PARTAGER

SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre Histoire des Premiers Temps de l’Islam, Traduit de l’anglais, édité et annoté par Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

L’an dix de l’Hégire commèença avec l’arrivée de nouveaux ambassadeurs. Diverses tribus de la côte du Yémen, de Hadhramawt, et de la côte du Sud, envoyèrent des délégations pour signifier leur soumission au Prophète et leur adhésion à sa Foi. Deux chefs de Banî Kindah, de Hadhramawt, en l’occurrence al-Ach’ath et Walîd offrirent leur propre allégeance et embrassèrent l’Islam. Ce même Ach’ath rejoindra plus tard la rébellion qui éclatera après la mort du Prophète, et résistera avec acharnement à l’adversaire qui aura finalement besoin de renforts. Il finira toutefois par être fait prisonnier, non sans difficulté, et envoyé au calife, Abû Bakr, lequel lui pardonnera – malgré les protestations de ‘Omar – après qu’il lui aura renouvelé son allégeance, et lui offrira sa sur, Um Farwah en mariage. Par la suite il deviendra Khârijite en se rebellant contre ‘Alî. Ses fils, Mohammad et Ishâq, se feront remarquer dans l’armée que Yazîd enverra à Karbalâ’ pour perpétrer le massacre de al-Hussayn Ibn ‘Alî.

Les Fonctions Missionnaires de ‘Alî au Yémen

Au mois de Rabî’ II, de l’an dix de l’Hégire, Khâlid B. Walîd fut envoyé par le Prophète pour propager l’Islam parmi le peuple du Yémen. Mais au lieu de rapports de satisfaction à propos de son séjour de six mois dans ce pays, des plaintes contre lui parvinrent en grand nombre à Médine.(1)

Le Prophète demanda alors à ‘Alî de partir avec trois cents hommes pour remplacer Khâlid. Le jeune héros exprima modestement ses réserves sur cette mission auprès de gens beaucoup plus âgés que lui et plus versés dans l’Ecriture.(2)

À lire aussi: Les malentendus sunnites à propos des chiites : 8 entrées

Le Prophète mit alors sa main sur la poitrine de ‘Alî, leva les yeux vers le ciel et pria: «Ô Dieu! Délie la langue de ‘Alî et guide son cur». Puis il donna pour la guidance de ‘Alî, en tant que juge, cette règle: «Lorsque deux parties se présentent devant toi, ne prononce jamais un jugement en faveur de l’un sans avoir tout d’abord entendu l’autre». Ensuite, arrangeant avec ses mains la coiffure de ‘Alî et lui remettant en mains propres l’Etendard de la Foi, le Prophète lui fit ses adieux. ‘Alî partit donc pour le Yémen où il lut la lettre du Prophète aux gens, fit des sermons selon la dictée du Prophète et prêcha les doctrines de l’Islam aux masses. Le résultat fut un grand succès: en un jour toute la tribu de Hamadânî embrassa l’Islam. (“Al-Kâmil” d’Ibn Athîr, vol. II)

‘Alî fit un rapport sur le succès de sa mission au Prophète, lequel, dès la réception de cette grande nouvelle, se prosterna, le front contre le sol, par révérence pour Dieu et Lui exprima sa gratitude. D’autres tribus suivirent, l’une après l’autre, l’exemple des Hamadânî. Certains chefs firent hommage et prêtèrent serment d’allégeance pour leurs sujets. ‘Alî faisait quotidiennement un rapport sur les progrès de sa mission. Puis, sur ordre du Prophète, il partit pour Najrân, y collecta les impôts dus et se dirigea ensuite vers la Mecque pour rejoindre le Prophète dans son dernier Pèlerinage, au mois de Thilhaj 10 H.

Pour accomplir leur vu, quelque deux cents personnes de Yémen arrivèrent à Médine, au début de l’an 11 de l’Hégire, (l’année commence au mois de Moharram) pour présenter personnellement leur allégeance au Prophète et ce fut la dernière délégation reçue par lui.

Le Pèlerinage d’Adieu du Prophète

Etant donné que la période du Pèlerinage annuel s’approchait, le Prophète commença à faire les préparatifs en vue de son Pèlerinage à la Mecque.(3) Il invita les gens de toutes les régions de la Péninsule à se joindre à lui afin qu’ils se familiarisent avec l’accomplissement correct des différents rites ayant trait aux cérémonies sacrées. Depuis son émigration à Médine, ce serait le premier et le dernier Hajj (Pèlerinage à la Mecque) du Prophète. Cinq jours avant le début du mois de Thilhaj, le mois du Pèlerinage, le Prophète se dirigea vers la Mecque, suivi de plus de cent mille pèlerins. Toutes ses femmes, ainsi que sa fille bien-aimée, Fâtimah, la femme de ‘Alî, l’accompagnèrent. Au cours de ce voyage, Abû Bakr eut un fils de sa femme Asmâ’ Bint Wahab. Il fut appelé Mohammad.

Le Prophète arriva à la Mecque le dimanche 4 Thilhaj de l’an 10 H. Tout de suite après son arrivée, ‘Alî, qui revenait du Yémen à la tête de ses hommes, rejoignit le Prophète, lequel sembla très heureux de le revoir, et lui demanda, en l’embrassant quel vu pour le Pèlerinage il avait fait. ‘Alî répondit: «J’ai fait le vu d’accomplir le même Pèlerinage que le Prophète quoi qu’il arrive, et j’ai amené trente-quatre chameaux pour le sacrifice». Le Prophète s’écria joyeusement: “Allâh-u-Akbar” (Dieu est le plus grand), et dit qu’il en avait amené soixante-six. Et d’ajouter qu’il (‘Alî) serait son partenaire dans tous les rites du Pèlerinage et dans le sacrifice. Ainsi, ‘Alî accomplit donc le Grand Pèlerinage avec le Prophète.

Etant donné que les différences, cérémonies devaient constituer des modèles à suivre dans l’avenir, le Prophète observa rigoureusement chaque rite, soit conformément aux Révélations faites à cet égard, soit selon l’usage patriarcal. Ainsi, lorsqu’on amena les chameaux à offrir en sacrifice, lui et ‘Alî se mirent à abattre conjointement les cent chameaux qu’ils avaient apportés. Et quand on prépara un repas avec la viande des chameaux sacrifiés, le Prophète s’assit avec seulement ‘Alî, et personne d’autre, pour le partager.

À lire aussi: Hadîth du Jour: Quand est-ce qu’un Imâm apprend qu’il est un Imâm?

Les cérémonies du Pèlerinage prirent fin avec le rasage des chevaux et le coupage des ongles après le sacrifice des animaux. L’habit du Pèlerinage fut alors ôté et une proclamation fut faite par ‘Alî, monté sur la mule du Prophète, Duldul, levant les restrictions du Pèlerinage.

A la clôture du Pèlerinage, le Prophète informa le Calendrier, abolissant l’intercalation trisannuelle et faisant l’année purement lunaire, consistant en douze mois lunaires, ce qui permit de fixer le mois du Pèlerinage selon les saisons changeants de l’année lunaire.

Le Sermon de Ghadîr Khum

Faisant ses adieux à sa ville natale, le Prophète quitta la Mecque pour Médine le 14 Thilhaj. Sur la route, le 18 Thilhaj, il ordonna qu’on fasse halte à Ghadîr Khum, une région aride aux abords de la vallée de Johfa, à trois étapes de Médine, après avoir reçu la révélation suivante:

«Ô Prophète! Fais connaître ce qui t’a été révélé(4) par ton Seigneur. Si tu ne le fais pas, tu n’auras pas fait connaître Son Message. Dieu te protégera contre les hommes; Dieu ne dirige pas le peuple incrédule». (Sourate al-Mâ’idah, 5: 67).

On affirme que le Prophète avait déjà reçu l’ordre de proclamer ‘Alî son successeur et avait remis à une occasion plus appropriée l’annonce de cette nomination pour éviter qu’elle soit mal prise.(5)

A présent, ayant reçu ce Commandement, il décida de l’annoncer sans aucun retard. Aussi fit-il halte sur le lieu même où il reçut le rappel. Le terrain étant déblayé, une chaire fut formée de selles de chevaux, et Bilâl, le Muezzin, s écria à haute voix: «Hayya ‘Alâ Khayr-il-‘Amal» (Ô gens, accourez à la meilleure des actions).

Et une fois les gens rassemblés autour de la chaire, le Prophète se leva prenant à sa droite Ali, dont le turban noir à deux bouts suspendus sur ses épaules avait été arrangé par le Prophète lui-même. Le Prophète loua tout d’abord Dieu, puis s’adressant à la foule, il dit: «Vous croyez qu’il n’y a de dieu que Dieu, que Mohammad est Son Messager et Son Prophète, que le Paradis et l’Enfer sont des vérités, que la mort et la Résurrection sont certaines, n’est-ce pas?»

À lire aussi: L’Imâm ‘Alî (p) : l’école des générations

Ils répondirent tous «Oui, nous le croyons». Il les informa alors qu’il serait rappelé bientôt par son Seigneur, puis il prononça cette adjuration:

«Je vous laisse deux grands préceptes dont chacun dépasse 1’autre par sa grandeur: ce sont le Saint Coran et ma sainte progéniture (dont les membres inéchangeables sont: ‘Ali, Fdtimah, Hassan et Hussayn). Prenez garde dans votre conduite envers eux après ma disparition. Ils ne se sépareront pas 1’un de l’autre jusqu’à ce qu’ils reviennent auprès de moi, au Ciel, à la Fontaine de Kawthar».

Et d’ajouter:

«Dieu est mon Gardien et je suis le gardien de tous les croyants».

‘Alî Déclaré Successeur du Prophète

Ce disant, il prit la main de ‘Alî dans sa main, et la levant haut, il s’écria:

«Celui dont je suis le maître, ‘Ali aussi est son maître. Que Dieu soutienne ceux qui viennent en aide à ‘Ali et qu’IL soit l’ennemi de ceux qui deviennent les ennemis de ‘Ali».(6)

Ayant répété cette proclamation trois fois, il descendit de la plate-forme dressée et fit asseoir ‘Alî dans sa tente où les gens vinrent le féliciter. ‘Omar Ibn al-Khattâb fut le premier à congratuler ‘Alî et à le reconnaître comme le “Tuteur de tous les croyants”.(7)

Après les hommes, toutes les femmes du Prophète ainsi que les autres dames vinrent féliciter ‘Alî. A la fin de cette cérémonie d’installation, le célèbre verset suivant du Coran fut révélé au Prophète:

«Aujourd’hui, j’ai perfectionné votre religion et j’ai parachevé Ma Grâce sur vous; j’agrée l’Islam comme étant votre Religion». (Sourate al-Mâ’idah, 5: 3). Le prophète se prosterna en signe de gratitude.

La Signification d’Ahl-ul-Bayt Expliquée

L’expression “ma progéniture” mentionnée dans l’Adjuration signifie les saintes personnes désignées par le verset coranique suivant:

«(Ô Prophète!) Je ne vous demande aucun salaire pour cela, si ce n’est votre affection envers mes proches» (Sourate al-Chûrâ, 42: 23).

À lire aussi: Des photos exceptionnelles du pèlerinage à la Mecque en 1889

A la révélation de ce verset on avait demandé au Prophète de nommer les personnes dont l’amour était commandé. Il nomma: ‘Alî, Fâtimah, al-Hassan, al-Hussayn. Les gens le soupçonnèrent alors d’avoir nommé ses chers proches afin qu’ils soient considérés avec la crainte et le respect dus après sa mort.(8)

C’est à propos de la fidélité, de l’amour et l’obéissance envers ces personnes-là que les gens seront interrogés le Jour du Jugement, lorsqu’il sera demandé à chacun comment il s’est conduit envers elles, comment il a défendu leur cause et comment il a soutenu leurs intérêts.

Ce sont les personnages déclarés purifiés et exempts de toute impureté. Lorsque le verset coranique: «Ô vous, les Gens de la Maison! Dieu veut seulement éloigner de vous la souillure et vous purifier totalement». (Sourate al-Ahzâb, 33: 33) fut révélé au Prophète, il se mit sous un manteau avec ‘Alî, Fâtimah, Hassan et Hussayn, et déclara que sa Maison (Famille) consistait en ces personnes seulement.

Um Salma, sa femme, dans la maison de laquelle la révélation était descendue, lui demanda d’être incluse dans le groupe sous le manteau, mais elle essuya un refus poli. Depuis ce jour-là ledit groupe reçut le surnom d’Açhdb al-Kisb.(9)

Ce sont ces personnes que le Prophète compara au Bateau de Noé, dans lequel ceux qui avaient embarqué furent sauvés, alors que ceux qui avaient cherché secours ailleurs que dans ce Bateau furent noyés.(10)

Ces personnes faisaient partie intégrante de la Lumière Céleste dont fut créé le Prophète.

Ce sont ces personnes pour les actions vertueuses desquelles Mohammad fut félicité par Allah, et en louange desquelles la sourate al-Dahr fut révélée. (11) Rien d’étonnant donc à ce que le Prophète ait mis dans la même balance ces personnalités dépouillées de fautes et de pêchés et le Livre de Dieu – le Coran – et qu’il ait déclaré les deux Poids aussi lourds l’un que l’autre. ‘Alî était le seul homme qui pouvait prétendre à une connaissance minutieuse du Coran.

Il proclama tout haut qu’il invitait tout un chacun à lui demander quand, où et à quelle occasion chaque verset du Coran avait été révélé au Prophète, et la fameuse déclaration: «Je suis la Cité du Savoir, ‘Alî en est la Porte» ne peut que confirmer cette affirmation de ‘Alî.

Il en était de même pour al-Hassan(12), al- Hussayn et Fâtimah.

À lire aussi: L’Imam Hussein (A.S) dans L’Enceinte Sacrée et Sûre (La Mecque)

Ce sont ces personnes pieuses qui étaient souvent accompagnées par les anges.

Bien que le Prophète eût informé solennellement les gens que la désignation de ‘Alî comme “Le Gardien de tous les croyants”, était faite sur Commandement de Dieu, les gens continuèrent à le soupçonner d’avoir attribué à ‘Alî cette haute position sans avoir reçu un ordre de Dieu dans ce sens.

Un incident survenu quelque temps après que le Prophète eut fait l’Adjuration mérite d’être mentionné: un homme nommé Hârith B. No’mân Fihrî (ou Nadhr B. Hârith selon un autre hadith) refusa de croire le Prophète et le soupçonna d’avoir fait la proclamation par affection et amour pour ‘Alî. Il alla même jusqu’à invoquer sérieusement la descente de la colère du Ciel sur lui-même, si ces soupçons n’étaient pas fondés, prière qui fut rapidement exaucée, lorsqu’une pierre tomba sur sa tête, le tuant sur-le-champ.

Conclusion en Faveur de ‘Alî Tirée de la Parole du Prophète

Le lecteur se rappelle sans doute les précédentes occasions lors desquelles le Prophète déclara ‘Alî son successeur, tout d’abord le jour où il se proclama publiquement Messager de Dieu en disant: «Ô fils de ‘Abdul-Muttalib! Dieu n’a jamais envoyé un Messager sans qu’IL ait désigné en même temps son frère, son héritier et son successeur parmi ses proches parents»; et ensuite lorsqu’il déclara que ‘Alî «est à lui ce que Harûn fut à Mûsâ».

Ces propos du Prophète n’étaient pas une simple opinion personnelle qu’il exprimait, comme en témoignent ces versets coraniques: «Il ne parle pas selon son désir; mais exprime les Commandements qui lui sont révélés». (Sourate al-Najm, 53: 3-4).

Cela signifie que lesdits propos étaient conformes aux Commandements de Dieu. Et cette dernière déclaration faite devant des milliers de gens était conforme aux précédentes déclarations, qui n’avaient jamais été retirées ni abrogées pendant une période d’une vingtaine d’années.

À lire aussi: Abraham (A.S) et la thématique du sacrifice

Se fondant sur ce qui précède, une grande partie des Musulmans considéra ‘Alî comme étant sans aucun doute le successeur choisi et désigné du Prophète depuis le début de sa mission prophétique. A cette dernière occasion, il eut la distinction d’être pour les Musulmans ce que le Prophète était pour eux: à savoir que ‘Alî devait être traité en remplaçant (successeur) du Prophète après sa mort. Chah Hassan Jaisi, un mystique sunnite a bien expliqué la signification du terme “Mawlâ” dans sa stance qui peut se traduire ainsi:

«Vous courez ça et là pour chercher le sens de “Mawlâ”. Eh bien! ‘Alî est “Mawlâ” dans le même sens que le Prophète est “Mawlâ».

Notes:

(1) “Ibn Khaldûn”; “Tabarî”.

(2) “Abul-Fidâ'”; “Ibn Khaldûn”; “Rawdhat al-Ahbâb”.

(3) “Rawdhat al-Ahbâb”.

(4) Ici allusion est faite au Commandement contenu dans la sourate al-Charh qui dit:

1- «N’avons Nous pas ouvert ton cur?

2-3 Ne t’avons Nous pas débarrassé de ton fardeau qui pesait sur ton dos?

4- N’avons-Nous pas exalté ta renommée?

5- Le bonheur est proche du malheur.

6- Oui, le bonheur est proche du malheur.

7- Lorsque tu es libéré de tes occupations, lève-toi pour prier.

8- et recherche ton Seigneur avec ferveur».

Dans le verset 7, Dieu a commandé au Prophète de désigner son successeur.

(5) “Tafsîr Kabîr”; “Tafsîr al-Durr al-Manthûr”; “Tafsîr Nîchâpûrî”; “Al-Sîrah al-Halabiyyah”.

(6) Selon al-Suyûtî: «Ô Dieu! Soit l’ami de quiconque est l’ami de ‘Aî, et soit l’ennemi de quiconque est l’ennemi de ‘Alî».

(7) “Michkât”; “Khaçâ’iç al-Nasâ’î”; “Rawdhat al-Ahbâb”; “Rawdhat al-Çafâ”.

(8) “Tafsîr al-Tha’labî”; “Tafsîr al-Kach-châf”; “Al-Baydhâwî”; “Al-Madârik”.

(9) “Al-Tirmithî”; “Ibn Jarîr”; “Çahîh Muslim”; “Al-Suyûtî”.

(10) “Al-Suyûtî”.

(11) Dans sa traduction d’ “Al-Koran”, Sale fait suivre du commentaire suivant les versets 5-10 de la Sourate al-Dahr (Al-Insân). La traduction de ces versets par Sale:

5. «Mais les justes boiront à une coupe (de vin), mélangé avec (de l’eau de) Kawthar,

6. une fontaine à laquelle boiront les serviteurs de Dieu…

7. Ils tiennent leur promesse, et redoutent un Jour dont le mal sera répandu très loin.

8. Ils nourrissent le pauvre, l’orphelin et le captif pour l’amour de Dieu, (en disant):

9. “Nous vous nourrissons pour plaire à Dieu seul: nous n’attendons de vous ni récompense ni gratitude;

10. Oui, nous redoutons, de la part de notre Seigneur, un jour menaçant (et) calamiteux».

La note de Sale, tirée d’al-Baydhâwi, sur les versets 7-10:

«On relate qu’ al-Hassan et al-Hussayn, les petits-fils de Mohammad, étant à un moment donné malades tous les deux, le Prophète, entre autres, leur rendit visite. Les visiteurs demandèrent à ‘Alî de faire un vu à Dieu pour la guérison de ses fils. Sur ce, ‘Alî, Fâtimah et Fidhdhah, leur bonne, firent le vu de jeûner trois jours si les deux malades allaient mieux. Or, il arriva qu’ils guérirent effectivement. La promesse fut accomplie avec un tel scrupule que le premier jour, n’ayant pas de provisions à la maison, fut obligé d’emprunter trois mesures d’orge à un certain Siméon, un Juif de Khaybar. Fâtimah en moulut une mesure le même jour et cuisit cinq gâteaux pour le repas. Et alors qu’ils étaient assis devant ces gâteaux pour rompre leur jeûne après le coucher du soleil, un pauvre se présenta à eux. Ils lui donnèrent leur pain et passèrent la nuit sans rien manger, se contentant de boire de l’eau. Le lendemain, Fâtimah, cuisit une deuxième mesure pour la même raison, mais un orphelin les pria de lui donner quelque chose à manger et ils lui offrirent leur repas, et passèrent une deuxième nuit sans manger. La troisième jour ils donnèrent tout leur repas à un captif affamé. A cette occasion Jibrâ’îl (l’Ange Gabriel) révéla au Prophète la sourate ci-dessus et informa Mohammad que Dieu le félicitait pour les vertus de sa famille».

Concernant la promesse de Dieu dans le verset 6, lisez le récit de la découverte miraculeuse par ‘Alî d’une fontaine pour l’appro-visionnement en eau de ses armées dans le désert sablonneux de la Mésopotamie, dans le second volume.

(12) Un noble exemple de la générosité d’al-Hassan et de son ardeur à satisfaire Dieu en accomplissant toutes les vertus mentionnées dans Ses commandements, se trouve dans le récit suivant, entre des milliers d’autres relatifs aux Saints descendants du Prophète:

«Un serviteur d’al-Hassan Fils de ‘Alî fit tomber sur son maître un plat bouillant alors qu’il s’asseyait à table. Craignant la colère d’al-Hassan, il tomba sur ses genoux et se mit à répéter ces mots: “Le Paradis est pour ceux qui refrènent leur colère”. Al-Hassan répondit: “Je ne suis pas en colère”. Le serviteur poursuivit: “Et pour ceux qui pardonnent aux gens”. “Je te pardonne” dit al-Hassan. Le serviteur sembla toutefois décidé à finir le contenu de quelques versets coraniques en ajoutant: “Car Dieu aime les bienfaisants”. “Puisque c’est ainsi, fit al-Hassan, je t’affranchis et je te donne quatre cents pièces d’argent”. L’esclave citait les versets 133-134 de la Sourate Âle ‘Imrân: «Hâtez-vous vers le pardon de votre Seigneur et vers un Jardin large comme les cieux et la terre, préparé pour ceux qui craignent Dieu; pour ceux qui font l’aumône, dans l’aisance ou dans la gêne; pour ceux qui maîtrisent leur colère; pour ceux qui pardonnent aux hommes – Dieu aime ceux qui font le bien».

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here