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SHAFAQNA | par Mohammad Saeid Taheri Moosavi*: Il est sans doute clair que chaque religion et école religieuse dispose d’un système juridique propre à elle. Cela est le point commun entre toutes les religions, surtout les religions abrahamiques: judaïsme, christianisme et surtout islam. Connaitre les principes fondateurs de chaque système juridique est essentiel, car ces principes sont en rapport directe avec les sources de Droit. C’est pour quoi, pour une connaissance parfaite de chaque école juridique, on serait contrainte de se perfectionner en matière de ses fondements et de ses sources. Détenant d’un ensemble de principes et de règles multidimensionnels (socio-économico-politico-juridique), l’islam, en tant que la dernière religion abrahamique, est présenté comme une religion essentiellement sociale, proposant un système manifestement multifonctionnel, encadré par un système juridique liant l’individu à ses convictions et sa fois. De ce point de vue, une réflexion concernant le Droit islamique, ou le Droit de l’islam ou bien le Droit en islam, n’est possible que si on connaît les sources de l’islam qui fond et explique, par conséquent, ses règles et ses lois.

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Avant d’entrer dans le débat concernant les fondements et les sources de Droit islamique, il est important de noter que dans cette religion, il existe aujourd’hui cinq écoles juridiques, lesquelles fondées sur ce que l’on appelle le Fiqh, c’est-à-dire la jurisprudence islamique (1). En effet, l’islam est divisé en deux grandes école dès le lendemain de décès de son noble prophète Mohammad (PBUH (2)): école chiite (Chiisme), école sunnite (Sunnisme). Cette dernière est également divisé à son tour en quatre écoles juridiques, à savoir, Hanafisme, Malékisme, Hanbalisme, Chafiisme. Ces écoles se distinguent à la fois en ce qui concerne les fondements de la foi islamique et les sources de sa jurisprudence. Alors que le chiisme croit en cinq principes de la foi, l’unicité, la prophétie, la justice divine, l’imamat, et la vie après la mort, le sunnisme ne croit qu’en trois premiers principes, en ignorant l’imamat et la justice divine.

Sans oublier que la division de l’islam en ces écoles importantes (et les autres qui sont actuellement disparues ou ayant des peu de fidèles) est due à la question de la succession de saint Prophète: si les chiites évoquent l’imamat comme une succession de la prophétie, voulue par Dieu et son prophète, qui a à juste titre désigné, sous l’ordre divine, l’Imam Ali (as) comme son successeur légitime (3), les sunnites insistent sur le système califale de la succession, en disant que le noble prophète n’a désigné personne pour lui succéder (4). On distingue alors deux système juridiques spécifiques: le système imamite et le système califal. De cette différence centrale sont donc née ses écoles qui manifestent des différences jurisprudentielles concernant presque tous les sujets de l’islam, depuis sa philosophie jusqu’à les questions sociales, politiques, juridiques etc., même si ces différences ne doivent en aucun cas jouer en faveur d’un antagonisme continuel entre les pratiquants de ces deux écoles, un choc tant voulu par les ennemies d’un islam unifié par un approchement dialogal défendu par la majorité de musulmans du monde entier. Dans cet article, nous évoquons essentiellement l’islam chiite et ses pensées concernant le Droit, en évoquant partiellement si nécessaire les pensées des autres écoles islamiques.

à suivre …

Notes:

1- L’Interprétation du Coran sur le plan juridique, le fiqh est un avis, pris par des juristes de l’islam sur les limites à respecter par les musulmans. Il existe différentes écoles de fiqh. Voir: La signification du mot Fiqh, dans le dictionnaire français en line sur le site Linternaute, https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/fiqh/, visité le 14 déc. 20.

2- PSSL ou SAW ou P, qui signifient: Que la paix soit sur lui et ses successeurs, sont les deux une formule de respects des musulmans envers leur Prophète et ses descendants (les imams infaillibles).

3- Suivant le Hadith connu du Prophète (p) intitulé ” Le Hadith des deux poids (Al thaqalayn)”, selon lequel, le prophète (p) dit au jour de Ghadir dans son dernier voyage de Hadj: «Je suis sur le point d’être rappelé [par Allah] et de répondre [à ce rappel]. Je vous laisse les Thaqalayn [les deux poids] : le Livre d’Allah et ma Famille, les Gens de ma maison. Celui Qui est Doux [Allah] m’a informé qu’ils ne se sépareront pas jusqu’à ce qu’ils reviennent auprès de moi près du bassin [jusqu’au jour du jugement]. Regardez donc bien comment vous les traiterez après moi.» Voir: Le Sahih Muslim, Volum 1, p. 1781.

4- Henry Corbin, Histoire de la philosophie islamique, coll.« Idées », Gallimard, Paris, 1964.

*Dr. Mohammad Saeid Taheri Moosavi est un spécialiste en droit public et sciences politiques. Dans une série d’articles, il écrit sur la droit islamique pour Shafaqna.

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