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Yémen - fr.shafaqna.com
Des combattants houthis à Sanna, au Yémen, le 30 novembre 2017. AFP / MOHAMMED HUWAIS

SHAFAQNA – AFP : Les rebelles houthis du Yémen ont dit jeudi avoir tiré un missile qui a “touché une cible militaire” en Arabie saoudite, quelques heures après que leur chef a menacé de représailles en cas de maintien du blocus imposé à son pays.

Un missile balistique tiré par les houthis “a touché sa cible militaire” en Arabie saoudite, a rapporté la chaîne de télévision Al-Massira contrôlée par les rebelles. Mais selon le porte-parole de la coalition militaire arabe engagée dans le conflit yéménite depuis mars 2015 et dirigée par Riyad, Turki al-Maliki, cité par l’agence de presse Saudi Press Agency, “le missile a été détruit et il n’y a eu aucune victime”.

Interrogé, un porte-parole de la coalition militaire arabe sous commandement saoudien, qui intervient dans la guerre au Yémen depuis mars 2015 contre les houthis, ne s’est pas exprimé dans l’immédiat.

“Nous mettons en garde les forces de l’agression contre la poursuite du blocus”, avait dit plus tôt dans la journée Abdelmalek Al-houthi dans un discours retransmis par la chaîne Al-Massira dans une claire allusion à la coalition menée par Riyad. “Si le blocus se poursuit, nous savons très bien (quelles cibles) causeront une grande souffrance et comment les viser”, avait ajouté le chef des rebelles.

La guerre au Yémen oppose des forces progouvernementales, appuyées par la coalition sous commandement saoudien, aux houthis qui se sont emparés en septembre 2014 de la capitale Sanaa et de vastes régions du pays avec l’aide des partisans de l’ex-président Ali Abdallah Saleh.

L’Arabie saoudite a renforcé son blocus autour du Yémen après le tir par les houthis d’un missile balistique qui avait été intercepté le 4 novembre au-dessus de l’aéroport de Riyad. Le blocus a été allégé la semaine dernière à la suite de fortes pressions internationales sur le royaume saoudien mais l’ONU a estimé lundi que la coalition devait aller plus loin.

Le conflit au Yémen a fait plus de 8.750 morts dont de nombreux civils et provoqué “la pire crise humanitaire de la planète”, selon les Nations unies, dans ce pays déjà considéré comme le plus pauvre de la péninsule arabique. En outre plus de 2.000 personnes sont mortes de choléra.

Après le tir de missile intercepté au-dessus de l’aéroport de Riyad, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane avait accusé Téhéran, grand rival de Riyad au Moyen-Orient, “d’agression directe” contre son pays. L’iran, accusé de soutenir les houthis, avait rejeté l’affirmation du prince héritier saoudien et les rebelles yéménites avaient affirmé n’avoir reçu aucun missile iranien, disant avoir développé ces engins par leur propres moyens.

 

Tensions au sein du camp rebelle

Ils avaient menacé d’en tirer sur les “ports, les aéroports, les postes-frontières et les installations vitales” en Arabie saoudite et aux Emirats arabes en cas de maintient du blocus.

Le chaos provoqué par la guerre a permis à el-Qaëda de renforcer son influence au Yémen et aux jihadiste du groupe Etat islamique (EI) de commettre plusieurs attentats.

Le pays risque de s’enfoncer encore davantage dans la violence avec les nouvelles tensions au sein du camp houthis-Saleh, alliés pourtant depuis 2014. Les houthis sont issus de l’importante minorité zaïdite qui se dit marginalisée depuis de longues années et sont accusés de liens avec l’Iran. M. Saleh a dû quitter le pouvoir en 2012 à la suite d’importantes manifestations. Il a été remplacé par Abd Rabbo Mansour Hadi, mais celui-ci a été chassé de Sanaa il y a trois ans par l’alliance houthis-Saleh.

Mercredi, des combattants houthis avaient voulu pénétrer dans la grande mosquée Saleh, située à proximité de la grande place Sabyine, dans le centre de Sanaa, ce qui a provoqué des affrontements avec des partisans de M. Saleh qui la contrôlaient. Les heurts ont fait cinq morts dans le camp Saleh et neuf chez les houthis, selon des sources hospitalières. Jeudi, de nouveaux heurts ont opposé les deux camps à Sanaa. Ce n’est pas la première fois que des tensions éclatent au sein du camp rebelle. En août, des heurts avaient fait trois morts.

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