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SHAFAQNA – via Shia974: Contraint d’accepter le poste de dauphin proposé par Mamoun Al Rachid, la cérémonie de l’investiture et du témoignage de serment de fidélité à H° Ali Ibn Mûsa Ar Reza (as) eut lieu au Mois Béni de Ramazan. Moins d’un mois plus tard, vint la fête de l’Eïd Al Fitr ou la fête de la Fin du Ramadan. Mamoun demanda au fils du Saint Prophète de conduire la Prière de l’Eïd. Le véritable Successeur du Messager d’Allah refusa sa requête en lui rappelant l’une de ses conditions qui stipule qu’il « n’interviendra dans aucune affaire officielle. » Mamoun ne tarda pas à agir auprès de l’Imam (as), pour lui solliciter d’y aller. Il y insista et persista. «Diriger une Prière collective n’est pas un acte politique qui rentre dans les conditions de l’accord, » dit-il.

H° Thamin Al Hujaj (as) lui fit savoir qu’ « il est préférable que vous m’en dispensiez. Pourtant, s’il me faut y aller, j’exécuterai cette prescription divine de la même manière que l’ont accomplie l’Envoyé de Dieu ainsi que Ali Ibne Abitalib (as), son Calife légal.

– Vous êtes maître de vos actes, » lui répondit le fils de Harûn Al Rachid.

La nuit noire plia son voile. Les premiers rayons du soleil apparurent. Le matin du 1èr Shawal arriva. Conformément à l’usage établi aux temps des califes, les chefs de l’armée, les nobles et notables revêtirent de somptueux vêtements et parures de circonstance. Montés sur des chevaux harnachés, ils se présentèrent devant la maison de l’Imam a° pour l’accompagner à participer à la Prière de Eïd.

La population, en grande masse, se prépara, elle aussi, à accueillir avec joie le descendant de H° Mohammad (saw) dans les rues et passages que va emprunter le cortège majestueux de Sa Sainteté et le suivre jusqu’au lieu de Prière. Un grand nombre d’hommes et de femmes s’étaient même hissés sur les terrasses afin de contempler la magnificence de l’escorte de l’Imamât. Tout le monde attendait s’ouvrir avec impatience la porte de la maison bénie de l’Imam a° pour le saluer.

L’Imamé Hashtum a° (le 8è Imam) fit d’abord le « Gousl » (le bain rituel) et s’entoura, ensuite, la tête d’un turban blanc dont il plaça un bout sur sa poitrine et jeta l’autre bout sur son dos. Il se déchaussa, releva le bas de son vêtement et demanda à ses serviteurs d’en faire autant. Il prit dans sa main une canne à l’embout de fer, puis sortit de sa résidence, en compagnie de ses hommes. Suivant la tradition islamique en ce jour grandiose, il déclama à haute voix : « Allahô Akbar ! Allahô Akbar ! » (Allah est Le Plus Grand !).

Les pèlerins, partagés entre les larmes de joie et le désir d’accomplir le Salât de l’Eid derrière le Successeur véritable du Saint Prophète d’Allah, joignirent leur voix à la sienne pour réciter cette formule de l’occasion et le firent avec tant de ferveur et d’émotion que ce son semblait venir de la voûte azurée ou jaillir de l’écorce terrestre.

L’Imam a° fit halte un instant devant la porte de la maison et prononça cette oraison d’une voix forte : « Dieu est Le plus Grand ! Dieu est Le plus Grand ! Dieu est Le plus Grand ! Qu’Il soit remercié de nous avoir guidés. Dieu est Le plus Grand ! Qu’Il soit remercié de nous avoir accordé le bétail ! Louange à Dieu qui nous a fait sortir vainqueurs de l’épreuve ! »

La foule entière reprit à l’unisson cette phrase d’une voix puissante tandis qu’elle pleurait à chaudes larmes dans l’exaltation de ses sensations.

Les commandants et officiers de l’armée, vêtus de l’uniforme et chaussés de bottes, s’imaginaient que le Successeur de Mamoun Al Rachid suivrait le protocole monarchique, habillé de vêtements somptueux et monté sur un cheval. Mais, quel ne fut leur étonnement lorsqu’ils virent l’Imam a° à pied, dans une simplicité remarquable et dont l’attention est tournée vers Dieu ! Ils descendirent en hâte de leur monture, se débottèrent rapidement et se fondirent en larmes. Ils s’unirent à la foule pour élever leur voix à réciter le Takbir.

Le cortège se dirigea vers le lieu de Prière avec ferveur et enthousiasme. Tous les dix pas, l’Imam Reza (as),s’arrêtait pour formuler cette oraison à quatre reprises et, la foule, en pleurs, le suivait d’une voix forte et très émue. La ville de Marw s’emplit de lamentations. Elle avait vu de nombreuses fêtes de Eïd mais, celle-ci était sans pareille !

La nouvelle ne tarda pas à parvenir jusqu’à Mamûn Al Rachid. Ses proches l’avertirent que si cette situation se poursuivait, le danger d’une révolution ne serait pas à écarter. Mamûn en fut ébranlé. Il fit aussitôt savoir à l’Imam a° :

« Retournez vite car il se peut que vous soyez importuné et que vous subissiez quelque préjudice ! »

Le fils d’Ali Ibn Abi Talib (as) demanda ses chaussures et ses vêtements. Il les revêtit et s’en retourna en proclamant que : « je vous avais bien dit, dès le début, de m’en dispenser ! »

 

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