Hadith, du Tafsîr et des Sciences de la Doctrine et de la Chari’ah.

Puiser dans leur Ecole et se référer à eux, c’est avoir la certitude de ne pas s’écarter des vrais Enseignements du Coran et de la Sunnah, dont ils sont les Gardiens les plus scrupuleux et les interprètes les plus compétents.

 

Notes:

201. Al-‘Allâmah al-Majliçî, “Bihâr al-Anwâr”, tome XI, p. 24, citant “Al-Manâqib” d’Ibn Chahr Achûb, tome III, p. 411.

202. L’Imam Mûsâ ibn Ja’far al-Kâdhim, le 7ème Imam.

203. L’Imam ‘Alî ibn Mûsâ ar-Redhâ, le 8ème Imam.

204. Le frère de l’Imam Mûsâ al-Kâdhim.

205. Al-Hâfidh al-Râzî, “Al-Jorh wal-Ta’dîl”, tome IV, Section de “Jîm” (la lettre “Jîm”).

206. Muhammad ibn Ahmad al-Dhahabî, “Mizân al-I’tidâl”, tome III, p. 209.

207. Kamâl al-Dîn Muhammad ibn Talhah al-Châfi’î, “Matâlib al-Sa’ûl”, p. 18 ; cité par Muhammad ‘Alî Dkhayyel dans “A’immatonâ”.

208. Mu’min al-Chalbanjî, “Nûr al-Abçâr”, p. 218, cité par Muhammad ‘Alî Dkhayyel dans “A’immatonâ”.

209. Un “Suivant” est un compagnon d’un Compagnon du Saint Prophète, ou quelqu’un qui a connu et fréquenté un Compagnon. Dans ce cas, il est “Suivant” de la première génération. Les Suivants de la deuxième génération sont ceux qui ont connu et fréquenté des Suivants de la première génération, et ainsi de suite.

210. Ibn al-Jawzî, “Tathkirat al-Khawâç”, p. 198.

211. Al-Chaykh al-Mufîd, “Al-Irchâd”.

212. ‘Alî ibn Ja’far al-Çâdiq est l’oncle de l’Imam al-Jawâd. C’est un rapporteur de hadith digne de foi pour ses pairs et pour les Musulmans en général.

213. “Madînat al-Ma’âjiz”, p. 450.

214. “Jawhar al-Kalâm”, p. 147.

215. “Nûr al-Abçâr”, p. 149.

216. Descendant de l’Imam ‘Alî.

217. Descendant de l’Imam al-Hussayn.

218. “Chatharât ath-Thahab”, tome II, p. 129.

219. Le calife abbasside.

220. “Al-Bidâyah wa-l-Nihâyah”, tome XI, p. 15.

221. Ibn al-Jawzî, “Tathkirat al-Khawâç”, p. 202.

222. Ibid., p. 203.

223. Ibn al-Çabbâgh al-Mâlikî, “Al-Fuçûl al-Muhimmah”.

224. Ibid., Chap. “Thikr al-Imam Muhammad ibn al-Hassan al-Mahdî”.

225. Ibid.

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