PARTAGER

SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre Analyse stylistique des Sermons de Fatima al Zahrâ’ (p), Compilé et traduit, annoté et édité par: Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

Mais abstraction faite de ladite structure géométrique ou architecturale, suivons la continuation de la description de la nouvelle situation dont parle le sermon. Cette situation comporte deux milieux dont l’un se déroule du vivant du Prophète (P), où l’Imam Ali (p) était sonsoutien, l’autre après son décès, où les auditeurs ont retourné leurs vestes.

Arrêtons-nous sur la présentation de ces deux milieux et commençons par le premier:

La présentation d’une série de traits qui ont marqué ces gens, tels que: 1-aisance, 2-tranquillité, 3-distraction, 4-sécurité, d’une part, 1-leur souhait de l’arrivée de malheurs, 2-leur attente de mauvaises nouvelles, 3-leur défection dans le combat et enfin 4-leur fuite du champ de bataille….

Examinons d’abord la division géométrique duelle de la conduite de ces gens:

1-Il y a quatre traits caractéristiques (aisance etc…

2-quatre autres traits caractéristiques aussi (le souhait de la venue de malheurs etc..)

-Les premiers traits se rapportent à une conduite particulière, à savoir la vie tranquille que mènent les gens en cotraste avec la vie de tension que vit l’Imam Ali (p) dans les combats et avec les difficultés du milieu dévié..

-Les seconds traits se rapportent à la conduite agressive vis-à-vis du Message de l’islam, puisque les gens visés souhaitent la venue de malheurs et attendent les mauvaises nouvelles..

Cet équilibre architectural ou géométrique entre les deux étages du bâtiment, l’équilibre entre quatre ailes symétriques de ces deux étages (c’est-à-dire l’étage des traits de sécurité et celui des traits agressifs, et l’équilibre entre quatre traits de chaque étage avec leurs pendants symétrique).

Laissons de côté cette structure esthétique, ainsi que le milieu qui la sous-tend, à savoir l’environnement qui incarne la vie du Prophète (P) et la comparaison entre le jihad de l’Imam Ali (p) et la défection des gens, laissons tout ceci pour nous occuper du second milieu ou environnement, celui du post-décès du Prophète (P), dans lequel nous nous trouvons devant une structure géométrique dont l’esthétique se révèle dans l’équilibre entre les deux milieux d’une part, et la comparaison entre l’attitude négative des gens du vivant du Prophète (P), et leur attitude après son décès où le sermon les dessine dans une structure architecturale solide comme suit:

«Dhaharat fîkum hasîkat-un-nifâqi (1)/ (Apparaît en vous alors l’hostilité de l’hypocrisie)fa-khatara fî ‘araçâtikum (2)/ Et il s’est pavané dans vous coursfa wasamtum ghayra ibilikum(3)/ Vous avez ainsi marqué de fer des chameaux qui n’etaient les vôtres

À lire aussi : L’analyse stylistique du 1er sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 7)

Chacucn de ces trois segments comprend une série d’images qui dessinent une tranche des types du comportement des gens, puis, nous nous confrontons à d’autres segments et tranches diverses dont nous exposons les images et la structure selon leur ordre dans le sermon:

Examinons tout d’abord le premier segment:

«Dhaharat fîkum hasîkat-un-nifâqi/ (Apparaît en vous alors l’hostilité de l’hypocrisie)

Que sous-tendent cette image et les suivantes comme traits esthétiques et sémantiques ?

La noble Zahrâ’ a décrit la position ou l’attitude de ces gens comme hypocrite et a mis l’accent sur le mot «hasîkat» qui signifie rancune et agression. Or il ne fait pas de doute que l’hypocrisie recèle nécessairement une rancune ou une agressivité, puisqu’elle consiste tout simplement à montrer une chose et à en cacher une autre: montrer la foi et cacher la mécréance ou la désobéissance. Montrer la première par inérêt personnel, et cacher la seconde par tendance ou penchant naturel de l’hypocrite. Donc cette flatterie est accopagnée forcément de sentiments de rancune et d’agression. C’est pourquoi la manifestation de cette rancune ou agression après qu’elle a été dissimulée au fond, apparaît avec la disparition du climat qui a imposé l’hypocrisie de la personnalité. C’est dire que le Messager d’Allah (P) ayant été transféré vers l’autre monde, les raisons de la manifestation de ce qui est contraire à ce qui est dissimulé ont disparu et les inclinations cachées-en l’occurrence la rancune ou l’agression-font surface.

Lorsque ce qui est dissimulé au fond fait surface et que ses traces se manifestent, comme nous le suggère la seconde métaphore «samala jilbâb-ud-dîni–L’habit de la religion s’est décoloré».

Maintenant que nous révèle la troisième image? «et le plus silencieux des égarés a enfinparlé», ce qui est une suite naturelle dece qui précède puisque la vérité de ce qui était caché s’est manifestée, manifestation qu’incarne la métaphore qui confère le caractère de la «parole»à la dissimaulation en question, ou comme l’exprime l’image «le plus silencieux des égarés a fini par parler», c’est-à-dire celui qui gardait le silence, symbole de la dissimulation de l’hypocrite.

Enfin «s’est manifestéle plus insignifiant des gens serviles/nabagha khâmil-ul-aqallîn», c’est-à-dire que celui qui était insignifiant, médiocre à l’époque de l’hypocrisie, a pris maintenant de l’importance et est apparu solennellement, et la nouvelle situation déviationniste a montré son vrai visage.

Ici il est important de noter même rapidement que si ces métaphores organiquement successuives, comme nous l’avons remarqué s’appuient sur «suml/décoloration ; nutq/parole ; nubûgh/ apparition solennelle) c’est parce qu’elles constituent des instruments clairs de l’apparition de quelque chose après sa dissimulation: l’apparition de la décoloration, de la parole et de la manifestation solennelle.

Finalement le couronnement de ces apparitions est une nouvelle série ou chaînes d’images artistiques qui incarne un nouveau segment que la sainte Zahra consacre à l’ébauche de la personnalité de satan, c’est-à-dire le second segment dont nous avons exposé quelques modèles, mais elle a dessiné une image qui occupe le milieu du second segment, à savoir:

-le chameau (mâle) distingué a grogné-le chef des faux)

“wa hadara fanîq-ul-mubtilîn”وَھَدَرَ فَنیقُ المُبطِلین

Le grognement est le résultat naturel des apparitons précitées: l’habit, la parole, la manifestation naturelle, et il est corroboré par la source principale de la conduite déviée (Satan).

C’est pourquoi la sainte Fatima l’a dessiné comme suit:

-Il a fait balancer sa queue en frappant ses jambes fièrement dans le hall de vos maisons

fa-khatara fî ‘araçâtikumفَخَطَرَ في عَرَصَاتِكُم

-Et Satan a sorti sa tête de sa cachette en criant à votre adresse

wa atla‘a-ch-chaytânu ra’sahu min maghrizihi, hâtifan bikum.

-Et il vous a trouvés réceptifs à son appel

Fa-alfâkum li-da‘watihi mustajîbînaetc…

Ce qui veut dire que le faux ou l’animal qui le symbolise (le mâle) s’est mis à lever sa queue dans les cours de ces gens en guise de l’efficacité de son activité et de sa réussite à faire passer le complot: puisque satan était caché jadis dans les fonds, alors que maintenant il a sorti sa tête pour exercer ses activités librementet ouvertement.

À lire aussi : L’analyse stylistique du 1er sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 6)

Ici on remarque les diverses homogénéités des thèmes du segment, surtout les thèmes qui ont trait aux aspects manifesteset cachésdes choses, c’est-à-dire les traits des hypocrites cachant leurs vrais visages qui ont fait surface après le décès de Mohammad (P). Car l’hypocrisie implique une “dissimulation” dans les fonds chez ses auditeurs,du vivant du Messager d’Allah (P) et une “manifestation” après son décès. De la même façon, Satan se cache dans les fonds,du vivant du Messager d’Allah (P),et sort sa tête après son décès.

Examinons minutieusement et méditons la dernière image où Satan sort sa tête du trou, de sa cachette. Cette image sensorielle présente une vue ou scène étonnante, attirante et stimulante, surtout lorsqu’on imagine cette scène où nous nous trouverions en face de la sortie de la tête de Satan subitement de nulle part, montrant sa joie et sa fierté de sa réalisation…

Les autres images se sont chargées de mettre en évidence l’acceptation déviationniste des interlocuteurs de la sainte Zahra du Message de satan lorsqu’il asorti sa tête pour les voir accueillir positivement son message dévié. Et c’est ce que la sainte Fatima vise dans sa dénonciation de ses interlocuteurs; mais après avoir dessiné cette scène ou vue, elle l’a commenté métarphoriquement ainsi:

“Mais vous avez marqué (de fer) des chameaux qui ne sont pas les vôtres et fait venir une eau qui n’est pas la vôtre

fa-wasamtum ghayra ibilikum(4), wa awradtum ghayra chirbikum (ou machrabakum)(5)“.

C’est le troisième segment de la partie dont nous traitons maintenant et il s’agit d’une image d’une grande signification esthétique lorsqu’elle dessine ces gens comme étant en attente prometteuse, c’est-à-dire qu’ils attendent à travers une démostration de muscles ou d’une situation nouvelle dont ils attendent le succès de la conduite déviée qu’ils ont montrée, mais c’est une attente de quelque chose qui n’est pas “leurs chameaux”, une attente du faux.

Il est évident que ces images symbolisent que ces gens ont adopté le faux et que les conséquences de cette attitude ne seront évidemment pas dans leur intérêt, et c’est ce que les images de commentaire suivantes vont se charger de montrer (il s’agir d’images d’implication et d’implicitation coraniques qui constituent un prolongement organique de ce qui précède et ce qui suit dans le sermon) :

“Or, c’est bien dans la tentation qu’ils sont tombés; l’Enfer est tout autour des mécréants. “(6)

Enfin la noble Zahra lie ces destins auxquels vont aboutir les gens en question (c’est-à-dire leur chute dans la tentation et l’Enfer) au rappel de nouveau au Coran sur le plan de la clarté de ses contenus :

-(ses contenus sont manifestes)”Umûruhu dhâhirah,

-(ses status sont luisants)wa ahkâmuhu zâhirah,

-(ses signes sont éblouissants)Wa a’lâmuhu bâhirah,

-(ses interdictions sont nettes) Wazawâjiruhu lâ’ihah,

-(ses ordonnances sont clairs)wa awâmiruhu wâdhihah”(7)

Notons que la sainte Zahra avait cité les contenus du Coran tout au début pour indiquer qu’Allah l’a confié à ces gens, et la revoilà maintenant qui cite de nouveau le Coran mais dans un autre contexte, à savoir que ces gens l’ont laissé derrière leurs dos.Mais sur le plan des images, on remarqueque celles-ci (ci-dessus) sont soumises à une formulation spécifique qu’on peut présenter comme suit :

-syntagmatiques,qui se caractérisent par la clarté et la familiarité en comparaison avec des images précédentes, et c’est ce que nous avons remarqué aussi lorsque la noble Fatima citait le Coran au début du sermon, tels que “al-qur’ân al-çâdiq” (le Coran véridique)”, “an-nûr as-sâti‘(la lumière brillante)”, “adh-dhyâ’-il-lâmi‘(la lueur” éclatante)” etc.

Ici nous observonsune harmonie entre les deux situations, une harmonie rythmique, syntagmatique, métaphorique…..

En ce qui concerne l’harmonie syntagmatique, elle réside dans la formulation en expressions courtes, composées de deux mots souvent:

-Umûruhudhâhirah, (ses contenus sont manifestes)

-ahkâmuhuzâhirah, (ses status sont luisants)

-a’lâmuhubâhirah, (ses signes sont éblouissants)

-Zawâjiruhulâ’ihah, (ses interdictionssont nettes)

ainsi que ce que nous avons cité plus haut :

-“an-nûr as-sâti’ (la lumière brillnte)”,

-“adh-dhyâ’-il-lâmi’ (la lueur” éclatante)”,

-“Bayyina tunbaçâ’irihi (ses arguments clairs)”,

“Munkachifatun sarâ’irihi (ses contenis dévoilés)

À lire aussi : L’analyse stylistique du 1er sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 5)

Concernant la formulation rythmique, elle se passe de commentaire, car on voit clairement que dans les deux situations les phrases ou syntagmes sont rimés d’une part, et d’autre part il y a une symétrie dans la métrique et l’homogénéité des deux situations. On voit la métrique et l’homogénéité réunies dans des exemples tels que :

“Wa zawâjiruhu lâ’ihah, (ses interdiction sont nettes)

Et :-Wa awâmiruhu wâdhihah”(8)(ses ordonnances sont clairs)

Étant donné qu’ici les deux phrases ont la même métrie dans :”zawâjiruhu”(za wâ ji ru hu) (5 syllabes ou pieds)

“awâmiruhu”(a wâ mi ru hu)(5 syllabes ou pieds) sur le plan de la forme phonétiquedes deux exporessions. Elles sont homogènes sur le plan rythmique :

“zawâjiruhu”

“awâmiruhu”

puisqu’elles ont des finales rimées (iruhu, iruhu). Elles s’harmonisent avec la situation antérieure sur le plan des rimes :

Munkachifatun sarâ’irihi

Mutajalliyatun dhawâhirihi

Et sur le plan de l’homogénéité :

‘azâ’imihi-l-mufassirah

mahârimihi-l-muhath-thirah

homogénéité entre (‘azâ’imihi etmahârimihi,) etc…

Sur le plan métaphorique, les deux situations se caractérisent comme nous l’avons déjà noté, par la clarté et la familiarité des images. En effet, des métaphores telles que: “wa-n-nûr-as-sâti’a”et “wa-dh-dhiyâ’-al-lâmi’a”etc..du précédent segment, et telles que : “ahkâmuhuzâhirah, (ses status sont luisants) et a‘lâmuhubâhirah, (ses signes sont éblouissants) dans le présent segment sont on ne peut plus familières et claires.

Sur le plan sémantique, les images dans les deux situations (la précédente et la présente) planent autour des significations coraniques connotant des valeurs dogmatiques, morales et des statuts légaux (ordonnances), que l’on doit observer, mais que les gens les ont laissés derrièreleurs dos.

La Fatma al-Zahra(p) a souligné ce fait –laisser le Coran derrière le dos-implicitement ou explicitement, lorsqu’elle a commenté cette attitude des gens ainsi : “Vous l’avez laissé derrière vos dos “pour s’interroger tout de suite après : “Voulez-vous, vous détourner du Coran (Aragh-batan ‘anhu turîdûna)(9); ou bien voulez-vous suivre le jugement d’autre que lui (Am bi-ghayrihi tahakkamûna?)(10)” “Quel mauvais échange pour les injustes!”(11); “Et quiconque désire une religion autre que l’Islam, ne sera point agrée, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants.”(12)

Observons minutieusement ces implications ou explicitations coraniques qui marquent d’une façon remarquable tous les segments et parties du sermon. C’est une particularité artistique qui mérite qu’on y médite vraiment. Non seulement c’est une utilisation stylistique et sémantique habile du texte coranique, mais elle connote –même indirectement-que la sainte Fatima a tiré profit des contenus du Coran, ce qui concorde avec son appel aux gens de tirer avantage du Livre saint et d’observer ses ordonnances, ses dogmes et sa morale.

À Suivre …

Notes :

ظَھَرَ فیكُمْ حَسیكَةُالنِّ فاقِ -1

2- فَخَطَرَ فِي عَرَصاتِكُمْ،

3- فَوَسَمْـتُمْ غَیْرَ اِبِلِكُمْ

فَوَسَمْـتُمْ غَیْرَ اِبِلِكُمْ -4

5 – وَأَوْرَدْتُمْ غَیْرَ شِرْبِكُمْ

6- { ألا فِي الْفِتْنَةِ سَقَطُوا وَانَّ جَھَنَّ مَ لَمُحِیطةٌ بِالْكافِرِینَ}

Sourate al-Tawbah (le Repentir) 9: 49.

7- أُمُورُهُ ظاھِرَةٌ،وَأَحْكامُهُ زاھِرَةٌ،وَأَعْلامُهُ باھِرَةٌ،وَزَواجِرُهُ لائِحَةٌ،وَأوامِرُهُ واضِحَةٌ

8-أُمُورُهُ ظاھِرَةٌ،وَأَحْكامُهُ زاھِرَةٌ،وَأَعْلامُهُ باھِرَةٌ،وَزَواجِرُهُ لائِحَةٌ،وَأوامِرُهُ واضِحَةٌ

9-أرَغَبَةً عَنْھُ تُرِیدُونَ

10- 154.Qu’avez-vous donc à juger ainsi? (sourate al-çâffât / Les Rangées

مَا لَكُمْ كَیْفَ تَحْكُمُون(154)

11- 150. Et lorsque Nous dîmes aux Anges: ‘Prosternez-vous devant Adam(, ils se prosternèrent, excepté Iblis [Satan] qui était du nombre des djinns et qui serévolta contre le commandement de son Seigneur. Allez-vous cependant le prendre, ainsi que sa descendance, pour alliés en dehors de Moi, alors qu’ils vous sont ennemis? Quel mauvais échange pour les injustes

وَإِذْ قُلْنَا لِلْمَلاَئِكَةِ اسْجُدُوا لآدَمَ فَسَجَدُوا إِلاَّ إِبْلِیسَ كَانَ مِنْ الْجِنِّ فَفَسَقَ عَنْ أَمْرِ رَبِّھِ أَفَتَتَّخِذُونَھُ وَذُرِّیَّتَھُ أَوْلِیَاءَ مِنْ دُونِي وَھُمْ لَكُمْ عَدُوٌّ بِئْسَ لِلظَّالِمِینَ بَدَلاً(50 )(سورة الكھف )

12- 85. Et quiconque désire une religion autre quel’Islam, ne sera point agrée, et il sera, dans l’au-delà, parmi les perdants.
(َمَنْ یَبْتَغِ غَیْرَ الإِسْلاَمِ دِینًا فَلَنْ یُقْبَلَ مِنْھُ وَھُوَ فِي الآخِرَةِ مِنْ الْخَاسِرِینَ)(85) (سورة ال عمران)

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here