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Femme le prophète Salomon Naml reine de Saba Sourate les Fourmis Sourate Naml Sulaymân

SHAFAQNA – Cet article fait partie du livre de “Regard Islamiques sur la Femme” écrit par ayatollah Fadhlullah.

Lorsqu’on étudie l’Histoire dans le récit coranique, sous un aspect autre que celui en rapport avec la foi, nous trouvons l’exemple de la Reine de Saba’ lorsqu’elle invita ses conseillers pour délibérer avec eux et demander leurs conseils au sujet de l’attitude à prendre face aux menaces que Sulayman (Salomon) leur avait proférées, à son peuple et à elle, dans une lettre qu’il venait de lui envoyer.

Ce recours à la consultation peut témoigner de la fécondité de sa pensée dans la mesure où elle ne prit une décision du genre qu’elle peut mettre à exécution à partir de son statut en tant que reine qu’après avoir consulté les gens d’esprit parmi ses sujets.

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Le Coran nous relate cet événement dans la Sourate “an-Naml” (les Fourmis):

(Elle dit: “O vous, les chefs du peuple! J’ai reçu une noble lettre. Elle vient de Sulayman et il y est dit: ‘Au nom de Dieu, le Clément et le Miséricordieux: ne soyez pas orgueilleux devant moi et venez vers moi tout en étant soumis”).  Coran, les Fourmis (an-Naml), XXV/129-32.

Ainsi, elle voulut que ses sujets lui donnent l’avis politique qui l’aiderait à prendre l’attitude convenable vis-à-vis de cette question de première importance. Mais, confiants en ses qualités en matière de réflexion, ils remirent la question entre ses mains, lui laissant ainsi le loisir de prendre, elle-même, la décision définitive.

De la sorte, ils se contentèrent de lui obéir et d’exécuter ses ordres en déployant toute la force dont ils disposaient pour faire face aux défis des autres rois qui pourraient menacer le pouvoir de leur reine et les lieux de liberté dans leurs propres vies.

(Ils dirent: “Nous sommes forts et notre puissance est remarquable, mais c’est à toi de commander. Réfléchis donc au sujet de ce que tu dois nous ordonner”. Elle dit: “Lorsque les rois pénètrent dans une cité, ils la corrompent et humilient les puissants parmi ses habitants; c’est ainsi qu’ils agissent. Mais je vais leur envoyer un présent et je verrai ce que les émissaires apporteront “.   Coran: “an-Naml” (les Fourmis) XXVII, 33-35.

Sage et mesurée, sa décision était fondée sur des calculs rigoureux qui conduisent à la meilleure solution du problème mais qui ne résidait nécessairement pas dans la force. La reine pensa donc qu’il fallait étudier la personnalité de Sulayman et répondre aux questions suivantes: Est-il un roi qui cherche à étendre son pouvoir par la violence aveugle qui supprime l’existence des autres et leur liberté de prendre les décisions qu’ils veulent et qui détruit leur vie en les humiliant comme le font les autres rois ayant ce genre de défauts?

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Dans un tel cas, il serait nécessaire d’étudier la question du point de vue des possibilités d’une solution pacifique, ce qui permet d’évaluer sa force et de savoir si la confrontation avec Sulayman est possible ou non. Il est bien sûr nécessaire de savoir s’il est un messager de vérité et de bonne direction et s’il est possible de discuter avec lui des questions qu’il cherche à faire prévaloir.

Elle finit donc par décider de lui envoyer un présent et de voir si sa réponse sera pacifique ou violente, forte ou faible. Pour un roi, le présent peut avoir de l’effet s’il est de grande valeur; il peut même l’irriter si les objectifs qu’il cherche à atteindre sont d’un genre différent de ce qu’on lui propose. Mais s’il est un roi qui appelle à la vérité , il ne peut faire de concessions sous l’influence de toute chose matérielle quoi qu’elle puisse être.

Ce fut ainsi qu’elle se comporta en prenant sa décision définitive. Celle-ci témoigne de la sagesse et de la mesure émanant d’une personnalité qui fait des calculs rigoureux avant de prendre une décision. Elle agit à partir d’une réflexion rationnelle et non à partir de la passion et de l’affectivité, et ce malgré le fait qu’elle possède bien les moyens qui lui permettent de conférer même à ses fortes émotions -compréhensibles quand il s’agit d’affaires pouvant menacer son trône- une influence sûre dans la mesure où son peuple possédait une force et une puissance redoutables.

Le Coran nous présente la femme, à travers le modèle qu’est la reine de Saba’, comme une femme qui maîtrise sa raison, qui ne se soumet pas à son affectivité, car sa responsabilité a pu faire mûrir son expérience et rendre sa raison plus forte au point qu’elle a atteint un niveau lui permettant de gouverner les hommes qui ont trouvé en elle une personnalité assez forte et douée de sagesse pour diriger leurs affaires publiques.

L’analyse de ce modèle montre qu’il est possible, pour la femme, de vaincre les facteurs de la faiblesse féminine qui peuvent avoir une influence négative sur la manière avec laquelle elle pense et réfléchit.

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Elle montre aussi qu’elle peut prendre les décisions et diriger les affaires et cela veut dire que la faiblesse n’est pas une fatalité à laquelle la femme ne peut pas échapper.

En fin de compte, et assistant au miracle du transport de son trône, ou grâce à sa conversation avec lui, la reine fut convaincue et se convertit à l’Islam (*) y rejoignant ainsi Sulayman. Cela

fournit une preuve supplémentaire de la validité de notre idée sur la femme capable de décider, de s’engager et de choisir son appartenance au moyen de la pensée régie par un calcul rigoureux qui peut manquer à beaucoup d’hommes.


(*) Que le lecteur non familiarisé à l’enseignement islamique ne s’étonne pas, ou plutôt, ne se scandalise pas face à cette conversion à un Islam qui, d’un certain point de vue historique n’existait pas encore à cette époque (un millier d’années avant l’apparition du christianisme et sous le règne de Salomon communément connu comme étant un roi de race et de religion hébraïques). En vérité, l’Islam est, du point de vue de ce que l’on peut considérer comme une Histoire religieuse -et c’est justement de ce point de vue que l’auteur en parle ici- est un phénomène universel qui régit le rapport de l’être, en général, avec Dieu. Elle signifie la soumission, volontaire ou forcée, de toute créature, animée ou inanimée, au Créateur. Il va sans dire que, de ce point de vue, toutes les religions dites du Livre (Judaïsme, Christianisme, Islam) sont des expressions, dans des conditions et circonstances historiques et culturelles différentes, de ce même Islam universel. De même, les prophètes bibliques (que la paix soit sur eux) sont, de ce point de vue, musulmans au même titre que Muhammad (P).

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