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SHAFAQNA – Ce qui suit est une partie du livre “La femme en Islam” de feu Ayatullah Sayyed Mohammad Hussein Fadlallah.

 

L’ÉGOЇSME DANS LA VIE CONJUGALE

Lorsque nous parlons d’une vie conjugale raisonnée et équilibrée, nous parlons de deux époux normaux et non pas de deux époux anormaux qui éprouvent de la répulsion l’un pour l’autre. Nous parlons de deux époux qui ont, en eux-mêmes, le sens humain et non pas le sens de l’égoïsme qui pèse sur les conditions de l’autre et se heurte à son propre égoïsme qui pèse, à son tour, sur ses propres conditions. Nous parlons de deux époux dont la vie de chacun d’entre eux se fond dans la vie de l’autre. Nous ne parlons pas de deux individus dont chacun ne sent que soi-même, qui pense qu’il n’a d’autre rôle que d’affirmer sa particularité aux dépens de l’autre. Nous parlons d’une situation où le mari sent de la compassion envers sa femme lorsqu’il témoigne des peines et des efforts qu’elle déploie au service de la famille. D’une situation où la femme se sent solidaire de son mari qui peine et passe tout son temps dans des situations dures et difficiles qui l’obligent à souffrir de l’humiliation et de l’oppression des conditions de travail et des patrons pour lui assurer, à elle et à ses enfants, une vie noble et honnête. L’épouse doit comprendre ces situations ainsi que le besoin qu’a son mari de se reposer. Elle doit lui assurer l’atmosphère de tendresse et de chaleur qui lui manque dans ses rapports avec les patrons et dans les dures conditions de travail qui l’oppriment et entament son humanité.

Elle doit sentir le besoin d’être, sur le plan affectif, comme la mère de son mari et se représenter l’image de la mère et son attitude vis-à-vis de son fils, elle doit savoir comment le couver dans sa douleur et dans sa fatigue pendant le jour comme durant la nuit pour compenser ce qu’il perd, ou pour alléger ses peines. Elle doit vivre cette expérience pour connaître ce que veut dire le sacrifice et le don charitable et pour se représenter le sens conjugal qui fait entrer chaque partie de la relation dans l’âme de l’autre pour ouvrir sa vie au grand espoir et à l’immense vie. De son côté, le mari doit répondre à l’affection par l’affection et à l’amour par l’amour. Nous pensons que chacun de nous retient en lui, et jusqu’à sa vieillesse, sa personnalité d’enfant: il sent donc le besoin de la maternité et de la paternité même dans sa vieillesse, la femme peut, de son côté, sentir le besoin de vivre le rôle de mère, vis-à-vis de son mari, et ce pour lui procurer affection et tendresse. L’homme peut, de son côté, sentir le besoin d’être le père de sa femme pour lui procurer ce dont elle a besoin en matière d’affection et de tendresse. Et ce parce que toute personnalité ne meurt pas en nous, mais reste vivante au profond, où elle respire et éprouve le besoin d’assouvir sa faim qui peut demander à être satisfaite durant toutes les phases de la vie humaine. La nature de ces phases que nous traversons affirme, elle-même, l’existence profonde de ce besoin. Ce besoin n’est pas simplement une chose quelconque dans notre histoire, mais la base même au-dessus de laquelle s’élèvent les autres phases dont chacune n’est rien d’autre que la base de la phase suivante.

C’est pour cette raison que l’homme peut être enclin à jouer à l’âge de soixante ans. Il peut sentir le besoin de s’ébattre et de s’amuser comme les enfants. Beaucoup de pères récupèrent leur enfance à travers l’enfance de leurs enfants et vivent avec eux comme s’ils étaient eux-mêmes des enfants. C’est peut-être de ce phénomène que le Prophète (P) parlait lorsqu’il disait:

“Que le père d’un enfant se comporte avec lui comme s’il était lui-même un enfant”.

A ce propos, l’éducation de bonne qualité est celle où l’éducateur entre dans la peau de la personne éduquée. Il ne s’agit pas ici d’un artifice où on joue le rôle de l’enfant. Cela peut être le cas au début de l’expérience. Mais au fur et à mesure de l’évolution de la situation, l’enfance de l’adulte se réveille et le plonge totalement dans le rôle qu’il joue au point qu’il oublie pour un instant, le fait qu’il est un vieillard ou un jeune homme et non plus un enfant…

L’homme qui ne vit pas son enfance dans son âge adulte et qui ne vit pas sa jeunesse dans sa vieillesse est un homme qui ne fait que tuer les éléments fondamentaux de sa personnalité au profit d’autres éléments. Un tel homme vit comme un “complexé” qui s’étouffe dans la phase actuelle de sa vie se privant ainsi des phases antérieures qui ont la vertu de lui procurer une ambiance chaleureuse et des états de fraîcheur nécessaires pour adoucir la vie dans les phases à venir.

 

LA ROUTINE DE LA VIE CONJUGALE

La routine est un phénomène ordinaire qui prend naissance au niveau de toute relation entre deux personnes qui vivent ensemble en permanence, dans toutes les situations et pour une longue période, au point que chacune d’elles perd toute ombre de mystère qui pourrait susciter l’intérêt de l’autre et l’inciter à tendre vers elle pour la découvrir.

Dans la relation conjugale, le mari ne tarde pas à être entièrement connu par sa femme et celle-ci à l’être par celui-là. Leur vie devient alors très commune et sans excitation commune, dans la mesure où ils administrent leurs relations sociales, leur vie privée, leurs désirs et leurs affaires domestiques en les enfermant dans un système clos. De la sorte, il ne reste pas à la disposition de chacun d’eux de quoi intéresser l’autre et l’attirer. Même les éléments d’excitation qui animaient et vivifiaient leur relation avant et au début de leur vie commune disparaissent car, lorsque l’homme satisfait ses besoins sous tous leurs aspects, ceux-ci ne tardent pas à s’émousser et à se banaliser. Cela n’est pas un phénomène qui caractérise la seule relation conjugale, mais un fait qui s’étend pour marquer toutes les relations humaines comme la parenté et l’amitié, etc… Au début de la relation, les rapports sont normalement dynamiques et énergiques, mais ils finissent, avec le temps, par tomber sous l’emprise de l’inertie, de la fermeture et de la routine, ce qui conduit à l’ennui qui peut menacer la relation.

Le même phénomène peut être constaté au niveau de nos réactions face aux expressions de l’originalité, de la majesté et de la beauté dans la vie. Ces expressions peuvent parfois ne pas nous sensibiliser. Le soleil, la lune, les fleuves… peuvent ne pas nous sensibiliser. Même la nourriture, les vêtements et toutes les autres choses que nous aimons peuvent perdre leur attrait et cesser de nous intéresser lorsqu’elles nous deviennent familières à force d’être toujours présentes devant nous.

Il est donc nécessaire, pour les deux époux, de se mobiliser pour trouver ce qui pourrait renouveler leur activité et leur dynamisme, même au niveau des petits détails de leur vie au foyer. Il peut être utile, à ce propos, de changer, de temps en temps, l’ordre des choses dans la maison et celui même des désirs conjugaux intimes. Il leur est utile, par exemple, de modifier leurs manières de satisfaire leurs désirs. Il peut leur être utile, dans le cas où ils possèdent le niveau culturel nécessaire, de poser et de discuter des questions nouvelles, dans le domaine culturel ou politique… Cela pourrait introduire quelque chose de nouveau dans leur vie et affecter, pour les améliorer, leurs discussions, leurs désirs, leurs affaires domestiques et leurs relations sociales…

Nous pensons que la découverte de la nouveauté, ou de la création, au sein de la vie conjugale, peut préserver la vitalité nécessaire pour que cette vie suscite l’intérêt réciproque de l’homme et de la femme. Et ce à travers le fait que chacun réalise quelque chose pour l’autre, comble le vide de sa pensée et répond positivement à ses désirs et à ses besoins de renouvellement. Nous aspirons toujours au nouveau et, de ce fait, les deux conjoints doivent agir dans le sens du renouvellement de leur vie conjugale. Il va de soi qu’une telle affaire ne peut se réaliser sans plus de conscience, davantage de conditions favorables et plus d’ambiances sociales convenables. Il faut surtout un niveau culturel suffisant pour ouvrir chez chacun les horizons nécessaires pour constituer le champ du renouvellement escompté.

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