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SHAFAQNA – Ce qui suit fait partie du livre Analyse stylistique des Sermons de Fatima al Zahrâ’ (p), Compilé et traduit, annoté et édité par: Abbas Ahmad al-Bostani, sélectionné par SHAFAQNA.

Les trois premiers fragments de l’exorde se distinguent par un langage non figuratif pour une raison évidente : l’évidence de la louange, du remerciement et des Deux Attestations de Foi dans la situation évidente présentée. En d’autres termes louanger Allah, Le remercier et doubler Ses louanges pour les bienfaits qu’Il nous a offerts, tout ceci requiert une présentation directe et simple, car il s’agit de principes généraux qui s’imposent à l’esprit de tout un chacun. On n’a pas besoin de recourir à des images ou métaphores évocatrices pour frapper l’esprit de l’auditeur dans le but de lui faire prendre conscience de ces évidences.
Par contre les éléments combinatoires qui adoptent la métaphore, le symbole, l’analogie et toutes les combinaisons qui s’appuient sur l’élément de «l’imagination artistique »,  pourraient être plus adéquats dans les thèmes précis que les récepteurs (lecteurs) du sermon à tendnance à interpréter et analyser pour bien en assimiler les subtilités, car il s’agit dans ce cas du sujet principal visé par le sermon.
Comme nous venons de le dire, la première partie de l’exorde est consacrée à la louange d’Allah, à Son remerciement, et au redoublement de Ses louanges: chaque segment ou unité linguistique (la phrase ou les phrases syntaxiques qui abordent un fragment sémantique) comme les trois premières phrases dont la première parle de la louange, la seconde du remerciement, la troisième du redoublement de la louange, a une signification
nuancée qui la différencie des deux autres… Ici il est nécessaire de rappeler– on ne le répète jamais assez- que le texte de l’Infaillible diffère des autres textes en ceci qu’il n’emploie jamais des synonymes dans une même situation partielle…

À lire aussi: L’analyse stylistique du 1er sermon de Fâtimah al-Zahrâ (S.A) (Partie 1)

C’est pourquoi l’importance artistique de ces trois phrases réside en ceci que chacun des trois mots principaux (حمد hamd/ louange), (شكر chukr/remerciement), ( ثنا thanâ’/ double louange) qui les sous-tendent marque une différence sémantique subtil par rapport aux deux autres (1).
En effet, selon les sources linguistiques (al-hamd- louange) est une louange par la parole-peu importe que cela soit relatif au savoir ou au bienfait-alors que le «chukr/remerciement) est un acte plus général que la parole, le verbe ou la présence du cœur ou de l’esprit, et se limite au bienfait, à la différence de « hamd » qui couvre le bienfait et d’autres, comme nous venons de le noter. Quant au «thanâ’ » c’est une louange par la langue, mais plus générale que le bienfait aussi, tout en différant du « hamd» par le fait qu’il le redouble,
comme s’il dérivait de «تثنیة tathniyah/ redoublement». C’est en effet ce que nous avons déduit lorsque nous avons remarqué que dans le sermon il y a «نِعَم ni‘am / bienfaits» et «آلاء âlâ’ : bienfaits redoublés» aussi, et que les linguistes font la distinction entre ces deux mots en soulignant que « âlâ’ » dont le singulier est « ألي aly» signifie le redoublement des bienfaits. Et si nous mettons de côté la question de la non utilisation des synonymes par un texte d’Infaillible pour nous concentrer sur la structure sémantique (laquelle constitue la plus importante caractéristique de tout texte littéraire) c’est-à-dire la cohésion organique entre les parties d’un segment d’une part, et le développement ou la progression d’autre part, nous remarquerons que le segment commence par la louange d’Allah pour Ses bienfaits en général, suivie par le remerciement d’Allah pour avoir inspiré à l’homme la reconnaissance et la louange pour cet autre bienfait. Et la progression continue lorsque le texte mentionne le redoublement de la grâce qu’Allah nous a offerte en commençant Ses bienfaits sans nous en demander une contrepartie, non seulement cela mais Il a redoublé Ses bienfaits (subûgh-il-âlâ’), puis Il a poursuivi Sa grâce, ne se contentant pas de ce redoublement, mais en continuant de nous en gratifier. Ainsi, nous constatons l’ascension du texte, sa progression et son développement en commençant par la mention des bienfaits en général, la connaissance ou reconnaissance de ces bienfaits, le redoublement de nos louanges d’Allah pour les avoir commencés sans contrepartie de notre part et ainsi de suite, comme nous venons de le voir.
Naturellement les troisième et quatrième segments suivent le même procédé aussi, puisque le troisième segment souligne l’impossibilité de décompter les bienfaits d’Allah, et le quatrième la nécessité de L’en remercier, et qu’on remarque les mêmes détails sémantiques qui ont caractérisé les premiers et seconds segments, étant donné que le troisième note l’illimite des bienfaits, l’impossibilité de les compenser ou encore mieux d’en percevoir la limite. A noter aussi la différence entre ” أمَد amad ” et ” أبَد abad ” (2) et entre “نَأي na’â ” et ” تَفاوت tafâwut ” (3) . Il en va de même pour le quatrième segment. Il est inutile de nous étaler sur les autres détails de ces deux segments, ayant dans le premier segment souligné les détails et la précision de la signification structurellement et linguistiquement. Mais sur le plan de la sonorité on peut remarquer que ce segment de l’exorde se caractérise par une rime spécifique
«an‘ama, alhama, qaddama»,
«ibtadâhâ, asdâhâ, wâlâhâ»,
«‘adadahâ, amadahâ, abadahâ »,
«li-t-tiçâlihâ, bi-ijzâlihâ, amthâlihâ»…
Il est à noter que la formulation de cette variation rythmique ne se sépare pas de la variation sémantique (signification) , car comme nous l’avons vu, chacun des quatre segments aborde une idée précise : le premier a trait à la louange, le remerciement et le redoublement de la louange, le second aux bienfaits, et le redoublement des bienfaits, le troisième à l’impossibilité de décompter ces bienfaits, le quatrième à la nécessité de les apprécier.
À Suivre …
Notes :
1- Alors que pour un lecteur ou auditeur non averti, et surtout pour un traducteur, ou dans les dictionnaires ces trois mots sont plus ou moins synonymes.
2- Abad et amad sont sémantiquement proches sans être synonymes. Ils diffèrent en ceci que le premier (abad ) est une période de temps qui n’a pas une limite déterminée et ne peut pas être restreinte– on ne peut pas dire un abad (éternité) de trois ans par exemple, alors que le second (amad) est une période dont la limite est inconnue, mais qui peut être restreinte – on peut dire une période (délai) de 2 ans par exemple.
3- ” نَأي na’â ” : s’éloigner; et ” تَفاوت tafâwut ” : être à dist

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