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SHAFAQNA – Le Muslim Post: « En Suisse, il devrait être interdit de se dissimuler le visage dans les lieux publics. » Pour les défenseurs de l’initiative anti-niqab pour laquelle les Suisses vont voter le dimanche 7 mars, celle-ci a pour objectif d’« interdire la dissimulation du visage dans les lieux accessibles au public » comme les restaurants, les stades de football, la nature ou la rue.

L’initiative populaire est l’œuvre du Comité d’Egerkingen, proche de l’Union démocratique du centre (UDC). Il y a douze ans, le comité avait déjà proposé une votation pour l’interdiction des minarets en Suisse.

Pour les opposants à une telle loi, « les femmes qui dissimulent leur visage sont rares en Suisse » et « une interdiction nationale est excessive et n’est pas nécessaire ». Ils estiment surtout que c’est aux cantons, et non au Conseil fédéral, de prendre une telle décision.

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Et alors que les partisans au projet de loi se cachent derrière un féminisme qui a bon dos, en affirmant que « les femmes se battent dans le monde entier contre l’obligation de se dissimuler le visage » et qu’« une interdiction n’est pas une obligation vestimentaire, mais contribue à l’égalité », les opposants répondent qu’une telle interdiction « n’aidera pas les femmes concernées. Cette initiative pourrait même avoir pour conséquence que les femmes voilées ne puissent plus participer à la vie publique ».

Autrement dit, les opposants relèvent le caractère islamophobe de la mesure. Qu’en pensent les principales concernées ? Une femme témoigne dans un quotidien suisse. Elle affirme : « M’interdire de porter le niqab est contraire aux valeurs suisses ». Comme en France, les politiques, notamment de droite et les populistes, lient le port du niqab à l’extrêmisme.

Pour les ONG, dont Amnesty International, ce débat « est instrumentalisé dans une initiative populaire » et il « est utilisé, au nom des droits humains, pour stigmatiser des groupes de la population et des communautés religieuses ou pour attiser un discours xénophobe et islamophobe, nous nous sentons obligés, en tant qu’organisation de défense des droits humains, de prendre position dans le débat. »

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