Le Chiisme répond: Dans quelles conditions Imam Ali (AS) a-t-il accepté le califat ?

by Pey Bahman Z
Islam, Imam Ali (AS), prophète Muhammad (P)

SHAFAQNA – Le chiisme est persuadé qu’après le décès du Prophète de l’Islam (P), l’exercise politique du pouvoir dans la société musulmane est tombée entre les mains de ceux qui n’avaient pas assez de capacité et de compétence pour cette responsabilité et cela a fait manquer de nombreuses opportunités au cours des 25 années écoulées depuis la mort du Messager de Dieu (P). L’expansion extraordinaire du territoire islamique et l’attention excessive accordée aux victoires militaires par les califes avaient mis en écart l’éducation religieuse et par conséquent, la société faisait face à un grand fossé culturel. L’oubli de nombreuses traditions du Prophète (P), la perte de nombreux Compagnons, la prospérité et la recherche de l’aisance matérielle chez certains Compagnons, et d’autres changements rapides survenus au cours de ces années, avaient obscurci l’espoir de réformer la société islamique naissante. Et pour cette raison, l’Imam Ali (que la paix soit sur lui), prévoyant des conditions très difficiles à l’avenir, a d’abord refusé d’accepter le califat et n’avait aucune envie d’accepter le gouvernement. Finalement, les demandes incessantes du peuple sont devenues l’ultime preuve pour l’Imam et il a senti qu’il était de son devoir de prendre le contrôle des affaires de la société musulmane.

L’Islam offre à l’humanité un progrmme global pour sa vie dans ce monde et dans l’au-delà et veut que l’homme vive une vie heureuse pleine de spiritualité dans ce monde afin qu’il puisse atteindre le bonheur éternel, qui est la vie infine dans la demeure de l’au-delà. Le Saint Prophète Muhammad (paix et bénédictions de Dieu sur lui) a présenté les bases et les généralités de ce programme au cours de sa mission. Mais l’explication de ses détails incombait à ses successeurs, qui étaient censés prendre le relais et continuer dans cette voie. Le chiisme est persuadé qu’après le décès du Prophète de l’Islam (P), l’exercise politique du pouvoir dans la société musulmane est tombée entre les mains de ceux qui n’avaient pas assez de capacité et de compétence pour cette responsabilité et cela a fait manquer de nombreuses opportunités au cours des 25 années écoulées depuis la mort du Messager de Dieu (P).

L’un des points à retenir lors de la description des conditions de la société islamique au moment où l’Imam Ali (AS) allait accepter le califat était l’extraordinaire expansion du territoire islamique. Les conquêtes avaient annexé de nombreuses régions au territoire islamique ayant laissé de nombreux effets sur la société musulmane. D’une part, elles avaient considérablement accru le pouvoir politique du gouvernement islamique. Du point de vue économique, des butins issues des victoires dans ces batailles avaient d’innombrables effets économiques positifs sur la communauté islamique. D’autre part, de nombreuses personnes étaient devenues musulmanes ou étaient sous la protection du gouvernement islamique en tant que dhimmis et qui n’avaient aucune connaissance de la Sîra du Prophète (P). En revanche, l’attention excessive accordée aux victoires militaires par les califes avaient mis en écart l’éducation religieuse et par conséquent, la société faisait face à un grand fossé culturel1.

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Au sein de la société, d’innombrables déviations ont eu lieu surtout pendant le califat d’Othman. L’oubli de nombreuses traditions du Prophète (P), la perte de nombreux Compagnons, la prospérité et la recherche de l’aisance matérielle chez certains Compagnons, augmentation du pouvoir financier, politique et social des Omeyyades qui, avec le soutien d’Othman, avaient pu déployer leur mainmise sur la richesse de la communauté musulmane (Bayt al-mal), ainsi que d’autres changements rapides survenus au cours de ces années, avaient obscurci l’espoir de réformer la société islamique naissante. Et pour cette raison, l’Imam Ali (que la paix soit sur lui), prévoyant des conditions très difficiles à l’avenir, a d’abord refusé d’accepter le califat. Finalement, face à l’insistance du peuple, il a dit: “Laissez-moi et cherchez quelqu’un d’autre. Nous sommes face à une question qui a (plusieurs) visages et couleurs, que ni les cœurs ne peuvent supporter ni l’intelligence ne peut accepter. Les nuages planent au-dessus du ciel et les visages ne sont pas discernables. […]”2 L’Imam voyait la situation future comme influencée par le passé et très sombre, difficile et décevante, et il ne voulait pas accepter le califat. Par ailleurs, les événements ultérieurs ont également montré que son analyse était tout à fait correcte. Finalement, les demandes incessantes du peuple sont devenues l’ultime preuve pour l’Imam et il a senti qu’il était de son devoir de prendre le contrôle des affaires de la société musulmane3.

Par conséquent, si le califat avait été confié à l’Imam Ali (AS) après la mort du prophète de l’Islam (P), il aurait pu gérer la société selon le Coran et la Sunna de Muhammad (P). Mais après 25 ans, la situation avait complètement changé et en raison de la situation défavorable de la société, de la perte d’opportunités et de la propagation des hérésies, les conditions n’étaient pas réunies pour atteindre ces objectifs et par conséquent, ses efforts pour réformer la société sont restés inachevés.

 

Notes:

1- Pour plus d’informations, voir: Jafarian, Rassoul, L’histoire politique de l’Islam, v.2, L’histoire des califes (De la mort du Prophète au déclin des Omeyyades), Qom, Éd. Dalil, 2001, pp.188-193.

2- Sayyed Radhi, Nahj al-Balagha, corrigé par Sobhi Salih, sermon 92.

3- Voir: Ibid, sermon 3 (le sermon d’Al-Shiqshiqiyya) : “Voici, par Celui qui a fendu le grain (pour faire pousser) et créé les êtres vivants, si les gens n’étaient pas venus à moi et les partisans n’avaient pas épuisé l’argument et s’il n’y avait pas eu de promesse d’Allah avec les savants à l’effet qu’ils ne devraient pas acquiescer à la gourmandise de l’oppresseur et à la faim de l’opprimé, j’aurais jeté la corde du Califat sur ses propres épaules, et j’aurais fait subir au dernier le même traitement qu’au premier. Alors vous auriez vu qu’à mon avis, votre monde ne vaut pas mieux que l’éternuement d’une chèvre.”

 

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