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SHAFAQNA- Ce qui suit fait partie du livre La Dernière Mission Divine, par Sayyed Mujtaba Musavi-Lari, sélectionné par SHAFAQNA.

On peut envisager le Coran sous différents angles, selon la perspective dans laquelle on se place. L’un d’entre eux pourrait concerner les aspects esthétiques et artistiques du Coran. De ce point de vue on ne considère que l’apparence du Coran, sa qualité formelle, et sa richesse littéraire au niveau de l’expression. Là, on constate que le saint Coran se particularise extraordinairement par sa beauté de style, sa grâce d’expression et la puissance de son langage.

La forme est hautement poétique, mais sans être de la poésie qui est toujours mêlée d, hyperboles poétiques imaginaires. Par ailleurs, la majesté du texte coranique ne peut être considérée que purement paradisier, du fait que sa beauté sonore est le summum du lyrisme- lyrisme d’une nature d’attraction spirituelle, extra-linguistique dont le ressentir ne se limite pas à la frontière conventionnelle d’aucune culture, d’aucune nationalité. C’est ainsi qu’un lecteur familier au langage coranique, s’enthousiasme profondément pour son charme et sa beauté sans exemple.

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Mais ce qui nous intéresse actuellement et nous allons l’esquisser brièvement dans les pages qui suivent, c’est plutôt l’aspect scientifique du Coran. Il faut tout d’abord souligner que le Saint Coran n’a pas pour but de mettre en lumière les faits scientifiques en révélant tous les facteurs en jeu qui dominent la totalité phénoménale de notre monde et qui à leur tour, sont soumis à un système rigoureux de lois. Il ne faut pas non plus attendre qu’il suive l’étude détaillée des thèmes scientifiques dans ses diverses branches et qu’il analyse les points obscurs, jusqu’à l’heure inintelligibles à la pensée humaine.

De fait, l’homme porte en lui-même les dons divins: la raison et la pensée qui le rendent capable d’aller jusqu’à l’extrême de sa puissance intellectuelle, pour chercher, de s’efforcer de découvrir les moyens lui permettant la domination de toute force qui réside dans la nature et de l’utiliser dans l’intérêt de l’humanité.

En effet, l’objectif suivi par le Coran consiste à rendre à l’homme toute sa noblesse et sa dignité, le fait élever comme l’individu responsable, le fait évoluer sous ses multiples dimensions, et encore épanouit à l’intérieur de lui-même toutes valeurs humaines et spirituelles. L’épanouissement d’un tel homme nécessite, d’une part, la transformation profonde de celui-ci, la négation totale de toute anti-valeur futile pouvant enchaîner l’esprit humain, et de l’autre, la substitution des valeurs constructives, d’où l’invitation du Coran avec l’insistance à la réflexion, à la contemplation, au réalisme, à la libération de l’esprit des jougs.

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Voilà pourquoi, le premier verset révélé à Muhammad fut un éloge quasi adoratif de la plume. De même qu’on trouve dans le Coran à des appels fréquents et variés, en faveur de la science et de la connaissance. L’allusion répétée du Coran à la nature comme une source de connaissance, est d’ailleurs, tout à fait significative.

D’après les témoignages historiques, ce fut ce point de vue coranique qui déclencha l’essor majestueux du mouvements scientifiques au sein de la communauté musulmane, lesquels entraînèrent l’épanouissement de la civilisation universelle. A ce sujet le grand penseur islamique Iqbâl Lahouri a bien illustré le fait :

” La naissance de l’Islam est la naissance de l’intelligence inductive. Dans l’Islam, la prophétie atteint sa perfection (…) ceci implique la fine compréhension que la vie ne peut être tenue à jamais en lisière, qu’afin d’atteindre une pleine conscience de soi, l’homme doit finalement être livré à ses propres ressources “. (1)

L’appel constant dans le Coran à la raison et à l’expérience, et l’importance qu’il attribue à la nature et à l’histoire en tant que source de connaissance humaine, constituent autant d’aspect divers de la même idée de finalité.

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Cette idée, cependant, ne signifie pas que l’expérience mystique qui, qualitativement, ne diffère pas de l’expérience du prophète, a maintenant cessé d’exister comme fait vital. En réalité, le Coran considère à la fois “anfus” le soi, et “afaq”, le monde comme source de l’expérience, mais l’expérience intime est seulement une des sources de la connaissance humaine.


  1. Iqbâl, M. “La reconstruction de la pensée islamique”, p. 146.

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