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SHAFAQNA – Shiacity : Les Cairotes aiment raconter la légende selon laquelle la tête de l’Imam al-Hussein fut d’abord inhumée à Damas, puis emportée à Ascalon en Palestine pour enfin être déposée au Caire en Egypte, en l’an 1153. Un mausolée fut construit sur le cercueil en argent où aurait été placée la tête de l’Imam al-Hussein(p).

Le sanctuaire est situé entre Khan Khalili – le vieux souk grouillant de gens, composé de dizaines de ruelles étroites où se concentrent les boutiques offrant divers articles de l’artisanat local, plateaux en bronze incrustés de belles gravures ou en bois décorés de coquillage et d’ivoire ; articles en or et en argent – et la fameuse mosquée Al Azhar, juxtaposée à l’université du même nom.

En passant devant, les gens récitent « la Fatiha » en l’honneur du Sayed « Shabab Ahli-l-Jannah » (le prince des jeunes du Paradis), l’Imam Al Hussein(p), et l’implorent pour bénéficier de sa bénédiction, dans l’espoir que Dieu exaucera leurs demandes.

Le mausolée connut plusieurs développements, extensions et restaurations pour donner l’actuelle mosquée Imam Al-Hussein du Caire, désormais longue de 74,22 m et large de 45 m. Elle a une façade ornée de sept arcades, chacune appuyée sur deux colonnes de marbre et entourée d’un ruban de splendides motifs sur gypse, et deux minarets. L’ancien minaret comporte encore deux plaques écrites en 1266H, l’une citant un verset coranique et l’autre le hadith suivant : « Al Hassan et al Hussein sont les membres de ma famille les plus chers ».

 

Hadith authentique du Prophète (rapporté par Bukhari) inscrit sur les murs de la mosquée de l’imam Hussein au Caire : «Hussein fait partie de moi et je fais partie de Hussein. Dieu aimera celui qui aura aimé Hussein»

 

Quant au dôme de la mosquée, il remonte à la moitié du 19ème siècle et s’appuie sur des arcades en demi-cercle et des supports circulaires joliment ornés. Son carré supérieur est recouvert de l’intérieur et de l’extérieur de marbre agrémenté de mosaïque de coquillage.

Une esplanade comportant 44 colonnes portant un plafond en bois recouvert de peinture avec des motifs très fins multicolores et dorés et une trentaine de fenêtres de grande taille en bronze recouvert d’or, au dessus desquelles se dressent de petites fenêtres entourées de marbre, conduit à l’intérieur de la mosquée.

Là, les pèlerins déambulent dans la vaste salle du tombeau doté d’une magnifique grille en argent, tentant d’apercevoir, derrière une seconde clôture en bois, le cénotaphe. Une splendide chair (minbar) en bois recouverte d’une peinture dorée s’y dresse toujours. Depuis, un second « minbar » a été ajouté en bois de noyer turc, orné de coquillage, d’ivoire et d’ébénisterie.

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Lors de l’anniversaire du Prophète(s) et des grandes fêtes musulmanes et pendant les nuits du mois de Ramadan, de grandes tentes de tissu multicolore sont étendues sur le parvis du mausolée et des festivités sont menées. Les principales confréries soufies, les lecteurs de Coran, les sheikhs les plus connus y célèbrent des nuits de prière officielles.

Cette mosquée fut rendue célèbre par le romancier de réputation internationale, Najib Mahfouz, prix Nobel de la littérature, qui parle de cette mosquée dans son roman « Impasse des deux palais » (1956). Amina, la mère cloitrée chez elle, soupire de sa terrasse en contemplant les minarets d’al-Hussein qu’elle rêve de visiter, et son fils Kamal lui révèle qu’il a l’habitude de s’entretenir avec l’Imam al-Hussein(p) et de lui(p) confier « d’intimes confessions ».

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