La nouvelle décision de la France sur les carrés musulmans dans les cimetières

by Pey Bahman Z
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SHAFAQNA – Le Conseil d’État en France a examiné, la semaine dernière, une requête en annulation de deux chapitres d’une circulaire du 19 février 2008, relative à l’aménagement des cimetières et aux regroupements confessionnels des sépultures. Selon Le Figaro, il rendra sa décision dans «deux à trois semaines», après qu’un ex-élu savoyard a saisi la justice au sujet des carrés musulmans.

Marcel Girardin, ancien conseiller municipal (SE) de Voglans, a considéré que les cimetières français seraient «en proie à une forme de séparatisme religieux». Auprès du journal, il a fustigé une «vision religieuse ségrégationniste et discriminatoire» qui, d’après lui, «porte atteinte aux principes essentiels de neutralité laïque et d’égalité devant la loi que prône la République française».

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L’ex-élu raconte avoir fait des recherches «à l’occasion d’un article sur l’inhumation d’un réfugié syrien, en 2018, dans le carré musulman du cimetière de Chambéry» et découvert une circulaire du ministère de l’Intérieur demandant aux préfets d’«encourager les maires à favoriser la création de carrés confessionnels, au motif, notamment, de prétendus “accommodements raisonnables”» afin de «favoriser l’intégration des familles issues de l’immigration». Il ajoute que ladite circulaire aurait «exigé des préfets qu’ils s’assurent auprès des maires ayant accordé l’inhumation d’un administré dans un carré confessionnel “qu’aucun signe ou emblème religieux ne vienne dénaturer cet espace confessionnel et heurter certaines familles”».

Pour Marcel Girardin, cela serait «contraire au code général des collectivités territoriales» (CGCT), qui stipule que «tout particulier peut, sans autorisation, faire placer sur la fosse d’un parent ou ami une pierre sépulcrale ou autre signe indicatif de sépulture».

Le Figaro rappelle que la loi du 14 novembre 1881 sur la liberté des funérailles pose le principe de non-discrimination dans les cimetières et supprime l’obligation de prévoir une partie du terrain, ou un lieu spécifique, pour chaque culte. «Toute marque de reconnaissance des différentes religions est interdite dans les parties communes, tandis que les symboles religieux ne peuvent apparaître qu’au niveau des tombes», explique-t-il encore, en ajoutant que trois circulaires du ministère de l’Intérieur sont venues préciser la question des «carrés confessionnels», dont la dernière date de 2008.

Source: Yabiladi

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