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SHAFAQNA –  Ce qui suit fait partie du livre La Question De L’Imamat, par Sayyed Mujtaba Musavi-Lari , sélectionné par SHAFAQNA.

On a déjà lu que De nombreux traditionalistes et historiens sunnites ont rapporté cette parole du deuxième calife: “L’Envoyé de Dieu divague”. D’autres ont essayé d’en atténuer la gravité, en la rapportant comme suit: “Le Prophète ne résiste plus à la douleur de la maladie; nous avons le Livre de Dieu; le Livre de Dieu nous suffit.” (1)

Comme si l’Envoyé de Dieu ignorait la valeur du Livre de Dieu, et que ses compagnons pouvaient l’estimer mieux que lui! Peut-on dire du Prophète qu’il est plus en possession de ses facultés, quand il veut confirmer, par un document écrit, la dignité de l’Imam dans la communauté musulmane?

Si nous devions expliquer la décision du Prophète comme un signe de l’affaiblissement de sa faculté de jugement, par suite de la maladie, pourquoi n’a-t-on pas accusé le premier calife Abu Bakr de déséquilibre mental quand il a, sur son lit de mort, transmis par écrit la charge califale à Omar ibn al-khattâb?

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Pourquoi ce dernier n’a-t-il pas eu la même attitude à l’égard d’Abu Bakr que celle qu’il eut à l’égard du Prophète?

Et si Omar pensait que le Livre de Dieu suffisait pour résoudre tous les problèmes, pourquoi s’est-il rendu avec célérité, en compagnie d’Abu Bakr, dès la mort du Prophète, à la Saqîfa des Bani Sâ’ida, pour y résoudre, comme ils l’entendaient, le problème de la succession du Prophète?

Pourquoi ne mentionnèrent-ils nullement le Coran?

L’historien Tabari rapporte que Qays a dit:

“J’ai vu Omar ibn al-Khattâb, assis en compagnie d’autres gens, dont Chadîd, un homme du clan d’Abu Bakr, qui tenait en main le rouleau portant la désignation d’Omar comme Calife.

Omar dit: “ô gens! Ecoutez et obéissez à la parole du calife (Abu Bakr) du Prophète de Dieu. Le calife vous a dit: “Je ne vous ai pas quitté sans vous avoir donné le meilleur conseil”. (2)

Même après la disparition du Prophète, des agissements contraires à ses ordres se sont fait jour. Sous le règne d’Omar, beaucoup de transgressions de la Loi divine peuvent être relevées, comme en témoignent d’ailleurs les ouvrages sunnites qui font autorité (ceux de Muslim, de Boukhâri, et de Ibn Hanbal, etc…).

Omar a dit:

“Il y a trois pratiques qui sont de l’époque de l’Envoyé de Dieu, et que, moi, j’interdis et punis: le mariage temporaire, le petit pèlerinage (celui que l’on accomplit en plus du pèlerinage obligatoire) et la phrase “venez à la meilleure oeuvre!” (hayy ‘alâ khayr al ‘ammal, qui faisait partie de l’appel à la prière.) (3)

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C’est en outre Omar qui a ordonné que l’on ajoute à l’appel à la prière du matin, la phrase: “la prière est meilleure que le sommeil”. (4)

Tirmidhi rapporte dans son Sahîh qu’un homme de Syrie interrogea Abdallah ibn Omar (le fils du second calife) au sujet du .mariage temporaire (mut’a). Abdallah répondit:

“C’est (une pratique) licite”. Le Syrien dit: “Ton père ne l’avait-il pas interdite?”. Abdallah répondit: “Si Omar l’avait interdite, et le Prophète permise, abandonnerais-tu la Tradition pour une parole d’Omar?” (5)

A l’époque du Prophète, et d’Abu Bakr, et durant les trois premières années du califat d’Omar lui-même, on considérait comme une seule déclaration de divorce, le fait qu’un homme prononce trois fois de suite, dans une même occasion, la formule consacrée de divorce. Mais Omar en décida autrement, disant qu’elle sera désormais considérée comme valant les trois divorces la suite desquels l’épouse devient illicite pour son successifs a mari. (6)

Mais les chiites continuent de professer qu’elle n’a valeur que d’une seule déclaration.

Le docteur sunnite le Cheykh Chaltout, qui fut le recteur de l’unversité d’Al-Azhar au Caire, avait émis l’opinion que le droit chiite était préférable et plus juste sur cette question et en d’autres, que le droit sunnite. (7)

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Le Coran interdit, même au Prophète, de changer quoi que ce soit des prescriptions divines:

“Si cet Apôtre Nous avait prêté quelques paroles (mensongères) Nous l’aurioms pris par la main droite, puis Nous lui aurioms tranché l’aorte.” (Sourate 69 “Celle qui doit venir” (Al-Hâqqa), verset 44 à 47 )

Nous constatons ainsi que certains compagnons de l’Envoyé de Dieu prenaient des positions personnelles en opposition avec celles du Prophète. Ils ne se pliaient pas à ses ordres et recommandations, et ils n’hésitaient pas à s’en écarter lorsque ces ordres allaient à l’encontre de leurs désirs.

Il n’est pas étonnant, par conséquent, que ces compagnons soient restés sourds aux paroles prononcées par le Prophète à Ghadir Khumm, et en d’autres circonstances.

À Suivre…


  1. Muslim: Sahîh tome 3, chapitre du Testament, p. 1259; Boukhâri: Sahîh tome 4, p.5.
  2. Tabari: Târikh tome 4, p. 51.
  3. Voir: al-Ghadir tome 6, p.23.
  4. Ibn Hanbal: Musnad tome 3, p. 408; Muslim: Sah îh tome 3, p. 183; Halabi: al-Sîrat tome 2, p. 105; etc…
  5. Voir: tome 4, Chapitre du pèlerinage, p.38.
  6. Muslim: Sah îh tome 4, p. 183.
  7. Voir à ce sujet la revue: Rissâlat.ul-islam, lleme année, N°1 parue à Caire.

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