Les droits des plantes

by Pey Bahman Z
droits des plantes, Islam, Prophète (P)

SHAFAQNA – Les plantes sont soit considérées comme des ressources naturelles disponibles dans la nature, dont le respect des droits sera obligatoire pour tous comme tous les autres éléments de la nature, soit elles appartiennent à des personnes qui, tout en les possédant, n’ont pas le droit de les gaspiller sans aucune justification légale ni sans nécessité spéciale. L’utilisation des ressources végétales telles que les forêts, les pâturages, etc. doit impérativement être accompagnée de certains principes et limites afin de ne pas provoquer leur destruction totale ou partielle, et si elles sont consommées, par exemple comme bois pour la construction de bâtiments et fournitures connexes, elles doivent être correctement remplacées par d’autres éléments, car la nature verte est considérée comme un purificateur d’air de la terre, dont les dégâts nuiront à la respiration humaine. Dans l’Islam, la cultivation de la terre par l’agriculture et la plantation d’arbres ou sa revitalisation en général est fortement recommandée, de telle manière que les arbres et les champs sont présentés comme des signes de la grandeur de Dieu qu’il faut essayer de préserver.

Dans le Saint Coran, se référant à certains arbres fruitiers, il est dit: “C’est Lui qui a créé les jardins, treillagés et non treillagés; ainsi que les palmiers et la culture aux récoltes diverses; [de même que] l’olive et la grenade, d’espèces semblables et différentes. Mangez de leurs fruits, quand ils en produisent; et acquittez-en les droits le jour de la récolte. Et ne gaspillez point car Il n’aime pas les gaspilleurs” ( sourate Al-An’am, verset 141). Le verset 4 de la sourate Ar-Ra’d déclare également: “Et sur la terre il y a des parcelles voisines les unes des autres, des jardins [plantés] de vignes, et des céréales et des palmiers, en touffes ou espacés, arrosés de la même eau, cependant Nous rendons supérieurs les uns aux autres quant au goût. Voilà bien là des preuves pour des gens qui raisonnent”. À cet égard, le Prophète (P) tout en insistant sur le principe du respect de la nature[1], a mis l’accent sur les droits des agriculteurs et a conseillé à l’Imam Ali (AS): “O ! Ali, de peur que les fermiers ne soient opprimés dans ton gouvernement”[2]. Il a également dit: ” Il n’est pas un musulman qui plante un arbre sans que tout ce qui en est mangé, volé ou prélevé ne soit considéré comme une aumône de sa part.”[3]. L’Imam Sadiq (AS) a dit également à cet égard: “On a demandé au Saint Prophète de l’Islam (P): Quelle est la meilleure richesse ? et il a répondu: “Une agriculture qui est cultivée par les mains de son agriculteur et qui porte ses fruits avec ses soins et dont les droits obligatoires sont payés au moment de la récolté”[4]. Il a dit ailleurs: ” L’agriculture est le joyau le plus précieux et le plus rare”[5].

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L’importance de la cultivation et de la terre fertile est énoncée dans un autre hadith de l’Imam Musa Kazim (AS) comme suit: “Celui qui vend un jardin est un perdant, et celui qui achète un jardin aura un jour béni”[6]. L’Imam Sadiq (AS) a également dit à propos de l’abattage des arbres: ” Ne coupez pas les arbres fruitiers, car Dieu vous punira”[7]. Aussi, la valeur de la cultivation de terre en Islam est telle qu’au verset 205 de la sourate Al-Baqara, l’une des caractéristiques des hypocrites est la destruction de la terre et de l’agriculture, et le saccage des animaux etc.: “Dès qu’il tourne le dos, il parcourt la terre pour y semer le désordre et saccager culture et bétail. Et Allah n’aime pas le désordre”. En méditant les versets divins, il devient clair que Dieu a considéré l’empiètement sur la nature qu’Il a créée sur la base de sa sagesse absolue, sur cette beauté et cette évolution, et qu’Il présente comme un signe de sa grandeur, comme un empiètement contre lui-même.

 

Notes:

1- Voir: Abdul Karim Paknia, L’agriculture dans la culture d’Ahl al-Bayt (AS), Magazine culturel de Kowsar, N° 24, Automne 1378Mars 2000.

2- Wasa’il al-Shia, V° 19, p. 62.

3- Kanz al-Ummal, V° 3, p. 896.

4- Wasa’il al-Shia, V° p. 35, Hadith N° 9.

5- Ibid., p. 3534.

6- Ibid., V° 17, p. 42.

7- Ibid., V° 12, p. 45.

 

* Mohammad Saeid Taheri Moosavi est un spécialiste en droit public et sciences politiques. Dans une série d’articles, il écrit sur la droit islamique pour Shafaqna.

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