Le chiisme répond: Pourquoi les chiites considéraient-ils le commandement du bien et l’interdiction du mal comme l’un des actes d’adoration ?

by Pey Bahman Z
islam, commandement du bien et l’interdiction du mal, Saint Coran

SHAFAQNA – L’un des devoirs pratiques de l’Islam, étant introduit comme des auxiliaires de la foi islamique, est d’inviter les autres à faire de bonnes actions (commander le bien) et de les empêcher de commettre de mauvaises actions (interdire le mal). Ces deux règles complémentaires sont considérées comme les axes de réforme sociale, de dissuasion et de prévention de la propagation de la laideur . De ce fait, l’obligation du commandement du bien et l’interdiction du mal est énoncée dans le Saint Coran, au verset 104 de la sourate Al-Imran. De plus, du point de vue chiite, cette double règle est une nécessité sociale et morale, dont l’exemple historique le plus important est le mouvement de l’Achoura; où l’Imam Hussein (AS) a dit à ce sujet (dans sa lettre à son frère): “Je ne me suis pas révolté ni pour l’ambition, ni pour la cupidité, ni pour l’émeute et ni pour l’oppression, au contraire, je me suis révolté pour réformer les affaires de ma nation ancestrale. Je veux commander le convenable et interdire le blâmable, et agir à la manière de mon Grand-père et de mon Père”.

L’une des croyances et obligations pratiques de l’Islam, introduite jurisprudentiellement comme des auxiliaires de la religion, est la nécessité d’inviter les autres à faire de bonnes actions (commander le bien) et de les empêcher de commettre de mauvaises actions (interdire le mal). Ces deux règles complémentaires sont considérées comme les axes de réforme sociale, de dissuasion et de prévention de la propagation de la laideur, c’est-à-dire, de tout acte répréhensible ayant des effets négatifs individuels ou sociaux.

Il n’est pas déraisonnable que le Saint Coran, en insistant sur ce principe en tant que l’un des principes fondateurs et novateurs institutionnalisés par l’Islam, indique comme l’une des causes de la chute des Enfants d’Israël , la présence de ceux qui évitaient et ignoraient d’enjoindre le bien et d’interdire le mal dans la société : “Ceux des Enfants d’Israël qui n’avaient pas cru, ont été maudits par la bouche de David et de Jésus fils de Marie, parce qu’ils désobéissaient et transgressaient” (Al-Ma’idah :78).

“Ils ne s’interdisaient pas les uns aux autres ce qu’ils faisaient de blâmable. Comme est mauvais, certes, ce qu’ils faisaient” (Al- Ma’idah:79).

À lire aussi: Le chiisme répond: Quel effet l’événement de l’Achoura a-t-il eu sur le sort de l’école chiite ?

Les raisons de l’importance et de la nécessité d’enjoindre le bien et d’interdire le mal sont en grande partie claires, mais pour éclairer les esprits, nous soulignons certaines des plus importantes de ces raisons :

A) Obligation religieuse: Selon le verset 104 de la sourate Al-Imran, cet acte est considéré comme l’une des obligations religieuses de la foi islamique: “Que soit issue de vous une communauté qui appelle au bien, ordonne le convenable, et interdit le blâmable.”. Et la raison de cette obligation, est la nécessité d’éradiquer la laideur et de répandre le bien dans la société, sinon, et en raison de la tendance de certaines personnes à suivre le diable et à s’échapper du cadre humain et moral, la laideur et le blâmable se répandront et la bonté et le convenable se disparaîtront, et ce sera alors le début de la chute progressive de l’humanité dans l’abîme de la destruction et de la corruption.

B) Nécessité sociale: En cas de propagation de cette obligation religieuse, des effets seront disposés sur la société et la nécessité de la réalisation de ces effets, fera de ces deux obligations une nécessité sociale. Parmi ces effets, on peut citer notamment:

  1. L’instauration de la charia et la lutte contre les manifestations de corruption: C’est pour cette raison que l’Imam Hussein (AS) dans son testament adressé à Mohammad Hanafieh, présente le mouvement de l’Achoura comme une action pour répandre le commandement du bien et interdire le mal: ” Je ne me suis pas révolté ni pour l’ambition, ni pour la cupidité, ni pour le chaos et ni pour l’oppression, au contraire, je me suis révolté pour réformer les affaires de ma nation ancestrale. Je veux commander le bien et interdire le mal et agir à la manière de mon Grand-père et de mon Père”[1].
  2. L’exigence d’exprimer les règles islamiques: L’un des moyens de développer les principes islamiques dans la société est d’exprimer ou de rappeler à leurs semblables ce qui est bien et ce qui est mal. Au verset 9 de la sourate Al-A’la, il est dit: “Rappelle, donc, où le rappel doit être utile”. Ainsi, le rappel, aussi bien à soi-même qu’aux autres, peut éveiller l’être humain impliqué dans lui-même ou dans ses sentiments ou sa sensualité, l’éloigner des mauvaises actions, et l’encourager à faire le bien.
  3. Le besoin d’une surveillance continue: Tenter de justifier et d’encourager les autres sur la nécessité d’une surveillance individuelle et collective continue de soi et des autres,  pour encourager le bien et interdire le mal, conduit à la formation d’une  surveillance populaire continue avant l’existence d’une surveillance systématique. À cet égard, le Saint Prophète (P) a dit: Faites votre propre examen de conscience, avant que vous ne soyez jugés, et pesez votre âme avant qu’elle ne soit pesée, et préparez-vous pour la grande Résurrection”[2].

C) Exigence morale: Le développement des devoirs religieux en général, et ce double principe d’enjoigndre le bien et d’interdire le mal, en particulier, est aussi une nécessité morale et aura les effets suivants :

  1. La diffusion de l’altruisme et l’importance de la participation du public: Accroître le sens de l’altruisme dépend de la fraternité, et cette fraternité dépend de l’effort pour un mouvement commun vers la création d’une société moralement pure et saine, dans laquelle les frères et sœurs de la foi s’entraident pour créer une telle société idéale. Le verset 2 de la sourate Al-Ma’idah met l’accent sur la nécessité de la coopération pour le bien et l’évitement de la coopération pour le mal: “Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression”.
  2. La correction du comportement réciproque: Tant que les êtres humains ne se traitent pas comme ils aimeraient être traités, ils n’ont pas fait leur devoir moral. Afin de réaliser un tel principe, l’Imam Ali (AS) a dit : “Quelle déclaration sage et parfaite est cette déclaration selon laquelle: Ce que vous aimez pour vous-même aimez-le pour les autres et ce que vous n’aimez pas pour vous-même ne l’aimez non plus pour les autres”[3]. Si une personne veut vivre dans une société saine, elle doit le vouloir aussi pour les autres, et pour ce faire, elle doit agir, individuellement ou collectivement, pour répandre le bien et prohiber le mal dans la société.

 

 

Notes:

1- Bihar Al-Anwar, V° 44, p. 329.

2- Wasa’il  Al-Shia, V° 16, p. 99.

3- Mizan Al-Hikma, V° 3, p. 179.

 

* La série d’articles “Le Chiisme répond” à l’effort Base de données du Centre International de la Coopération d’infos de Shafaqna, et a été préparé et organisé afin de fournir des réponses courtes et simples aux questions courantes sur l’islam et le chiisme dans différentes parties du monde. Les réponses à ces questions se font en collaboration avec des chercheurs et des centres de sciences islamiques et sur la base de ressources en ligne et de bibliothèque.

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