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SHAFAQNA – WikiShia : Imam Muhammad al-Jawâd (as) (en arabe :الإمام الجواد عليه السلام), ou Imam Muhammad Taqî (as), Muhammad b. ‘Ali b. Musa b. Ja’far, connu sous le nom de Jawad, est le neuvième Imam des chiites duodécimains. Il est né en l’an 195h. à Médine, et a été tué à l’âge de 25 ans, par Mu’tasim. Il est enterré à Kazimayn à coté de son ancêtre l’Imam Kazim.

Après le martyre de l’Imam Ridha, certains chiites ont pris son frère, Abdullah, pour l’Imam suivant. D’autres ont rejoint les Waqifides. Mais la plupart ont admis l’imamat de son fils, l’Imam Jawad, malgré son jeune âge.

Son époque fut très sensible. Il était donc en relation avec les chiites par l’intermédiaires de son représentant.

Les débat juridique et théologique de l’Imam Jawad notamment à propos des thèmes comme le “pèlerinage” de hajj, et la Loi concernant le “vol”, sont très connus.

Ses titres et sa lignée

Muhammad b. ‘Ali b. Musa b. Ja’far b. Muhammad, est le neuvième Imam des chiites duodécimains, connu sous le nom de l’Imam Jawad. Son père est l’Imam Ridha, le huitième Imam chiite, et sa mère Sabika une fille issue de la famille de Marya Qabtiya – une des épouses du Prophète. Précisons que dans certaines sources, le nom de sa mère est mentionné : Khayzaran ou Rayhana[1].

Son titre est Abu Ja’far, et dans certaines sources on l’a nommé Abu Ja’far al-Thanï, afin de ne pas le confondre avec Abu Ja’far al-Awwal, c’est à dire l’Imam Baqir [2].

Son surnom le plus connu est Jawad, mais il en a d’autres comme : Taqi, Murtadha, Radhï, Mukhtar, Mutawwakil et Muntajib [3].

Sa naissance et sa mort

D’après les sources historiques, l’Imam Jawad est né en 195h. à Médine. Mais il y a des divergences sur le jour de sa naissance. Certains, comme le Shaykh Tusi dans Misbah al-Muthajd[4], disent que ce fut le 10 rajab. D’autres le considèrent le 14 ramadan[5].

L’Imam Jawad a été tué par Mu’tasam Abbasi en 220 h. à l’âge de 25 ans à Baghdâd. Sa tombe est à côté de la tombe de son grand père l’Imam Kazim, dans la ville de Kazimayn. C’est un des lieux importants de pèlerinages chiites[6].

Les preuves de son imamat

L’imamat de l’Imam al-Jawad (as) a duré 17 ans entre l’an 203 H./818 et l’an 220 H/835. Il existe de nombreux rapports concernant l’imamat de l’Imam al-Jawad (as), dont le rapport selon lequel l’un des compagnons de l’Imam al-Ridâ (as) a demandé au sujet de son successeur, et l’Imam al-Ridâ (as) a montré, en réponse, avec sa main indiquant son fils Abû Ja’far (Imam al-Jawad (as)) qui se tenaiten face de lui.

Dans une autre narration, l’Imam al-Ridâ (as) dit: «Il est Abû Ja’far, que j’ai mis à ma place, j’ai laissé mon statut à lui. Nous sommes une famille dont les enfants héritent comme les adultes.» (Cela signifie que de la même manière que nos anciens héritent et reçoivent des connaissances, nos enfants héritent des connaissances des anciens.)

Dans un autre rapport, Abû l-Hassan b. Muhammad (parmi les compagnons de l’Imam al-Ridâ (as)) a déclaré : «J’ai entendu l’Imam al-Ridâ (as) dire : « Abû Ja’far est mon calife parmi mon peuple.»

Un enfant béni

L’Imam al-Jawâd (as) est né vers la fin de la vie de l’Imam al-Ridâ (as). On a dit qu’avant sa naissance, l’Imam al-Rida (as) n’a pas eu d’enfants et quelques ennemis ont répandu une rumeur d’après laquelle l’Imam al-Ridâ (as) n’allait pas laisser de descendance après lui-même et la chaîne de l’imamat serait brisée [après sa mort]. Selon des sources narratives, quand l’Imam al-Jawâd (as) est né, on l’a amené à son père, l’Imam al-Ridâ (as) qui a dit: « Ceci est l’enfant le plus béni de tous ceux qui sont nés de nos partisans.» En outre, il a été rapporté par Ibn Asbāt et ‘Ubbad b. Isma’ïl qui disent : « Nous étions chez l’Imam al-Ridâ (as) quand Abû Ja’far (Imam al-Jawâd (as))a été amené. Nous lui avons demandé: « Est-il cet enfant béni [qu’on attend]?» L’Imam al-Ridâ(as) dit: « [Oui] ceci est l’enfant le plus béni parmi tous ceux qui sont nés dans le monde musulman.»

L’imamat et l’enfance

L’Imam al-Jawâd (as) est devenu l’Imam quand il n’avait que 8 ans, et donc beaucoup de chiites n’ont pas accepté son imamat et se sont tournés vers d’autres personnes. Un autre groupe errait à cause du fait que celui-ci était un enfant jusqu’à ce que la question de l’imamat soit posée; cependant ils ont suivi peu à peu son imamat. Ceci est l’une des questions qui a été soulevée par certaines personnes au moment de l’imamat de l’imam al-Ridâ (as) et celui de l’imam al-Jawâd (as), et ces deux Imams (as) leur ont donné des réponses basées sur le Coran. L’une de ces réponses est au sujet de la prophétie du Prophète Yahya (as) (Jean), où le Coran dit: « Nous lui donnâmes l’Illumination (hukm) en son enfance.» (19:12) Une autre réponse parlait du Prophète ‘Isa (as)(Jésus) et sa prophétie pendant les premiers jours après sa naissance. Les versets 30 à 32 de la sourate Maryam (Marie) raconte:

Mais [l’enfant] dit : «Je suis serviteur d’Allah. Il m’a donné l’Écriture et m’a fait Prophète. Il m’a béni où que je sois et m’a recommandé la Prière et l’Aumône tant que je resterai vivant, ainsi que la bonté envers ma mère. Il ne m’a fait ni violent ni malheureux.» (19: 30-32)

Les chiites après le martyre de l’Imam al-Ridâ (as)

L’Imam al-Ridâ (as) a été martyrisé en 203 H./818 lorsque son fils, l’Imam al-Jawâd (as) avait seulement 8 ans. Ce dernier est devenu l’Imam tout de suite après don père. Mais son imamat a causé un désaccord entre les chiites. Par la suite certains d’entre eux ont suivi ‘Abd Allah b . Mûsa b. Ja’far, le frère de l’Imam al-Ridâ (as). Mais comme ils ne voulaient pas accepter l’imamat d’une personne sans preuves suffisantes, certains d’entre eux ont posé des questions à ‘Abd Allah, et en le trouvant incapable de répondre, ils l’ont abandonné. Suite à la mort de l’Imam Ridâ, un autre groupe chiite a rejoint les Waqifites. Selon al-Nubakhti, la raison d’une telle division était qu’ils considéraient que la maturité de l’âge est une des exigences principales de l’imamat.

Cependant la plupart des chiites ont suivi l’Imam al-Jawâd (as), même si certains d’entre eux lui ont posé la question à propos de son jeune âge, et l’Imam (as) a répondu à cette question en donnant l’exemple du successeur du Prophète Sulayman (as) (Salomon) après le Prophète Dawud (as) (David).

Selon certains hadiths, lorsque l’Imam al-Jawâd (as) est devenu l’Imam à l’âge de 8 ans, certaines personnes de Bagdâd et d’autres villes sont allées le voir à Médine durant le Hadj. Lors d’une réunion avec ‘Abd Allah b. Musa (l’oncle de l’Imam al-Jawâd (as)), elles lui ont posé des questions, mais ses réponses ne leur semblaient pas convaincantes, et les a déçues. Puis elles sont allées chez l’Imam al-Jawâd (as) et lui a posé les mêmes questions, il leur a donné des réponses convaincantes qui les rendaient heureux. Elles ont donc loué l’Imam Jawâd (as) et ont prié pour lui.

Son imamat

L’imamat de l’Imam al-Jawâd (as) était contemporain avec deux califes abbassides: le premier était Ma’mûn (193/809-218/833) et l’Imam (as) a passé 23 ans de sa vie au moment de son califat. Le deuxième était al-Mu’tasim al-Abbasi (218/833-227/842) deux années de son califat étaient contemporaines avec l’imamat de l’Imam al-Jawâd (as). L’Imam al-Jawâd (as) est allé à Bagdad deux fois suite à la demande de ces deux califes. Son premier voyage à l’époque de Ma’mûn ne fut pas longue. Lors du deuxième voyage, l’Imam al-Jawâd (as) a resté plus longtemps à Bagdad et où il a été martyrisé.

Couper la main d’un voleur

Lorsque l’Imam (as) vivait à Bagdad, certains événements se sont produits et ont favorisé le statut de l’Imam (as) parmis les gens. Son verdict sur les voleurs en est un exemple. A l’époque on coupait la main des voleurs, et il y avait un désaccord sur la question de l’endroit où la main du voleur devait être coupé ; certains disaient qu’elle devait être coupée du poignet, d’autres disaient qu’elle devait être coupée du coude. Mu’tasim, le calife abbasside, a demandé à l’Imam al-Jawâd (as) de donner son avis à cet égard. [l’Imam se retenait mais] suite à l’insistance du Calife il a dit: « Seulement les doigts d’un voleur peuvent être coupés et non pas sa main.» Il a ensuite évoqué le verset suivant du Coran comme sa preuve : « La Mosquée [sacrée] est à Allah. Ne priez donc personne à côté d’Allah.» (72:18) La réponse de l’Imam a plu à Mu’tasim et il a ordonné que son verdict soit suivi.

Les liens de l’Imam avec les chiites

En nommant des agents dans les différentes parties du monde musulman, l’Imam al-Jawâd (as) a été en lien avec les chiites. L’une des raisons pour lesquelles il n’a pas été directement en lien avec le peuple chiite mais par l’intermédiaire des agents, était que l’il a été sous surveillance et contrôle strictes du pouvoir en place; l’ autre raison était qu’il voulait préparer le contexte pour l’Occultation de l’Imam al-Mahdi (as).

Imam al-Jawâd (as) avait des agents en terre d’islam comme à Baghdâd, à Kûfa, à Ahwâz, à Basra, à Hamedân, à Qom, à Ray, à Sïstân et à Bust.

En outre, le lien des chiites avec l’Imam (as) était par l’intermédiaire des lettres (Voir: tawqi’). Une grande partie des enseignements qui sont restés de l’Imam al-Jawâd (a) sont mentionnés dans ses lettres aux chiites. Dans leurs lettres, les chiites ont mentionné leurs questions, pour la plupart jurisprudentielles auxquelles l’Imam (a) répondait. Dans la plupart des lettres, le nom de celui qui l’a écrit à l’Imam (as) est mentionné, mais ce n’est le cas de toutes les lettres.

Dans Mawsu’at al-Imam al-Jawad (as), à l’exception des noms du père et du fils de l’Imam al-Jawâd (as), les noms de 63 personnes avec qui l’Imam (as) a eu des correspondances, pris des sources de hadiths et de rijal sont indiqués ; cependant, certaines lettres ont été écrites à un groupe de chiites.

L’Imam al-Jawâd (as) a également écrit quelques lettres à ses agents dans différentes villes comme Hamedan et Bust. Egalement quelques chiites de l’Iran sont allés lui rendre visite à Médine. Ces visites sont par ailleurs, des visites qui ont eu lieu pendant les jours du hajj entre l’Imam (as) et les chiites.

Les Hadiths attribués à l’Imam (as)

Puisque l’Imam al-Jawâd (as) a été tué en martyre à l’âge de 25 ans, et puisqu’il (as) était sous surveillance et sous la pression du gouvernement, il (as) n’a pas eu beaucoup de temps pour promouvoir les croyances chiites. Cependant, même dans cette courte période, il (as) fait de grands efforts pour éduquer des élèves et expliquer les hadiths sur la jurisprudence, l’exégèse, la théologie et l’invocation. Nous détenons aujourd’hui un ensemble d’environ 250 hadiths dans les différents domaines islamiques de lui.

Tawassul (l’intercession) à l’Imam al-Jawâd (as)

Selon les conseils de certains érudits chiites, certains chiites font tawassul à l’Imam al-Jawâd (as) pour l’augmentation de leur subsistance quotidienne et pour la solution de leurs problèmes matériels. De ce fait il est appelé le Bab al-Hawa’ij [le Porte des demandes/besoins]. Un exemple de ces conseils est rapporté par Al-‘Allâma al-Majlisï d’Abu al-Wafaa Shirazi qui prétendait que le Prophète (p) lui avait conseillé dans son rêve de faire tawassul à l’Imam al-Jawâd (as) pour les questions matérielles.

Al-‘Allâma al-Majlisï a rapporté par Abû al-Wafâ’: «J’ai été arrêté une fois par fils de Ilyas, gouverneur de Kermân et ai été emprisonné pendant un certain temps. Comme le temps passait, je me suis rendu compte qu’ils complotaient pour me tuer. Je craignais et je ne savais pas quoi faire pour me libérer d’un tel complot. Une nuit, j’ai fait supplication à l’Imam al-Sajjâd (as) pendant que je priais devant Dieu et je demandais à Dieu pour ma liberté. Immédiatement, je me suis endormi et j’ai rêvé du Prophète (p) qui m’a dit: « Ne fais pas tawassul à moi, à ma fille, à al-Hasan, à al-Husayn ou à d’autres, mais pour l’augmentation de la subsistance quotidienne et la résolution des problèmes fais tawassul à mon fils al-Jawâd (as), par lequel Dieu va répondre à ta demande.»

Références

 

  1. Kulayni, al-Kafi, vol.1, p. 315 et 492; Majlisi, Bihar al-anwar, vol. 50, p. 1
  2. Kulayni, al-Kafi, vol.1, p. 315 et 492; Majlisi, Bihar al-anwar, vol. 50, p. 1
  3. Ibn Shahrashub, Manaqib, vol.4, p. 379; Maklisi, Bihar al-anwar, vol. 50, p.12-13
  4. Voir Shaykh Tusi, Misbah al-Muthajd, p. 804-805; Fadhl b. Hasan Tabarsi, 1417, p. 128
  5. Sa’d b. Abdullah Ash’ari, p.99; Muhammad Jarir Tabari Amuli, 4017, Dala’il al-Imama, p. 383
  6. Ibn Shahrashub, Manaqib, vol.4, p. 379; Majlisi, Bihar al-anwar, vol.50, p. 12-13

 

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