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Lujain al-Hathloul, une des militantes saoudiennes défendues par Amnesty International

SHAFAQNA – Middle East Eye : Amnesty International a indiqué qu’un membre de son personnel avait reçu un message WhatsApp suspect sur son smartphone avec un lien qui, s’il avait été téléchargé, aurait installé Pegasus, outil de surveillance sophistiqué créé par la société israélienne NSO Group.

Le message reçu était rédigé en arabe et a été envoyé à Amnesty International durant la semaine où l’organisation menait une campagne pour la libération de six défenseurs des droits des femmes détenus en Arabie saoudite.

Le message demandait à Amnesty de couvrir une manifestation devant l’ambassade saoudienne à Washington : « Pouvez-vous s’il vous plaît couvrir [la manifestation] organisée pour vos frères détenus en Arabie saoudite devant l’ambassade d’Arabie saoudite à Washington ? Mon frère a été arrêté pendant le Ramadan et je suis boursier ici, donc s’il vous plaît ne m’associez pas à cela. Couvrez cette manifestation maintenant, elle commence dans moins d’une heure. Nous avons besoin de votre soutien s’il vous plaît ».

« Nous pensons donc qu’un gouvernement hostile au travail que nous menons en faveur des droits humains a délibérément tenté d’infiltrer Amnesty International », a déclaré Amnesty dans un communiqué sans nommer le gouvernement qu’il soupçonne d’être à l’origine de l’attaque.

À lire aussi : Amnesty International : une forte critique de la situation des droits de l’homme en Arabie Saoudite

Utilisé « comme appât »

Cependant, une enquête menée par l’ONG révèle qu’« un militant des droits en Arabie saoudite a reçu le même message piégé » et explique que le message reçu sur la prétendue manifestation contre l’Arabie saoudite avait été utilisé « comme appât » pour « espionner des militants des droits humains dans le monde entier et pour les empêcher d’accomplir leur travail ».

L’Arabie saoudite est régulièrement critiquée par Amnesty et d’autres associations pour ses violations en matière de droits et de libertés individuels.

Dans un rapport sur les libertés en Arabie saoudite, l’ONG épinglait « la torture et les mauvais traitements en détention » qui sont une monnaie courante dans le royaume saoudien. « Les autorités ont eu recours très fréquemment à la peine de mort et ont procédé à des dizaines d’exécutions », est-il aussi relevé.

Amnesty International rappelle que « les manœuvres visant à nous espionner ne [nous] empêcheront jamais de défendre la vérité, la justice et l’égalité. Nous travaillons avec des militants des droits humains pour les aider à se protéger contre de lâches attaques de ce type, et pour que les gouvernements qui bafouent les droits humains ne puissent pas utiliser la technologie pour les museler ».

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