La finance islamique et son rôle dans les pays non musulmans

by Pey Bahman Z
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SHAFAQNA – Les prestataires de services financiers islamiques tentent de cibler de plus en plus, les marchés des pays à majorité non musulmane, et concurrencent directement les services bancaires conventionnels de ces pays, en renforçant et en diversifiant leurs services financiers.

Une récente enquête de « Maybank Islamic Berhad » en Malaisie, a révélé que les experts de la finance islamique estimaient que le taux de croissance actuel de 10 à 15 % pourrait augmenter parallèlement à une concentration croissante sur l’ESG (Critères environnementaux, sociaux et de gouvernance), et la durabilité. En effet, 58% des répondants estiment que le taux de croissance annuel de la finance islamique, au cours des cinq prochaines années, pourrait être supérieur à 15%.

Des banquiers basés au Royaume-Uni, ont déclaré que le secteur avait pris très au sérieux la croissance des marchés des pays non islamiques.

Andrew Ball, PDG de la Banque de Londres et du Moyen-Orient (BLME), a expliqué : « Nous avons deux catégories de clients, les investisseurs de pays du Golfe persique qui considèrent le Royaume-Uni comme une valeur refuge, et en même temps, ont des considérations religieuses, et d’autres personnes au Royaume-Uni et en Europe, qui souhaitent des comptes de dépôt transparents sans frais cachés. L’ESG est très large dans son programme réglementaire, et nous ne sommes qu’au début du chemin. Les clients et les organisateurs essaient de prendre des décisions plus éclairées. Le financement islamique est un peu plus complexe que la banque conventionnelle. BLME dispose d’un conseil interne de la charia qui supervise les transactions ».

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A Dubaï, Munir Khan, responsable de la division moyenne orientale du cabinet d’avocats britannique « Simmons & Simmons », a déclaré : « Il n’est pas surprenant que la Grande-Bretagne ait une industrie financière islamique plus développée que la France et l’Allemagne, bien que ces deux pays aient une population musulmane importante. Le Royaume-Uni est le siège principal d’une banque indépendante conforme à la BLME. Les banques britanniques, HSBC Amana, Lloyds Bank et Standard Chartered Bank ont ​​également des branches islamiques. La Grande-Bretagne possède le marché financier islamique le plus avancé en Occident, et cela est dû en partie, à son système fiscal avancé, qui fournit la base de produits et de services conformes à la loi islamique. La Banque d’Abou Dhabi aux Émirats arabes unis (EAU), et la Banque de Malaisie sont des banques de premier plan dans le domaine du financement islamique. Au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, les banques offrent une gamme plus large de produits et de services (y compris des services en ligne), concurrencent les systèmes bancaires conventionnels et détiennent même des parts de marché ».

Le développement de la FinTech, y compris dans le bloc chinois, a élargi la portée du système de financement islamique. En février, la plateforme financière halal basée en Australie « MRHB DeFi », a lancé le « Sahal Wallet » qui est le premier portefeuille de crypto-monnaie éthique et halal au monde. Cependant Naqib Mohammad, PDG de « MRHB DeFi », a déclaré : « Les projets du système cryptographique ne sont pas en mesure de couvrir les communautés religieuses d’Europe du Nord et des pays de la Fédération de Russie où se trouvent 7 000 de nos utilisateurs. En obtenant le label Halal, le MRHB permettra une entrée de 3 trillions de dollars de liquidités financières islamiques ».

Rakaan Kayali, PDG de « Practical Islamic Finance », une société basée aux États-Unis, a déclaré que la finance islamique fournissait un outil distinctif et ne se limitait pas à une question morale. Son entreprise propose des avis entre autre, au constructeur automobile américain Tesla et au fabricant allemand de produits chimiques BASF, sur les investissements en fonction de la loi islamique, et fait des recommandations à ses clients qui, s’ils ne sont pas musulmans, se rendent compte de la différence ».

 

Source: IQNA

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