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SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre La Rationalité de l’Islam, Par un groupe de savants, Édité et traduit et annoté par Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

Comme le bien-être moral et matériel de la communauté n’est pas possible sans une économie équilibrée et saine, l’Islam, en tant que religion progressive, n’a pas perdu de vue un sujet si vital et si important(22).

1. La Zakât

Pour réduire l’écart entre les riches et les pauvres, l’Islam a institué le système de la Zakât et a ordonné aux riches de payer, en Zakât, une part convenable de leurs richesses et de leurs revenus personnels, au trésor public (Bayt al-Mâl). L’argent ainsi collecté constitue une somme importante qui peut aider beaucoup à combattre la pauvreté, à réduire l’écart entre les classes sociales et assurer un développement global. Les dirigeants de l’Islam ont dit que la somme de la Exact a été déterminée avec une telle précision que si tous ceux qui sont imposables paient honnêtement la Exact, la pauvreté peut être éradiquée totalement. Si la pauvreté existe, c’est seulement parce qu’un grand nombre de personnes manquent à leur obligation de s’acquitter de ce devoir vital.

Il est obligatoire de payer la Exact au taux de 5%, si les biens imposables sont en possession de leur propriétaire pendant onze mois lunaires révolus. Ces biens imposables comprennent: le blé, l’orge, les dattes, les raisins secs, les chameaux, les vaches, les moutons et les chèvres, les pièces d’or et d’argent.

L’Islam a prescrit huit catégories de destinataires de l’argent de la Exact, et la façon dont cet argent est à répartir illustre pleinement, comme nous allons l’apercevoir, le but et l’importance de cette loi islamique, et montre que la Exact contribue fortement à la formation d’une société saine.

Les détails de ces huit catégories de destinataires sont mentionnés dans le verset suivant du Saint Coran:

“La Exact est destinée uniquement aux pauvres, aux nécessiteux, à ceux qui sont chargés de la recueillir et de la répartir, à ceux dont les coeurs sont à rallier; au rachat des captifs, aux débiteurs insolvables, à la lutte dans chemin d’Allah, et aux voyageurs. Tel est l’ordre d’Allah. Allah est Tout-Connaisseur et Tout-Sage.” (Sourate al-Tawbah; 9:60)

Il est à noter que l’expression “dans le chemin d’Allah” est très vaste et couvre tous les projets de développement ainsi que des domaines aussi variés que l’éducation, la santé, la construction de ponts, de routes, d’hôpitaux etc…

2. Le Khoms

Khoms signifie le paiement de 20% de l’épargne annuelle, c’est-à-dire 20% de ce qui reste du revenu annuel total après déduction de toutes les dépenses de l’année. C’est un impôt islamique qu’on prélève dans le but de pourvoir aux besoins de la vie collective, tels que l’aide aux nécessiteux, l’éradication de la pauvreté, la propagation de l’Islam ainsi que tous autres besoins matériels et moraux de la société musulmane. Le Khoms est prélevé uniquement sur le surplus du revenu et non sur sa totalité. De là, ceux dont les dépenses sont supérieures ou égales à leurs revenus n’ont rien à payer à cet égard. Seulement ceux dont le revenu excède les dépenses doivent donc payer 20% du surplus au trésor public . L’argent ainsi recueilli atteint des sommes considérables et donne aux Musulmans la possibilité de résoudre beaucoup de leurs problèmes religieux, sociaux et économiques.

Le Khoms n’est pas limité au revenu gagné dans les services, les affaires etc… Il est aussi prélevé sur ce qu’on obtient des mines, ce qu’on extrait de la mer par plongeon, et sur le trésor enfoui et non réclamé. Dans ces cas, il est prélevé sur le total du revenu, moins les dépenses de la production.

L’argent collecté de cette façon doit être dépensé pour entretenir les savants religieux et les prédicateurs pour propager les croyances et l’idéologie islamique pour publier les livres de littérature islamique, pour la construction de masjids, de centres socio-religieux: d’orphelinats, d’écoles, d’hôpitaux et d’autres projets d’utilité publique(23).

3. La Charité

Dépenser son argent pour plaire à Allah et implorer Ses Bénédictions s’appelle “Charité”.

L’Islam a attaché une grande importance à l’action donner l’aumône aux pauvres et aux nécessiteux. Il y a dans le Saint Coran beaucoup de versets sur ce sujet. En outre, l’Islam apprécie le geste de celui qui rend service volontairement et dépense son énergie pour le bien-être des gens.

La charité est l’un des facteurs qui aident à la dissolution équitable de la richesse et à l’éradication de la pauvreté. L’aumône peut être donnée à des individus ou dans des buts charitables. La distribution de l’aumône des institutions charitables dans le cadre de programmes bien étudiés et sous le contrôle de gens pieux est un bon moyen d’aider les pauvres.

La dotation

La création de dotations contribue à une répartition équitable de la richesse et à prévenir la concentration de celle-ci entre les mains de quelques individus. Il y a deux sortes de dotation, à savoir:

1- La dotation privée

2-La dotation publique

Dans le cas des dotations privées, les bénéficiaires en sont seulement quelques individus ou une classe limitée, tels les enfants ou les descendants de celui ou ceux qui dotent.

Dans le cas des dotations publiques qui sont de loin plus courantes, les biens légués sont transférés au public ou à une large classe de la société, et deviennent ainsi, une partie de la propriété publique. L’Islam a encouragé la création de dotations, et les Imams eux-mêmes en ont donné l’exemple. A travers les dotations une grande partie de la propriété privée est tournée vers la propriété publique, et devient donc disponible au service des masses. C’est en soi un grand pas vers une distribution juste et égalitaire de la richesse.

Comment se produit la richesse

Du point de vue islamique, la propriété réelle et absolue de toutes choses appartient à Allah seul. C’est Lui qui possède tout ce qui existe dans l’univers. Sa propriété est réelle et créative, parce qu’IL est le Créateur et le Pourvoyeur des moyens de subsistance de toute chose. Le Saint Coran dit:

“Tout ce qui est dans les cieux et sur la terre Lui appartient!” (Sourate al-Baqarah; 2:255)

De là, les autres ne peuvent devenir des propriétaires qu’avec Sa permission, et en accord avec Ses commandements.

La propriété privée

L’Islam respecte la propriété privée et considère que toute personne est le propriétaire du fruit de son travail. Il reconnaît le travail comme la base de la propriété. C’est là une loi naturelle qui a été appuyée et rendue effective par l’Islam. Chacun est le propriétaire de soi-même et de ses facultés mentales et physiques. Et étant donné que ses productions sont en réalité la cristallisation de ses facultés existantes, il est le propriétaire des produits de son travail.

Reconstruction et acquisition

Le Saint Prophète dit: “Celui qui rend cultivable une terre stérile, en devient le propriétaire.” Acquérir des minéraux et d’autres ressources avant qu’aucune autre personne ne les découvre est un moyen d’appropriation.

Selon la loi islamique, celui qui acquiert une chose en devient le propriétaire. Etant donné que la mise en valeur d’une terre stérile, et l’acquisition des ressources naturelles exigent un travail, il est clair que ce travail est le principal facteur de la création de la richesse.

Bien entendu, un gouvernement qui suit les principes de l’Islam a le droit de mettre en valeur les terres arides et d’extraire les minéraux pour en consacrer les revenus au bénéfice du trésor public.

L’Islam attache une grande importance aux droits des travailleurs. Selon le Hadith, ignorer les droits des travailleurs est un péché impardonnable.

Un hadith célèbre nous apprend que le Saint Prophète a levé la main d’un travailleur qui avait gonflé à force de travail, et a dit: “C’est la main, qu’Allah et Son Prophète aiment. ”

La circulation de la richesse

L’Islam a imposé des impôts spéciaux sur les fortunes stagnantes qui ne sont pas en circulation (tels que la Zakât des pièces d’or et d’argent après l’achèvement d’un an), et il a ainsi fait un pas pratique pour encourager la circulation de la richesse. Le Saint Coran a condamné les thésauriseurs et ceux qui gèlent leur fortune et ne l’utilisent pas au bénéfice des gens.

De plus, il y a les traditions du Saint Prophète, qui incitent au commerce, à l’agriculture, l’élevage du bétail, l’installation d’industrie. Dans les recueils authentiques de Hadith, il y a de nombreux dires qui montrent clairement que l’Islam vise à mobiliser au maximum toutes les ressources humaines et financières au profit du peuple en général.

L’usure comme une grande malédiction

L’Islam veut promouvoir la production. Il a strictement prohibé l’usure afin que personne ne puisse vivre de l’intérêt sans faire aucun travail productif.

L’usure dérange l’équilibre de la richesse et élargit le fossé entre les riches et les pauvres. Il rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres.

L’Islam dit que l’usure est un péché mortel, et que personne ne peut devenir le propriétaire de l’argent gagné par cette pratique. Cet argent doit donc être restitué à son propriétaire légitime.

Les affaires fondées sur l’intérêt sont de deux sortes, et toutes les deux sont illégales en Islam.

1- Le prêt usuraire

2. Le commerce usuraire

Prêter l’argent à condition qu’il soit rendu par la suite avec une somme supplémentaire s’appelle usure. Il importe peu ici que le taux d’intérêt soit grand ou petit ou qu’il soit payé en espèces ou en nature. Mais rien n’empêche le débiteur d’offrir quelque chose de plus selon son bon vouloir au prêteur, sans aucune condition préalable.

Le commerce usuraire consiste à vendre une chose en échange d’une autre de même nature, mais avec une différence dans la quantité. Par exemple, le fait de vendre 10 kilogrammes de blé de qualité moyenne contre 12 kilogrammes de blé de qualité moyenne constitue une usure. Les conditions détaillées de tels marchés sont mentionnées dans les livres de jurisprudence islamique.

Les prêts sans intérêt

L’Islam exhorte les gens à accorder le plus possible des prêts sans intérêt. Selon certaines Traditions la récompense d’un tel acte vertueux sera supérieure à celle d’une aumône. La raison en est probablement que beaucoup de ceux qui cherchent des prêts sont des gens imprégnés d’amour-propre qui n’accepteraient pas une aide gratuite ou une aumône même s’ils se trouvaient dans un état de nécessité impérieuse, alors que les gens qui acceptent les aumônes, n’ont pas de tels scrupules. Pour cette raison, accorder des prêts exempts d’intérêt est considéré comme un acte des plus méritoires.

En même temps, l’Islam permet aux prêteurs d’exiger de l’emprunteur de déposer chez eux une caution adéquate, couvrant la valeur du prêt. Au cas où le débiteur manque de rembourser le prêt, le prêteur est en droit de prélever une somme égale au prêt sur la caution et de restituer le reste à son propriétaire.

Accorder un prêt sans intérêt contribue à cultiver le sens de l’amour et de l’amitié et à effacer les complexes qui existent souvent entre les personnes de bas et de hauts revenus. C’est le plus simple service que les gens aisés puissent rendre aux personnes moins favorisées.

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