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SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre Analyse stylistique des Sermons de Fatima al Zahrâ’ (p), Compilé et traduit, annoté et édité par: Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

La sainte Fatima poursuit par la suite son sermon, pour terminer la série de la conduite des gens. Après avoir dit brièvement que Satan a sorti sa tête parmi ces derniers, lesquels ont répondu positivement à son appel, elle a commencé maintenant à exposer les fils du complot en commentant leur conduite qui vise une religion autre que l’islam et qui les mènerait à leur perte dans l’au-delà.

À lire aussi: L’analyse stylistique du 1er sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 8)

-Thumma lam talba-thu illâ raytha an taskun nafratahâ

-Thumma lam talba-thu illâ raytha an taskun nafratahâ

(vous avez attendu jusqu’à ce que son état farouche se calme),

-Wa yaslasaqiyâdahâ

(et qu’il soit facile de le mener)

-Thumma akhathtum tuwarrûna waqdatahâ

(puis vous vous êtes mis à allumer son feu)

-wa tahayyijûna jamratahâ

(et attiser ses braises),

-wa tastajîbûna li-hitâf-ich-chaytân-il-ghawiyy

(et répondre positivement à l’appel du satan le corrupteur)

-Wa itfâ’i anwâr-id-dîn-l-jaliyy

(et éteindre les lumières de la religion patente)

-Wa ihmâdi sunan-in-nabiyy-iç-çafiyy

(et étouffer les Traditions du Prophète, le pur)

À lire aussi : L’analyse stylistique du 1er sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 7)

Les deux premières images qui font la jonction entre la partie précédente du sermon et celle dont nous traitons maintenant “Thumma lam talba-thu “illâ raytha an taskun nafratahâ (vous avez attendu jusqu’à ce que son état farouche se calme)”, et “Wa yaslasa qiyâddahâ (et qu’il soit facile de le mener)” assument une mission esthétique importante, car d’une part elles décèlent des significations montantes (progressives) par le recours àla métaphore “(vous avez attendu jusqu’à ce que son état farouche se calme)/ Thumma lam talba-thu illâ raytha an taskun nafratahâ,” (qui symbolise l’événement du décès du Prophète (P) et ce qui s’ensuit (l’explosion du complotet l’entrée en scène de Satan) etc.. dans la première métaphore ” (et qu’il soit facile de le mener / (Wa yaslasa qiyâddahâ)”, ce qui signifie que lorsque l’état farouche se calme, la conduite des affaires vers le but visé par les gens incriminés se facilite. Là on a une combiniason imagée d’une grande importancce dans la mesure où la sainte Zahrâ a choisi des événements pour dessiner le portour de la situation : en effet le décès du Prophète (P) provoque des troubles dans la vie sociale et surprend les gens. La tension qui prévalent aux fonds des gens avec tout le conflit entre les forces du bien et les forces du mal qui l’accompagne d’une part, les occasions d’exploiter le mal d’autre part, tout ceci découle de la première image qui laisse entendre que l’état farouche était en agitation, pour un temps, c’est-à-dire jusqu’à ce que cet état farouche se calme. Et lorsqu’il se calme, les choses deviennent faciles à mener, car le choix de la docilité des choses est plus idoine aux événements pour faire passer le complot et parcourir l’étape de la déviation jusqu’à son terme fixé par les comploteurs. De là ces deux images, outre les significations qu’elles renferment-commencent à projeter la lumière sur la nouvelle étape du complot, étape qui requiert des provisions pour renforcerles comploteurs. Aussi les images suivantes forment-elles une réponse à ce qui précède :

-(puis vous vous êtes mis à allumer son feu)/ (Thumma akhathtum tuwarrûna waqdatahâ

-(et attiser ses braises)/ wa tahayyijûna jamratahâ

-(etrépondre positivement à l’appel du stan le corrupteur)/wa tastajîbûna li-hitâf-ich-chaytân-il-ghawiyy.

À lire aussi : L’analyse stylistique du 1er sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 6)

Ici il est impératif de faire un arrêt ou des arrêts pour admirer les images et leur développement organique, et voir leur lien avec ce qui précède et ce qui suit. Concernant la préparation des provisions pour l’étape ou le voyage, les gens incriminés se sont mis à ” (à allumer son feu), c’est-à-dire à tisser les fils du complot après le décès du Prophètes (P). Le tissage ou la cuisson requiert tout d’abord de comustible, et les voilà qui “allument son feu”, puis elle nécessite une augmentation de la chaleur pour que les aliments soient bien cuits, or les voilà qui ” attisent ses braises”. Ceci étant fait, les choses étant bien préparées, ils “répondent positivement à l’appel de satan, le corrupteur”. Il ne faut pas que le phénomène de développement organique du sujet passe inaperçu ici. Ainsi, Satan –dans la partie précédente que nous venons de terminer-a sorti sa tête aux gens, lesquels ont répondu positivement à son appel en général sans entrer dans les détails, c’est dire que la sainte Zahra a fait savoir que satan a sorti sa tête et a lancé son appel à l’adresse de ces gens, et a vu que ces derniers ont bien accueilli cet appel. Ceci dans le segment précédent, mais maintenant, ils ont répondu effectivement à son appel. Remrquons bien dans ce contexte que la sainte Zahra a dit dans la première partie du sermon que satan a sorti sa tête et lancé son appel, mais maintenant elle dit qu’ils ont répondu effectivement positivement à son appel. Dans la première partie satan a sorti sa tête de l’endroit où il s’était caché. Et maintenant il est sorti entièrement ( pas seulement sa tête), et mieux il a lancé un appel à l’adresse des gens, et est monté sur la scène. Examinons encore minutieusement la formulation de la situation sous l’angle de la progression (ou développemment) artistique du sermon. : progression “de l’endroit de cachette à l’endroit ouvert et manifeste, progression ” de la simple sortie de la tête, au lancement de l’appel, à l’acceptation effective de l’appel.

Tout ceci s’apparente au rapport artistique entre cette partie et la partie précédente, puis entre elle et les deux images qui font la jonction entre les deux parties (“son état farouche se calme” et “qu’il soit facile de le mener”)…. Puis concernant la continuité des images, nous rencontrons des particularités esthétiques sur lesquelles il convient de nous arrêter. Ainsi lorsque le sermon a indiqué que les gens ont commencé à allumer le feu, attiser ses braises et à répondre à l’appel de satan, il nous a présenté une série d’images soumises à un rythme unique c’est-à-dire rimées :

-wa tastajîbûna li-hitâf-ich-chaytân-il-ghawiyyi(1)

-Wa itfâ’i anwâr-id-dîn-l-jaliyyi(2)

-Wa ihmâdi sunan-in-nabiyy-iç-çafiyyi(3)

À lire aussi : L’analyse stylistique du 1er sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 5)

Ces trois images aux finales identiques (rimées) : (ghawiyyi, jaliyyi, çafiyyi) décèle une signification particulière, puisque d’une part, elles résument le résultat selon ses démarches dessinées, puisqu’il y a la réponse positive à l’appel de satan (le sermon a ajouté ici le qualificatif de corrupteur, qualificatif absent dans la partie précédente. Le motif artistique de cette différence dans la présentatation de stan entre les deux parties, réside dans le fait que les gens ont répondu effectivement à l’appel de satan dans la deuxième partie, ce qui justifie l’ajout du qualificatif de “corrupteur” ou séducteur à ce dernier (ayant réussi finalement à les séduire et à les amener à le suivre).

Puis il y a la réponse positive à l’extinction de la lumière claire… Remarquons que le sermon a conféré le qualificatif de “claire” à la lumière de la religion, parce que les segments précédents ont montré la clarté du Coran et que les gens maintenant –en essayant d’éteindre cette lumière-sont conscients de sa clarté, mais leur égoisme et la transgression, les deux moteurs de la conduite déviée-influent plus fortement sur la psychologie des gens déviés… Puis il y a une troisième réponse positive à l’étouffement des Traditions du Prophète (P),le pur..

Examinons plus minutieusement cette troisième image : le sermon a mentionné d’abord le phénomène de “l’étouffement”, lequel intervient après l’extinction, or dans l’image précédente les gens ont répondu positivement à l’extinction de la lumière en général (la lumière de la religion), comme si l’on versait de l’eau sur la flamme par exemple, alors que maintenant la situation a organiquement changé lorsque, après le versement de l’eau, l’opération de l’étuffement et du débarras de toute trace de la flamme a suivi.

L’autre développement organique réside dans la progression de l’extinction de la lumière de la religion en général à l’étouffement des Traditions du Prophète (P), le pur, c’est-à-dire du général au particulier, et ce particulier c’est la personnalité du Prophète (P) et ses traditions, dont la première d’entre elles est le testament mettant en évidence lmamat de Ali (p) que l’image identificatoire l’a qualifié de “içtifâ’/ sélection” ou “çafiyy/ pur”, les deux qualificatifs étant en corcondance avec la situation, vu que le sermon vise à indiquer que le qualificatif de pureté “çafiyy” a sa place organique, puisque le Prophète (P) a sélectionné ou désigné Ali (p) (pour sa succession) ou plutôt que c’est Allah qui a ordonné qu’il soit désigné, car le Prophète (P) ne “divague” pas, ne suit pas un caprice en recommandamt l’Imamat de Ali (p), mais le fait, sur ordre d’Allah. Donc ce nouveau qualificatif (çafiyy), et les deux autres nouvaux traits : “ghawiyy/ corrupteur” (satan) et “jaliyy/ clair” (la religion) présentent tous une parfaite concordance sur le plan de l’hamonie géométrique, c’est-à-dire la soumission des trois qualificatifs “ghawiyy”, “jaliyy” et”çafiyy”à des contextes spécifiques imposés par l’aspect esthétique et sémantique, comme nous l’avons déjà expliqué. Nous nous trouvons devant de nouvelles images qui terminent le sermon et qui réunissent le personnage du Prophète (P) et de l’Imam Ali (p) pour s’orienter vers un autre discours relatif à Fadak dans lequel la sainte Zahra exploite ce sujet (qui n’a pas de valeur cultuelle) pour le rappeler à l’attention des gens….

À lire aussi : L’analyse stylistique du 1er sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 4)

Concernant les images par lesquelles Fatima al-Zahra (p) termine le discours précité, ce sont des images qui parlent du couteau et de la lance et leur effet sur les tréfonds, car il s’agit d’images qui symbolisent “la patience” qui a marqué l’attitude de la sainte Zahra et de l’Imam Ali (p). En effet la patatience face au retournement de la situation requiert des personnages élus comme l’Imam Ali (p) et la sainte Zahra. Le choix du couteau et de la lance s’explique par le fait que le premier coupe alors que le second déchire, deux symboles du plus haut niveau de la frappe et du plus haut niveau de la patience pour les endurer.

Ici se termine la précédente partie et nous entrons dans la dernière partie qui revêt là dencore une particularité importante et qui comporte plusieurs segments que nous abordons tout de suite :

“vous prétendez que je n’ai pas droit à l’héritage”

“Est-ce donc le jugement du temps de l’Ignorancequ’ils cherchent? Qu’y a-t-il de meilleur qu’Allah, en matière de jugement pour des gens qui ont une foi ferme? “(4)

“Ne savez-vous pas ? Si, il vous est devenu aussi clair que le jour montant que je suis sa fille?

“أفَلا تَعْلَمُونَ؟ بَلى تَجَلّى لَكُمْ كَالشَّمْسِ الضّاحِیَةِ أنِّى ابْنَتُھُ.

Et s’adressant à son principal interlocuteur, elle dit:

-“Est-ce dans le Livre d’Allah que (c’est noté) tu hérites de ton père et moi non?!! “tu as fait une chose monstrueuse!”(5)

-Est-ce exprès que vous avez abandonné le Livre d’Allah en le laissant derrière vos dos, alors qu’il dit :

“16. Et Salomon hérita de David”(6)

Et concernant l’histoire de Yahyâ et Zakariyyâ, il dit :

” Accorde-moi, de Ta part, un descendant, qui héritede moi et hérite de la famille de Jacob.”(7)

Et il dit :

“75. Cependant ceux qui sont liés par la parenté ont priorité les uns envers les autres, d’après le Livre d’Allah. Certes.”(8)

Et il dit :

“11. Voici ce qu’Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles…”(9)

Et il dit :

“180. On vous a prescrit, quand la mort est proche de l’un de vous et s’il laisse des biens, de faire un testament en règle en faveur de ses père et mère et de ses plus proches. C’est un devoir pour les pieux.”(10)

À lire aussi : L’analyse stylistique du 1er sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 3)

Remarquons que l’appui sur le noble Coran est tel dans ce sermon qu’il est rare de le retrouver dans les textes littéraires. La sainte Zahra recourt à ce Livre céleste de deux manières : la manière dominante est celle d’implication et d’explicitation coranique (c’est-à-dire qu’elle cite parfois implicitement des versets coraniques, et parfois implique dans son texte des idées ou concepts coraniques), puis elle utilise le Coran comme un argument, dans un contexte spécifique. Et comme nous avons pu le voir, elle reproche aux gens de temps en temps, de ne pas se conformer aux stipulations du noble Coran, en s’appuyant elle-même souvent sur le texte coranique, leur signifiant qu’elle utilise, elle, ce qu’ils ont delaissé eux.

Cette densité de l’utilisation du texte ou idées scriptuaires expliquerait sans doute cette parfaite concordance entre le contenu du sermon et sa méthode artistique d’appui sur le Coran sous ses deux formes implicite et argumentaire.

L’importance esthétique du style de la sainte Zahra réside dans sa façon d’impliquer un texte coranique dans sa parole, comme elle le fait lorsqu’elle juxtapose ses dires et un verset ou un fragment de verser coranique : (tu as le droit d’hériter de ton père, et moi non ?!”tu as fait une chose monstrueuse!!”) L’interrogation d’un côté, et le commentaire sous forme de texte coranique de l’autre incarne l’un des aspects de sa merveilleux art.

À lire aussi : Une autre histoire du l’avènement du califat (2)

Passons à présent aux averissements relatifs aux sorts qui attendent ceux auxquels la sainte Zahra s’adresse :

-(prenez donc “Fadak”, scellé et bridé)

فَدُونَكَھا مَخْطُومَةً مَرْحُولَة

Fadûnakahâ makh-tûmatun marhûlaum

-(il te rencontrera le jour de ta résurrection)

تَلْقاكَ یَوْمَ حَشْرِكَ

Talqâka yawma hachrika

-(Allah est le Meilleur juge)

فَنِعْمَ الْحَكَمُ اﷲُ،

Fa-ni’ma-l-hakamu Allâhu

-(rendez-vous le jour de la Résurrection)

وَالْمَوْعِدُ الْقِیامَةُ،

Wa-l-maw’idu al-qiyâmah

-(Vous serez alors perdants ou les faux seront perdants)

وَعِنْدَالسّاعَةِ ما تَخْسِرُونَ (او یخسر المبطلونَ)

،Wa ‘inda-s-sâ ‘ati mâ takhsarûna (ou :yakhsar al-Mubtilûna)

Ce segment est une tranche linguistique stimulante que la simple lecture ne saurait en déceler les points de stimulation artisitique, que seul le goût (ou un esprit) esthétique peut capter. Le style des phrases (elles sont très courtes) d’une part, et son rythme homogène et successif ou juxtaposé (makhtûmatun marhûlatun) les conjonctions de coordination successives (al-ghrarîmuet al-maw’idu), les coupure des expressions et leur adjonction diverse, au point qu’on voit liés le juge, Mohammad, le Jour de la Résurrection et le verset coranique d’une manière “médiatique” ou encore l’interrogation, le commentaire, la menace, tout ceci constitue un véritable émerveillement ou un vrai régal esthétique pour le lecteur arabophone.

Notes :

1- (et répondrepositivement à l’appel du stan le corrupteur)

2- (et éteindre les lumières de la religion patente)

3- (et étouffer les Traditionsdu Prophète, le pur)

4-  (أَفَحُكْمَ الْجَاھِلِیَّةِ یَبْغُونَ وَمَنْ أَحْسَنُ مِنْ اللَّھِ حُكْمًا لِقَوْمٍ یُوقِنُونَ)(50(سورة المائدة.S5/v50

5- “27. Puis elle vintauprès des siens en le portant [le bébé]. Ils dirent: Ô Marie, tu as fait une chose monstrueuse!!” (sourate Maryam / Marie : 19 /27.

6- “16. Et Salomon hérita de David et dit: Ô hommes! On nous a appris le langage des oiseaux; et on nous a donné part de toutes choses. C’est là vraiment la grâce évidente.”(sourate al-Naml / Les fourmis : 27/16.)

7-“5. Je crains [le comportement] de mes héritiers, après mois. Et ma propre femme est stérile. Accorde-moi, de Ta part, un descendant 6. qui hérite de moi et hérite de la famille de Jacob. Et fais qu’il te soit agréable, ô mon Seigneur.”(Sourate Maryam / Marie : 19 /5-6).

8- “75. Et ceux qui après cela ont cru et émigré et lutté en votre compagnie, ceux-là sont des vôtres. Cependant ceux qui sont liés par la parenté ont priorité les uns envers les autres, d’après le Livre d’Allah. Certes, Allah est Omniscient.”(Sourate al-Anfâl / le Butin : 8 / 75.)

9- “11. Voici ce qu’Allah vous enjoint au sujet de vos enfants: au fils, une part équivalente à celle de deux filles. S’il n’y a que des filles, même plus de deux, à elles alors deux tiers de ce que le défunt laisse. Et s’il n’y en a qu’une, à elle alors la moitié. Quant aux père et mère du défunt, à chacun d’eux le sixième de ce qu’il laisse, s’il a un enfant. S’iln’a pas d’enfant et que ses père et mère héritent de lui, à sa mère alors le tiers. Mais s’il a des frères, à la mère alors le sixième, après exécution du testament qu’il aurait fait ou paiement d’une dette. De vos ascendants ou descendants, vous ne savezpas qui est plus près de vous en utilité. Ceci est un ordre obligatoire de la part d’Allah, car Allah est, certes, Omniscient et Sage..”(Sourate al-Nisâ’ / Les femmes : 4 / 11).

10- Sourate al-Baqarah/ la Vache : 2 / 180.

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