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SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre Analyse stylistique des Sermons de Fatima al Zahrâ’ (p), Compilé et traduit, annoté et édité par: Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

La Deuxième partie : la seconde exorde
Nous avons dit que l’exorde subtilement composé du sermon sous sa forme nouvelle
commence par le «tahmîd/ faire la louange», puis «les Deux Attestations de Foi» (l’Unicité et la prophétie)…
Ce qui doit capter notre attention ici aussi, est le contraste entre la locution directe ou simple de chacune des Deux attestations et les expressions «imagées – combinées », qui suivent, comme dans la partie précédente. En effet la première attestation débute par «J’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’ Allah, Il est Unique et sans associé » et la seconde par «J’atteste que mon père Mohammad est Son serviteur et Son Messager ». Si ces deux
attestations sont exprimées d’une façon directe sans passer par un style figuré, l’explication de leur signification qui suit est par contre remarquablement riche en éléments imagés. Cet agencement de style direct suivi de détails figurés constitue une esthétique sublime sur le plan sémantique comme nous allons le remarquer.

À lire aussi: L’analyse stylistique du 1er sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 2)

On peut justifier le style direct des Deux attestations par le fait que ce qu’elles visent c’est
d’attirer l’attention sur ces deux piliers de l’Islam que tout musulman doit admettre sans détour pour pouvoir affirmer son appartenance à cette foi. Il en va de même pour  l’élément rythmique indépendant qui les caractérise ou plutôt l’absence d’éléments rythmique puisqu’elles sont formulées avec une prose simple.
En tout cas, si l’on met de côté le caractère bref et simple de l’exorde 2 pour nous orienter vers les détails des deux attestations, nous retrouvons clairement les éléments métaphoriques rythmiques qui caractérisent le sermon en général. Ainsi lorsque nous nous arrêtons devant la première attestation «l’unicité », nous nous trouvons face à une série de séquences, qui commence comme suit (après la mention de « j’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’Allah » )
Et moi, j’atteste qu’il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah, Il est Unique et il n’a pas d’associé.
وَأَشْھَدُ أَنْ لا إله إلاَّ اﷲُ وَحْدَهُ لا شَریكَ له،
Wa ach-hada an lâ ilâha illâllâhu wahdahu lâ charîka lahu
1b
Mot (1) (l’Unicité) dont la signification réside dans la sincérité (2)
كَلِمَةٌ جَعَلَ الإِْخْلاصَ تَأْویلَھا kalimatun ja ‘ala-l-iklâç ta’wîlahâ
Et Il a confié aux cœurs sa perception innée
وَضَمَّ نَ الْقُلُوبَ مَوْصُولَھا
Wa dhamana-l-qulûbu mawçûlahâ،
Et Il a éclairé l’esprit pour le saisir par le raisonnement
وَأَنارَ في الْفِكَرِ مَعْقُولَھا Wa anâra fî-l-fikri ma‘qûlahâ

À lire aussi : Infaillibilité littéraire du Sermon de Fatimah al-Zahrâ’ (S.A)

2b

Il (Allah) est celui que les vues ne peuventvoir

الْمُمْتَنِعُ مِنَ الإَْبْصارِ رُؤْیِتُه Al-mumtani‘i min-al-abçâriru’y atuhu

Et que les langues ne peuvent décrire

وَمِنَ اْلأَلْسُنِ صِفَتُه، Wa min-al-alsuni çifatuhu
Et que l’imagination et les spéculations ne sauraient en percevoir l’Essence
وَمِنَ الأَْوْھامِ كَیْفِیَّ تُه Wa min-al-awhâmi kayfiyyatuhu
3b
Il a créé les choses non à partir de quelque chose qui aurait existé avant
اِبْتَدَعَ الأَْشَیاءَ لا مِنْ شَيْءٍ كانَ قَبْلَھا، Ibtada‘a-l-achyâ’a lâ min chay’in kâna qablihâ

Et Il leur a donné existence sans imiter des modèles semblables

وَأَنْشَأَھا بِلا احْتِذاءِ أَمْثِلَةٍ امْتَثَلَھا، Wa ancha’ahâ balâ-htithâ’i amthilatin imtathalahâ
4b

Il les a constitués par Son Pouvoir,

كَوَّ نَھا بِقُدْرَتِه، Kawwanahâ bi-qudratihi
et les a créés selon Sa Volonté
وَذَرَأَھا بِمَشِیَّ تِه، wa thara’ahâ bi-machîyyatihi
5b
sans avoir besoin de les constituer
مِنْ غَیْرِ حاجَةٍ مِنْه إلى تَكْوینِھا، Min ghayri hâjatin minhu ilâtak wînahâ
Et sans qu’Il ait eu un quelconque intérêt à les faire figurer,
وَلافائِدَةٍ لَھُ في تَصْویرِھا wa lâ fâ’idatin lahu fî taçwîrahâ
6b
Si ce n’est pour affirmer (démontrer) Sa Sagesse
إلاّ تَثْبیتاً لِحِكْمَتِه، illâ tathbîtan li-hikmatihi
Et prévenir (Ses serviteurs) de l’obligation de Lui obéir,
وَتَنْبیھاً عَلى طاعَتِه، Wa tanbîhan ‘alâ tâ‘atihi
Et des châtiments pour quiconque Lui désobéit
وَوَضَعَ العِقابَ عَلى مَعْصِیِتَه wa wadha‘a-l-‘iqâba ‘alâma‘çiyatihi

Pour éviter à Ses serviteurs Ses châtiments

ذِیادَةً لِعِبادِهِ عَنْ نِقْمَتِه، thiyâdatan li-‘ibâdihi min niqmatihi

Et pour les pousser vers Son Paradis

وَحِیاشَةً لَھُمْ إلى جَنَّ تَتِه
wa hiyâchatan lahum ilâ jannatihi
C’est la section consacrée à l’attestation de l’unicité. Elle comprend des groupes sémantiques dont chacun renferme trois ou parfois deux phrases ou unités linguistiques. Deux d’entre elles ne comportent pas de rimes tout en ayant des finales et des rythmes bien assortis. Bien entendu cette différence et cette uniformité rythmiques ont leur  justification artistique et sémantique comme nous allons le voir.

À lire aussi :L’analyse stylistique du 1er sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 1)

Commençons par l’analyse, l’explication et l’appréciation de ces groupes introductifs propres à l’unicité sur le plan de l’esthétique des images qui les sous- tendent.
Le premier groupe composé de trois phrases ou unités ou images s’appuyant sur un axe, en l’occurrence « kalimah (mot), kalimat al- tawhîd (le mot de l’unicité) ». Ce mot « kalimah
» est ici un symbole chargé d’évocations diverses puisque le texte a fait du concept de «
tawhîd- unicité» un « mot /kalimah » qui constitue une image représentative pouvant désigner plus d’une signification, puisque d’une part il est le symbole de l’unicité en tant que concept spirituel «doctrinal », ce qui lui octroie le sens de «philosophie » ou « position idéologique », et d’autre part le texte l’a chargé d’une signification sensorielle à savoir le mot prononcé, le signifiant, c’est – à – dire la prononciation de la formule « J’atteste qu’il n’y a de Dieu qu’Allah ». C’est pourquoi nous remarquons que le sermon lie la prononciation au «ta’wîl/ herméneutique, exégèse » en faisant de « ikhlâç- pureté de
l’intention » l’explicateur de ce mot prononcé, et non pas sa simple prononciation (de ce mot). Si nous considérons le mot «ta’wîl/ herméneutique / exégèse » dans son sens étymologique qui signifie soit l’interprétation ou l’explication du sens caché et non  apparent du mot, soit la multiplicité de sa signification (équivoque), la métaphore ou l’image en question signifie que notre prononciation du «mot» : «il n’y a de Dieu qu’Allah
» n’a de sens que si elle est accompagné de l’«ikhlâç / l’intention pure, la sincérité », et dès lors le «ta’wîl/ herméneutique– exégèse » devient l’interprète intérieur de l’apparence du mot. Ce résultat auquel nous sommes parvenu s’accorde avec l’image qui
vient tout de suite après, à savoir «dhammana-l-qulûb mawçûlahâ= fait en sorte que les
coeurs parviennent instinctivement à saisir le sens de l’unicité dans sa pureté », étant donné que le cœur est le réceptacle du concept de la sincérité-pureté. Ainsi la seconde image est undéveloppement organique de la première puisqu’elle est chargée d’expliquer que pour faire parvenir «la pureté-sincérité» à la signification visée par le sermon, c’est le cœur qui renferme le sens de «la sincérité» associée ou inhérente au mot «Unicité». Quant à la troisième image, elle est le couronnement ou l’éclaircissement du concept de la sincérité dans l’unicité car elle lui confère sa signification réelle requise. C’est pourquoi elle a utilisé la métaphore de la lumière pour indiquer que la signification réelle de l’Unicité a été éclairée à travers les opérations intellectuelles que l’homme effectue pour parvenir au concept de l’Unicité.
Ensuite un nouveau groupe de phrases s’applique à développer organiquement le premier
groupe, puisque les images de celui – ci a éclairci le concept de l’unicité, et celles du second va élucider les «Attributs » de l’Unique (Allah, le Sublime).
Par la suite nous rencontrons trois groupes dont chacun se compose de deux images (à la
différence des groupes qui les précèdent ou les suivent, lesquels comportent trois images ou plus, comme nous allons le voir à la fin de cette partie.
Ces groupes traitent de la création d’Allah– Le Très- Haut- de l’Univers et terminent par une série qui aborde les thèmes de ” thawâb/ récompense ou rétribution spirituelle”.
Concernant la création du Très – Haut (IL a créé…), le sermon dit qu’Il a créé les phénomènes sans un modèle existant, et sans en avoir besoin (étant donné qu’Il est auto
– suffisant), mais Il l’a fait uniquement pour montrer la Sagesse divine.
La démonstration de cette Sagesse est laissée au soin de la dernière partie, laquelle  indique que la création des phénomènes engendre la récompense spirituel le et la punition par la dite Sagesse divine.
À suivre …
Notes :
1- Mot (Kalimah) ou formule (apposition), qui désigne la phrase précédente (l’attestation de Foi et l’Unicité),
2 -(1)
راد بالإخلاص جعل الأعمال كلّھا خالصة ﷲ تعالى وعدم شوب الرياء والأغراض الفاسدة وعدم التوسّل بغیره تعالى في شيء من الأمور ، فھذا تأويل كلمة التوحید ، لأنّ من أيقن بأنّه الخالق والمدبّر وبأنّه لا شريك له في الإلھیّة فحقّ له أن لا يشرك في العبادة غیره ولا يتوجّه في شيء من الأمور إلى غیره.

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